COME DE MED1CIS
devenu depuis palais Apparello ; au milieu de la cour est encore aujourd'hui une statue de marbre représentant le grand-duc en habit royal et la couronne sur la tète. Il descendait de Laurent l'Ancien, frère de Corne le Père de la patrie, dont le rameau, séparé à la deuxième génération, se divisa en brandie aînée et en branche cadette; c'était cette brandie aînée dont était Lorcnzino. c'était cette branche cadette dont lut Côme.
Son père était ce fameux Giovanni, le [dus célèbre peut-être de tous ces vaillants capitaines qui sillonnaient l'Italie au x\"' et au xvr siècle. Le jour anniversaire de la naissance de Côme, Giovanni rêva qu'il voyait une couronne royale sur la tête de son lils endormi dans son berceau. Ce rêve le frappa tellement, qu'en se réveillant il résolut de tenter Dieu pour savoir quels étaient ses de>->ciiih sur Côme. En conséquence il ordonna à sa femme Maria Salviati. née Luerezia de Médicis, ci par conséquent nièce de Léon X, de prendre l'en fan! et de monter au second étage. Marie obéit sans savoir de quoi il s'agissait: alors Giovanni descendit dans la rue, appela sa femme qui parut sur le balcon, et de là lui tendant les bras, il lui ordonna de lui jeter l'enfant. La pauvre mère frémit jusqu'au fond des entrailles ; mais Giovanni renouvela l'ordre déjà donné, d'une voix si iinpérative, qu'elle obéit en détournant la tête. L'enfant tomba du second étage, et fut retenu dans les bras de sou père.
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— C'esl bien, dit alors l'impassible condottiere, mon rêve ne m'a point trompe, et tu seras roi.
Alors il remonta cl remit le polit Côme à sa mère, qui le reçut plus morte qne vive. Quant à
l'enfant, on remarqua qu'il n'avait pas même jeté* un cri.
Six ans après eet événement, Giovanni de Médicis fui blessé au-dessus du genou, devant Borgoforte, par un eoup de fauconneau, à l'endroit même où il avait déjà reçu une autre blessure à Pavie. La plaie nouvelle était si grave, surtout compliquée de l'ancienne plaie, qu'il fut décidé qu'on lui couperait la cuisse. On voulut alors l'attacher sur son lit, pour procéder à l'opération; niais il déclara que, comme la chose le touchait avant aucun autre, il voulait la regarder faire. En conséquence, il prit la torche, et la tint jusqu'à la fin de l'amputation, sans qu'une seule fois sa maiu tremblât assez fort pour faire vaciller la flamme. Soit que la blessure fût mortelle, soit que l'opération eut été mal faite, le surlendemain Giovanni de Médicis expira, à l'âge de vingt-neuf ans.
Maria Salviati, restée veuve, se consacra alors tout entière à son enfant. Le jeune Côme grandit Jonc entouré de maîtres et constamment surveillé par l'œil maternel. Elevé sérieusement, il fut grave de bonne heure, étudiant toutes les choses d'art, de guerre et de gouvernement , avec une égale aptitude, et passionné surtout pour les sciences chimiques et naturelles.