COME DE MÉDICIS
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Si grande que fût l'idée que je m'étais faite d'avance de la place du Palais-Vieux, la réalité, je dois l'avouer, nie parut encore plus grande quand je vis celle masse de pierre si puissamment enracinée au sol, surmontée de sa tour qui menace le ciel comme le bras d'un Titan. La vieille Florence tout entière, avec ses Guelfes, ses Gibelins, sa balic, ses prieurs, sa seigneurie, ses corps de métiers, ses condottieri, son peuple turbulent et son aristocratie bautaine, m'apparut comme si j'allais assister à l'exil de Cômc l'Ancien ou au supplice de Salviati. En effet, quatre siècles d'histoire et d'art
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sont là, à droite, à gauche, «levant, derrière, vous enveloppant de tous côtés el parlante la rois, avec les pierres, le marbre et le bronze des Orgogna, des Donatello, des Pazzi, des Raphaël, des Laurent de Hédicis, des Flaminius Vacca, des Savonarolc, des Jean de Bologne, des Côme Irr. el des Michel-Ange. Qu'on cherche dans le monde entier une place qui réunisse de pareils noms, sans compter ceux que j'oublie ! et j'en oublie comme Baccio Bandinelli, comme l'Ammanato, comme Benvenuto Cellini.
Je voudrais bien mettre un peu d'ordre dans ce magnifique chaos, et classer chronologiquement les grands hommes, les grandes œuvres el les grands souvenirs, mais c'est impossible. Il faut, quand on arrive sur cette place merveilleuse, aller où l'œil vous mène, où l'instinct vous conduit. Ce qui s'empare tout d'abord de l'artiste, du poëte, ou de l'archéologue, c'est le sombre Palazzo Vecchio, encore tout blasonné des vieilles armoiries de la république, parmi lesquelles brillent sur l'Arno comme des étoiles au ciel ces fleurs de lis «ans nombre semées sur la route de Naples par Charles d'Anjou.
.Mais quittons un instant [lierres, marbres et toiles, pour examiner tous les vices et toutes les vertus de l'humanité réunis dans un seul homme; l'étude est curieuse et vaut la peine qu'on s'y arrête ui\ instant .
Côme l'r naquit dans l'ancien palais Salviali,