AIITIGLES BIOGRAPHIQUES (J.-II. VOSS
qu'ils servent à faire briller. Et après tout, nous ne serions pas surpris de voir préiérer à la Louise les Idylles proprement dites du même auteur, publiées au nombre de dix-huit, de illA à 1800, et dont le reeueil a été souvent réimprimé : la plujKut méiitent d'être considérées comme des modèles. Elles n'ollrent point un idéal arbilraire des mœurs de la campagne, comme les pastorales en prose de Gessner : une seule, Philenwn et Baucis, est empruntée à Uvide, et au monde poétique des anciens; une autre, ia Fête du septuagénaire, non moins admirée que la Louise, eût pu en être la continuation, si au lieu du vieux maître d'école l'auteur y eût conservé son vénérable pasteur de Grunau : mais il a sans doute craint de trop prolonger dans un même ouvrage les détails de ménage et même de cuisine auxquels il se livre avec tant de complaisance. Les autres idylles ont beaucoup d'originalité, et si l'on y reconnaît les inspirations que Théocrite avait pu fournir à son habile traducteur, c'est surtout à cette franchise d'expression, de sentiments et d'iiabitudes locales qu'i. a su donner aux patres du Ilolstein, comme le poète syracusain l'avait tait pour ceux de la Sicile. Deux de ces petits drames champêtres olTrent im essai curieux dans l'ancienne langue de la basse Saxe, dont plusieurs dialectes po}»ulaires conservent une partie encore vivante. Au reste, cette innovation, plus savante que naturelle, n'est pas tout à fait justifiée par le dorisme sicilien qu'emploie Théocrite. Les sujets des idylles de Yoss ont de la variété, de l'agrément, et quelquefois même un intérêt assez vif sans sortir des limites du genre, soit qu'il les emprunte aux traditions superstitieuses du pays, comme dans la Colline du Géant, les Ames en })eine, et le Diable enchante ; ^oii qu'il représente la malheureuse condilion des serfs à la glèbe, la joie et la prospérité de ceux qu'on atTranchit, etc. Ces derniers tableaux étaient destinés à favoriser les progrès que plusieurs hommes d'Etat faisaient faire dans le nord de l'Allemagne à la cause de la civilisation et de l'humanité, en s'elYorçant de hâter l'abolition du servage féodal. Peut-être l'auteur laisse-t-il trop paraître le sérieux philosophique de ses propres réflexions à travers le langage de ses paysans : mais la première des trois idylles qu'il a consacrées à ce sujel (Die Leibeigenen) est exempte de ce défaut, et nous paraît un chef-d'œuvre de poésie et de sentiment. Les
Poésies diverses, éparses pour la plupart dans ses Almanaclis des Muses, se trouvent réunies dans des éditions que Yoss en a données à plusieurs éporpies. La dernière (Gedichte, 1825, 4 vol.) porte le tilre lV Edition de la dernière main. Celle do 1802, 0 vol., contient en supplément une théorie de la quantité prosodique des mots alieuiands (ZeitiHessung), dans laquelle les valeurs des syllabes dans la mesure des vers sont marquées par des notes de musique exprimant non l'intonation, mais la durée des syllabes : travail très-utile et très-estimé. Des élégies, des odes pastorales, bachiques, philosophiques, religieuses; des fables, des chansons, des épigrammes imitées de l'anthologie grecque, etc., composent le recueil : un grand nombre de morceaux lyriques sont remarquables par une vigueur franclie et noble de sentiments et d'idées qui tenait au caractère personnel de l'auteur. Yoss exprime d'une manière touchante les regrets de l'amitié en deuil, les hautes consolations d'une pieuse philoso- [tliie, et en particulier le zèle qui l'animait pour les progrès de la raison, de l'ordre moral et de la civilisation. Nous voici ramené à la partie la moins paisible de sa vie littéraire, aux disputes que son aversion pour toute espèce de mysticisme lui fit soutenir et provoquer. L'Allemagne savante a été de bonne heure appelée par l'étude des anciens poètes, tels qu'Homère, Hésiode, et les tragiques grecs, à celle de leur mythologie dont les origines et les développements ont donné lieu à bien des systèmes, et les plus grandes questions sur l'histoire de l'esprit humain se sont trouvées de plus eu plus engagées dans ce (h'bat. Déterminer quels sont en général, et quels ont él('' pour les (Irecs le principe et le sens des traditions religieuses, (juelle est dans leurs histoires mythologifpies la part de la réalité et celle du mensonge, de la forme et de la ])ensée, des faits historiques et de l'allégorie soit physique, soit morale; de l'imagination livrée à ses caprices, et des ins})irations spontanées, })ar conséquent véridiques, de notre nature intellectuelle; déterminer dans (}uel oi'drc s'csl lorun'' ce vaste système d(! fables soit aiiii'riciires, soit postérieures à Homère; si le génie grec (pii le\u' a donné une si belle l'orme en avait créé les éh-inenls, ou bien à (pu'lles ("ontré'cs orientales il en est redeval)le, et enfin si ces élémenls priuiifds conçus (lès l'oiigine (h'S sociétés, comme par une soite de rêvé-
