‹ Fragments des œuvres d'Alexandre DumasChapitre 46 sur 100 · LE COL DE BALHE · texte numérisé non relu

LE COL DE BALHE

au haut de la Forclas, vous vous arrêtez étonné qu'une distance de deux lieues sépare ces deux sommités qui semblaient se toucher d'abord , et entre lesquelles s'ouvre inopinément une vallée dont vous ne pouviez pas même soupçonner l'existence.

Quelque habitué que je fusse déjà à ne me faire, au milieu de ces masses colossales, aucune idée des distances d'après le témoignage de nies yeux, je n'en fus pas moins étonné en découvrant tout à coup à mes pieds, et comme si le sol se dérobait à leurs pas, cette ride profonde de la terre. Immédiatement au-dessous de moi, à deux mille pieds dé profondeur, je voyais se tordre et reluire, mince comme un de ces lils que le vent emporte à la lin de l'été, le torrent qui, s'échappant du beau glacier de Trient, serpente capricieusement dans toute la longueur de la vallée, et va fendre une montagne, de sa cime à sa base, pour se jeter et se perdre dans le Rhône entre la Verrerie et Ycrnaya. Quelques maisons éparses sur ses bords, couvertes de leurs toils gris, semblaient de gros scarabées se promenant lourdement dans la plaine, tandis que, des extrémités opposées de cette espèce de village, s'échappaient, à peine visibles à l'œil nu, les deux chemins qui conduisent indifféremment à Chamouny, l'un par la Tète-Noire, et l'autre par le col de Balme. C'était ce dernier que nous devions prendre.

Nous descendîmes dans la vallée. Mon guide me

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