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ARTICLES BIOGRAPHIQUES (J.-H. VOSS

notes de sonYirpile; et à son tour, Voss, qui avait espéré un rapprochement entre eux, se répandit en récriminations violentes, dans une brochure sur le style et l'interprétation des Églogiies et des Géorgiques (Ueber Virgils Ton iind Auslegung 1791). 11 faut bien reconnaître que le laniiage passionné et souvent {grossier de sa polémique lui a lait donner tori dans la plupart de ses querelles littéraires, môme par ceux (jui admettaient ses raisons sur le fond des choses. Sa prose, riche, comme ses vers, de toutes les ressources de la langue, foisonnait d'épigrammes sanglantes, mais trop souvent bouffonnes, qui, tout en attirant les lecteurs, no tournaient pas toutes au profit de l'àpre écrivain. Au reste, nous n'insisterions pas autant sur cette partie de son histoire si elle n'avait eu qu'un intérêt purement personnel. Mais nous avons

d'abord à parler de ses immenses travaux comme traducteur On

conroit combien de tels travaux dui'ent familiariser avec le monde antique un traducteur aussi scrupuleux et accoutumé à pénétrer au fond des difficultés. On conçoit également quelle influence ces représentations fidèles du style et du génie des anciens ont pu exercer, conjointement avec les progrès de la critique d'érudition, sur les d('veloppements de l'esprit littéraire dans toute l'Allemagne; et quoi qu'il en soit des doctrines romantiques de cette nation, on ne peut nier qu'elle ne soit celle de l'Europe moderne, où l'antiquité classique est le i)lus généralement connue et le mieux appréciée. Les meilleures traductions de Yoss sont, avec celles dont nous avons parlé, ï Iliade, V Hésiode, le Théocrite, les Métamorphoses. En général, les parties descriptives étaient celles qui convenaient le mieux à son talent. Les formes naïves, le tissu peu serré du style grec dans l'épopée homérique et dans l'idylle, n'étaient pas moins bien appropri(''s à ses moyens poétiques et à ceux de sa langue. Mais le style rapide et chargé d'imitations de Y Enéide et surtout d'Horace, dans ses odes, la concision des satires et des épîtres de ce dernier, la vivacité pétulante d'Aristophane, se prêtaient moins aux allures de la traduction allemande", conçue dans un esprit d'exactitude aussi rigoureux. Quant à l'imitation du rhythme lyrique, on sait que depuis Klopstock la poésie allemande s'en accommode aussi bien que de l'hexamètre. Aussi retrouve-t-on la strophe alcaïque, saphique, etc., dans un grand nombre de poésies originales de A^oss

l'.U FRAGMENTS.

et de ses compatriotes, quoique l'emploi des formes rimées soit en général plus fréquent. Fréd.-Aut;-. \Yolf faisait un cas particulier de la traduction des Métamorphoses choisies. Cet illustre critique avait été quelque temps brouillé avec Voss, par suite d'un débat qui d'abord s'était élevé entre lui et le fils de ce dernier, le professeur Henri Yoss, sur une difficulté relative à la métrique. Pour la traduction d'Aristophane, ouvrage d'un âge avancé, elle ne paraît pas avoir été très-goùtée du public. Les Nuées et une partie des Acharniens, traduites par le même Wolf, offraient un terme de comparaison redoutable pour son concurrent. Enfin la partie de Sliakspeare traduite par Voss et ses deux fils n'a pu, en aucune manière, soutenir le parallèle avec les traductions de Tieck et de Guill. Schlegel. Venons aux poésies originales qui n'ont pas moins contribué à la gloire de notre auteur que ses travaux sur les modèles antiques. La plus célèbre de ses compositions est le charmant poëme de Louise, en trois chants, ou Idylles, dont le sujet, borné à quelques scènes familières de la vie patriarcale d'un pasteur de village mariant sa fille, est traité dans le style naïf, gracieux et noble de l'Odyssée. Il parut en 1705. C'était l'époque où la critique d'Homère occupait le plus activement les premiers esjirils de l'Allemiigne : on sentait le besoin d'approprier du moins à quelques tableaux des mœurs modernes la candeur et la pompe de la manière des antiques rhapsodes. Le poëme de Voss suggéra àGœthe la concepion de son Herrmann et Dorothée, l'un de ses chefs-d'œuvre, dans le prologue duquel il souhaite que l'esprit de l'auteur de Louise raccompagne. Nul hommage ne j)ùuvait venir de plus haut; ni'anmoins ri'pop(M3 bourgeoise et champêtre de Goethe, où doinin(Mit le rnéme calme et la même simj)licité homé'rique avec phis (factiou, de caractère, et un intérêt plus élevé, tout en surpassant l'ouvrage de son devancier, n'a point diminué le succès d'aifection qu'il n'a cessé d'obtenir par le charme religieux répandu dans les entretiens du bon Pasteur de Grunau, et surtout par la vérité des couleurs locales et des détails d'iiitt'rjcur. Pour l'étranger, qui n'aurait pas observé le caractère national et les miiMirs domesti(pies des contrées pi-otestantes du Nord, la prolixité véritablement minutieuse de ces détails peut paraître fatigante, malgré l'élégance de versification et le talent descri[»tif

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