DIALOGUES SICILIENS PAR GESTES
moi, et que je l'aiderais autant qu'il serait en mon pouvoir. Le pauvre homme m'a remercié de tout son cœur , et je ne doute pas qu'un jour ou l'autre je ne le voie arriver.
Trois jours après , j'étais chez mon Syracusain , lorsqu'on vint le prévenir qu'un homme qui n'avait pas voulu dire son nom le demandait ; il sortit, et me laissa seul dix minutes à peu près.
— Eh hien ! fit-il en rentrant , quand je l'avais dit!
— Quoi ?
— Que le pauvre homme déserterait.
— Ah ! ah ! c'est votre soldat qui vient de vous faire demander?
— Lui-même; il y a une heure, son sergent a levé la main sur lui , et le soldat a passé son sahre au travers du corps de son sergent. Or, comme il ne se soucie pas d'être fusillé, il est venu me demander deux ou trois ducats : après-demain il sera dans les montagnes de la Calahre, et dans quinze jours en Sicile.
— Eh hien ! mais une fois en Sicile que ferat-il? demandai-jc.
— Heu ! dit le Syracusain avec un geste impossihlc à rendre; il se fera bandit.