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lalion nalurelle et néressaire d'après les lois de l'esjirit Immaiii, ne doivent pas se retrouver constamment, (pioicpie plus ou moins déguisés, au fond de toutes les mythologies; telles sont les questions qui depuis le commencement de ce siècle acquièrent chaque jour [dus d'importance en Allemagne, par les nouvelles formes, loujours plus générales, dans lesquelles elles se produisent sous la tiiple influence des systèmes métaphysiques, de l'archéologie et de l'orienlalisme. Le cours de cette discussion peut se partager en deux époques dans chacune desquelles Voss se porta avec ardeur à la di'lense des doctrines classiques et protestantes les plus contraires à l'esprit des nouvelles théories. La première de ces époques est celle de Heyne, et elle resta bien en arrière de la seconde, celle de Schelling, Goerres et Creuzer, pour l'i'tendue et la hardiesse des hypothèses. Heyne s'occupait depuis longtemps de renouveler la science de la mythologie ancienne, loisqu'en 1787 et 1700 parurent les deux premiers volumes du Manuel )nylhologique, rédigés en grandie partie d'après ses leçons par un de ses élèves, Marttn-Godefroi llermann (qu'il ne faut pas confondre avec le célèbre Godeiroi Herniann, l'un des premiers philologues de nos jours). Soutenu des recommandations, et en quelque sorte de l'adoption du maître, l'ouvrage du disciple obtint lui grand succès. Voss trouva que l'on y supposait faussement dans les fabh^s ou invthes d'Ihjmère une multitude d'intentions et de dogmes philosophiques qu'ils ne contenaient point, et que le mysticisme des néoplatoniciens leur avait seul attribués. Outre un assez grand nombre d'inexactitudes et de méprises de dé-tail, il voulut combattre l'hypothèse avancée par Winckelmann et adoptée par Heyne, suivant laquelle toutes les divinités grecques étaient représentées, avant l'époque d'Homère, sous une forme moitié humaine et moitié animale (Jialbtliierische), particulièrement avec des ailes. Tel est en général l'objet de ses Lettres mythologiques (Kœnigsberg, 179i, ^ vol. in-8"), dans lesquelles il fait tomber sur Heyne, plus que sur Martin llermann, toute la violence et l'amertume de ses critiques. Ce ne sont point de simples erreurs qu'il relève dans son adversaire; ce sont, suivant lui, les bévues de la présomption, les mensonges du charlatanisme. Mais à travers ce débordement d'injures, qui ne sont pas toutes également spirituelles, on remarqua une foule d'observa-
lions solides et lumineuses, qui ont été utiles à la science, et qui ont conservé à cet ouvrage restime des connaisseurs. On a regretté que Fauteur ne l'ait point complété par un troisième volume qu'il annonçait. Nous ne suivrons pas dans leurs détails les causes qui augmentèrent de jour en jour les antipathies d'opinion dont Yoss était animé : son esprit d'opposition se fortifia à mesure que la piiilosophie, la littérature et la critique religieuse chez ses compatriotes tendirent davantage vers l'enthousiasme mystique. Goerres et Creuzer vinrent enseigner à lleidclberg, sur les obscurs symboles des prêtres orientaux, des théories assez favorables à l'influence qu'ils ont exercée, dit-on, sur tout le monde ancien, et particulièrement sur la Grèce. On approfondit les mystères de l'Egypte, de l'Inde et de la Perse, dans leurs rapports avec les mythes de l'Occident; on vanta la sagesse cachée sous les voiles du sanctuaire; et Yoss s'en indigna comme d'une apologie du régime théocratique qu'il avait en horreur à titre de zélé protestant et de grand partisan du rationalisme. Sur ces entrefaites, plusieurs conversions au catholicisme, qui eurent assez d'éclat, vinrent fortitîer ses alarmes sur les dangers de la ligue qu'il croyait s'être formée entre les doctrines nouvelles et le prosélytisme romain. L'une de ces conversions fut celle de son ami de jeunesse, le comte Frédéric de Slolberg, contre lequel il se déchaîna dès lors avec un emportement que rien ne peut excuser. 11 le signala comme l'un des chefs d'un prétendu complot, entre le sacerdoce et l'aristocratie, contre toute liberté religieuse et politique. On a plusieurs fois écrit que la mort de Stolberg fut hâtée par le chagrin que lui causa la violence des attaques que Yoss avait dirigées contre sa personne, et par les derniers efforts qu'il fit pour y répondre. Les ennemis de Yoss lui reprochèrent sa fougueuse intolérance. Sans insister sur les tristes détails de
ce débat, nous indiquerons divers écrits qui s'y rapportent A
la même épof[ue (ISIO), le savant Creuzer, attaché comme Yoss à l'université de lleidclberg, publiait la seconde édition de sa Sj/mbolique des anciens peuples \ Ce fut le signal du dernier combat
1. Cet important ouvrage a été traduit et augmenté avec autant de talent que d'érudition, par M. Cuigniaut. sons ec titre : Hcligions île l'anltijuHé considérées principalemeut datis leurs formes symboliques et mythologiques. Paris, Trcuttel et Wurtz, 1825, t. I, en deux parties.
