‹ Fragments des œuvres d'Alexandre DumasChapitre 94 sur 100 · LE PUITS MIRACULEUX · texte numérisé non relu

LE PUITS MIRACULEUX

ces démonstrations meurtrières; notre activité poursuivait une autre proie.

Ces fréquentes excursions m'avaient un peu fatigué. INé dans le nord de la France, et depuis plusieurs années fixé à Paris, je n'étais nullement familiarisé avec ce soleil ardent, ces abondantes rosées, cette terre de feu sous un ciel d'azur, dont ma nature plus méridionale encore éprouvait pourtant le besoin. Il fallait, pour ainsi dire, me réacclimater, travail qui me causait parfois des vertiges, et me faisait presque redouter une fièvre cérébrale.

J'en parlai au syndic des portefaix d'Avignon , homme d'un sens exquis, d'une force herculéenne, et qui, royaliste zélé, eût sauvé le maréchal Brune, si l'on eût suivi ses conseils. Ce brave homme me répondit :

— Je connais ce que vous éprouvez , et quand les premières atteintes de ce malaise se manifestent chez moi , j'ai recours à l'eau du puits miraculeux, du puits de Saint-Dominique.

Nous étions seuls, et je ne craignis pas les plaisanteries , les élans de verve parisienne de mes compagnons de voyage.

— Qu'est-ce donc que ce puits miraculeux de Saint-Dominique? demandai-je au syndic des portefaix en m'enfonçant dans mon fauteuil en écrivain qui flaire une légende , cette poésie du peuple.

Mais je m'étais trompé ; j'avais affaire à un habile

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