DIALOGUES SICILIENS PAR GESTES. Ô
selon l'usage, nous allâmes au foyer, où nous rencontrâmes le voyageur.
— Mon cher , lui dit Arami, je n'ai pas parfaitement compris ce que tu voulais me dire, fais-moi le plaisir de me le répéter.
Le voyageur répéta son histoire mot pour mot, et sans changer une syllahc à la traduction qu'Arami m'avait faite de ses signes. C'était véritablement miraculeux.
Je vis, six semaines après, un second exemple de cette faculté de muellc communication ; c'était à Naples. Je me promenais avec un jeune homme de Syracuse, nous passâmes devant une sentinelle; ce soldat et mon compagnon échangèrent deux ou trois grimaces, que dans tout autre temps je n'eusse pas même remarquées , mais auxquelles les exemples que j'avais vus me firent donner quelque attention.
— Pauvre homme ! murmura mon compagnon.
— Que vous a-t-il donc dit? lui demandai-je.
— Eh bien ! j'ai cru le reconnaître pour Sicilien, et je me suis informé en passant de quelle ville il était; il m'a dit qu'il était de Syracuse et qu'il me connaissait parfaitement. Alors je lui ai demandé comment il se trouvait du service napolitain , et il m'a répondu qu'il s'en trouvait si mal , que, si ses chefs continuaient de le traiter comme ils le faisaient, il finirait certainement par déserter. Je lui ai fait signe alors que, si jamais il en était réduit à cette extrémité , il pouvait compter sur