et du plus animé peut-être que Voss ait livré, quoiqu'il fût déjà septuagénaire. Voulant se porter au secours de la jeunesse séduite, disait-il, parles systèmes du mysticisme et du sacerdoce, il entreprit la critique du livre de Creuzer. dans sept numéros consécutifs de la Gazette lillcraire (Vlena, 1 l'2l, mai, p. 162-^15. Le ton acerbe de cette critique indigna les amis de Creuzer, et ses élèves, réunis un soir sous ses fenêtres, lui donnèrent une sérénade dont les journaux firent quelque bruit. A leur tour, les amis de Voss résolurent de lui offrir un hommage public : au moyen d'une souscription qui se répandit de tous côtés, on lui fit présent, avec beaucoup d'appareil, d'une magnifique coupe en or. Creuzer répondit aux diatribes de Voss par un petit écrit intitulé Vo:<sian((, où il refusait dédaigneusement d'entrer en discussion avec un adversaire aussi incapable, selon lui, d'entendre la matière traitée dans sa Symbolirpie, et de concevoir l'esprit de ses théories, dans lesquelles il reconnaît que le sentiment et l'esprit poétique doivent avoir autant de part que l'érudition et l'analyse. Voss revint à la charge par la publication de son Anti-Si/mboliqnc, Stuttgart, 18::^-4, contenant, avec des additions nombreuses, ses articles précédents contre Creuzer, une dissertation sur la condition des âmes d'après les idées des anciens Grecs, insérée en 1810 dans le môme journal, et une critique des explications jointes aux Figures lioitiériques de Tischbein, par Heyne, Schorn et Creuzer, où il réfute avec force une opinion de ce dernier sur l'identité primitive des sirènes et des harpies (même journal, I8:2.j). A ces trois morceaux est jointe une Conclusion remplie des plus affligeantes personnalités contre son adversaire, et suivie d'une véhémente exhortation aux maîtres et aux pasteurs contre l'influence des associations mystiques que Voss ne cesse de présenter conuiie menaçant la liberté, la raison et les bonnes mœurs. Des insinuations sur les désordres que certains mystères de l'antiquité favorisaient donnent à cette partie de ses accusations personnelles la couleur la plus odieuse. De toutes parts on se récria contre une polémique aussi violente. Creuzer crut devoir garder le silence; mais on remarqua un pamphlet spirituel et mordant intitulé Voss et la Symbolique, par le docteur Wolfgang Menzel (Stuttgart, 18^5), dans lequel l'emportement du censeur était vivement châtié. Le terme de sa laborieuse
m FRAGMENTS.
