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NOTICE

SUR FEU M- J.-L. LARAUZA

Ancien maître de coiilérences à l'Écule normale '. (18^26)

Cet écrit préparé par les voyages de l'auteur, en 18:2-2 et 18-2o, était terminé au commencement de 18-25, lorsque quelques mois après, la mort est venue frapper M. Larauza à l'âge de trente-deux ans. Nous ne prétendons pas seulement, en publiant son ouvrage, accomplir l'un des vœux qu'il formait pendant la dernière époque de sa vie, lorsqu'il espérait, commencer par cet honorable début une carrière de travaux qui serait devenue féconde ; nous croyons encore avec toute assurance, et sur les meilleurs garants, offrir au public la solution la plus complète et la seule vraie d'un problème historique resté obscur jusqu'à ce moment, malgré de nombreux et habiles efforts pour le résoudre. L'auteur, dont les patientes recherches s'étaient terminées par une entière confiance dans les résultats auxquels il était parvenu, avait soumis son travail à plusieurs savants célèbres qui lui avaient accordé la plus flatteuse approbation ; et si quelque chose a prêté au reproche, c'est plutôt la surabondance des preuves dans une bonne cause, pour laquelle il n'est pas besoin de tout dire, que le manque d'une démonstration suflisante. Mais ce pardonnable excès est facilement expliqué par cette méfiance de ses propres efforts qui

1. Note des éditeurs. — Cette notice scit de préface à nn livre intitulé ; « Histoire u critique du Passage des Alpes par Aymibal, dans laquelle on détermine la roule )) qu'il suivit depuis les frontières d'Espagne jusqu'à Turin, par feu M. J.-L. Larauza. « Paris, Dondey-Dupré père et fils, 1826, in-8"'.

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accompagnait sans cesse un esprit si modeste, et qui devait surtout le dominer dans une première discussion avec des critiques renommés '. Du reste, nous laisserons aux lecteurs le soin d'apprécier l'intérêt répandu dans toutes les parties qui ne sont pas purement polémiques, l'évidence des solutions principales, la justesse et Futilité de plusieurs observations secondaires, relatives soit à la géographie ancienne, soit à Tiulorprétation des textes, et il nous suffira de consacrer ici à la personne de l'auteur un douloureux témoignage de souvenir et de respect que nous devons à ses rares mérites, à son amitié, ainsi qu'aux personnes qui conservent sa mémoire, et à ce monde que tant de vertus peuvent honorer sans qu'il en tienne compte, sans qu'il les aperçoive seulement.

M. Jean-Louis Larauza était né à Paris le 8 mars i7!)3 : de bonne heure orphelin, il s'était trouvé dès lors confié aux parents qui lui restaient dans une famille nombreuse, où l'héritage des plus salutaires exemples ne pouvait lui manquer, et, il avait dû son éducation surtout aux soins généreux de son oncle, lAI. Andrv, négociant. Le cours de ses études classiques avait été signalé par des succès qui justifièrent sans peine son admission à l'École normale en 1811, et le firent compter au nombre des élèves les plus distingués de cet établissement alors naissant, renversé depuis par une mesure du pouvoir aussi soudaine que peu motivée. Là se formait une élite de jeunes maîtres dont un grand nombre ont déjà paru avec honneur dans les premières fonctions de l'enseignement public, ou parmi les écrivains et les savants. Mais si, à l'égard des talents et de l'instruction, M. Larauza rencontrait des rivaux parmi ses jeunes camarades, aucun peut-être n'aurait pu, de leur propn; aveu, lui être préféré pour la candeur et la noblesse de caractère, jointes à la pratique la plus constante des devoirs moraux et religieux. Quelque bien née que fût cette àme pure, franche, ([u'ime sorte d'instinct d'honneur semblait con-

1. Note (les éditeurs. — Il est vraiment remarquable que toutes les observations présentées par Tauteur au sujet de l'œuvre de son ami Larauza peuvent s'appli([uer à la sienne. Cette « surabondance de preuves», cette méfiance de soi-même devant » dominer un esprit si modeste dans une première discussion avec des critiques 1) renommés », se retrouveront au plus haut point dans les Anecdotes littéraires sur Pierre Corneille, pa$;es 'M.

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