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et sombres qui furent de mise sous Henri III ; de sorte que le costume de Charles IX, moins riche, mais peut-être plus élégant (pie ceux des époques précédentes, éclatait dans toute sa parfaite harmonie. De nos jours, il n'y a plus de point de comparaison possible avec un semblable cortège ; car nous en sommes réduits . pour nos magnificences de parade . à la symétrie el à l'uniforme.
Pages, écuyers, gentilshommes de bas étage, chiens et chevaux, marchant sur les flancs et en arrière, faisaient du cortège royal une véritable armée. Derrière cette armée venait le peuple, ou, pour mieux dire, le peuple était partout.
Le peuple suivait, escortait et précédait ; il criait à la fois noël et haro; car, dans le cortège, on distinguait plusieurs calvinistes ralliés, et le peuple a de la rancune.
C'était le matin, en face de Catherine et du duc de Guise, que Charles IX avait, comme d'une chose toute naturelle , parlé devant Henri de Navarre d'aller visiter le gibet de Montfaucon, ou plutôt le corps mutilé de l'amiral de Coligny, qui y était pendu. Le premier mouvement de Henri avait été de se dispenser de prendre part à cette visite. C'était là que l'attendait Catherine. Aux premiers mots qu'il dit, exprimant sa répugnance, elle échangea un coup d'œil et un sourire avec le duc de Guise. Henri surprit l'un et l'autre, les comprit, puis, se reprenant tout à coup :
— Mais au fait, dit-il, pourquoi n'irais-je pas?