COL DE IÏAI.MI
conseilla de faire Imite à une petite baraque oubliée par le village au bord du chemin et pompeusement décorée du nom d'auberge. Ce repos était nécessaire, me dit-il. pour nous préparer à faire les deux autres tiers de la route, la seule maison que nous devions rencontrer après celle-là étant distante de trois lieues e( située dans l'échancrure du col de Balme, Ce que je compris de plus clair dans tout cela, c'est qu'il axait soif.
On nous donna, au prix du bordeaux- , une bouteille de \i;i du cru avec lequel un Parisien n'aurait pas voulu assaisonner une salade, et que mon Valaisan vida voluptueusement jusqu'à la dernière goutte. Heureusement je trouvai ce que l'on trouve partout en Suisse, une tasse d'excellent lait, dans laquelle je versai quelques gouttes de kirschwasser. C'était un assez pauvre déjeuner pour un homme auquel il restait encore six lieues de pays à faire. Mon guide, qui s'aperçut de ma préoccupation, et qui en devina la cause en me voyant piteusement tremper, dans ce mélange acidulé, une croûte de pain dure et grise comme de la pierre ponce, me rendit un peu de courage en m'assurant qu'à l'auberge du Col de Balme nous trouverions à manger quelque chose de plus restaurant. Nous nous remîmes en route.
Après une demi-heure de marche, nous arrivâmes à l'entrée d'un bois de sapins où j'avais vu se perdre la route. Mon guide ne m'avait pas trompé : là devait commencer la véritable fatigue. Cepcn-