carrière approchait : plusieurs étoiirdissoments qu'il éprouva dans le courant de mars \<^i.{j l'obligèrent à garder le lit; et le 29 du même mois, comme il s'entretenait avec son ami le docteur Tiedemann, il fut interrompu par une attaque d'apo})lexie, dont il mourut à l'instant même, âgé de soixante-quinze ans. Il fut déposé dans la tombe, enveloppé d'un lierre qu'il avait cultivé lui-même dans sou jardin, pour qu'il servît à cet usage
WOLF (FRÉDÉRrc-AuGusTE), un des premiers philologues de l'Allemagne, naquit à Ilaynrode, village près de Xordhausen, le 15 février 1759. Il dut sa première instruction aux soins de son père, chantre et organiste de l'éiilise protestante d'Haynrode et qui plus tard devint maître de chant à l'école des filles de la ville voisine. A sept ans, le jeune Wolf fut admis dans la troisième classe du collège de Nordhausen, où le cours entier de l'enseignement était divisé en sept classes. Il manifesta dès lors ses heureuses dispositions pour l'étude des langues anciennes et s'adonna en même temps aux langues vivantes, dont les littératures lui devinrent familières avant sont entrée à l'université. Déjà même à cette époque il avait conçu le projet d'une grammaire comparée des langues anciennes et modernes. De bonne heure, il attachait aux connaissances acquises par transmission moins de prix qu'à celles qui sont le fruit de nos propres efforts, et cette dis}»osition, bien digne d'un esprit aussi original et aussi puissant que le sien, était d'ailleurs favoiisée par la manière dont l'un de ses maîtres l'avait initié à rintelligence des principales langues modernes. Répétant sans cesse à ses ('lèves que cette étude est facile à. quiconque connaît déjà les langues de l'antiquiti'' et ne leur laissant entre les mains le dictionnaire de chaque idiome vulgaire que pendant deux mois, pour en extraire une quautiti'; de mots sufiisante, ce maître, nonuué Fraukenslein, l'avait accoutunii'' à coiiqitcr sur ses reclirichcs solitaires et à marcher avec in(lé[)endance dans ses propres voies, fine vive prédilection pour les études philologiques l'empêcha de répondre aux vues de son père, qui, voulant le consacrer à la profession de musicien, lui avait fait apprendre le chant, la composition et plusieurs instruments. Son maître de musique, nommé Schrœter, savant organisl(i, l'intéressait beaucoup en lui apprenant à con-
AUTICLES IIIOC.IIAPHIOUES {V.-.\. WOLF). Ul
naître les écrits des anciens sur l'art musical; mais la partie mathématique de cet art lui était insupportable, et il conserva toujours depuis la môme aversion pour les sciences de calcul. A Tàge de dix-neuf ans, il se rendit à l'université de Gœttingue, où il })rit inscription sous le titre inusité alors de philnlogiœ sladiosHS, titre (pii iaillit l'aiie refuser son admission parles supérieurs, entre autres par Heyne; mais le jeune Wolf ne voulut point se déparlir de celtr qualit*', el il fut impossible de le décider à s'inscrire })Our la faculté de théologie, qui impliquait plus ou moins positivement les études philologiques. Gatterer, Schlœzer, Michaelis, Feder, Meiners et Ileyne furent les professeurs dont il suivit les cours, mais sans assiduité. Le dernier lui sut mauvais gré du df'sordrc apparent de ses travaux, qui, ainsi que sou peu d'exactitude aux leçons, tenait sui'tout à ce besoin d'étudier par lui-même, et à cette habitude d'indépendance dont nous avons parlé. Ileyne jugea donc à propos de l'écarter d'un cours pcu'iiculier {collegium privalum) qu'il faisait sur Piadare, comme peu en état de le suivre, malgré ses instances pour être mis à l'épreuve. Ce trailemeuL était d'autant plus rigoureux que Wolf, étranger à toute dissi})ation, connu à Gœttingue de peu de personnes et profitant avec ardeur des richesses de la bibliothèque, se livrait sans relâche au travail. Son excessive application alla même jusqu'à lui causer deux dangereuses maladies pendant les deux ans et demi qu'il passa dans cette université. Cet éloignement de Heyne pour un jeune homme que sa gloire était intéressée à traiter comme son élève empêcha Wolf de solliciter auprès de lui une place au séminaire philologique, quoique cette ressource convînt fort à sa position. Il s'en dédommageait péniblement en donnant quelques leçons de grec et de langues modernes, particulièrement d'anglais. C'est pour ce dernier objet qu'il publia, en 1778 (Gœttingue), le texte du Macbeth de Shakspeare avec des notes et des éclaircissements. En 1770, il fut appelé au collège d'Ilefeld, en qualité de régent extraordinaire. Avant de quitter l'université, il offrit à Heyne, comme une preuve de déférence, de lui soumettre un essai où il avait déposé le germe des idées qu'il développa depuis avec tant de force et d'éclat sur les poèmes d'Homère ; mais cet hommage fut repoussé avec peu de ménagement. Pendant son séjour à Ilefeld,
Wolf s'annonça au monde savant par une édition du Banquet de Platon, Leipsick, 1872, in-8", dans laquelle il joijinit au texte grec une exposition de ce dialogue, une introduction et des notes en allemand. Ce travail, dans lequel Wolf manifestait de si bonne heure une critique savante et spirituelle, large et exacte, grave et agréable en même temps, attira sur lui l'attention du public, et particulièrement celle du ministre prussien Zedlitz. Peu après cette publication, il signala son talent pour l'enseignement, et son immense érudition dans un exercice solennel (Probelection), à la suite duquel il fut nommé recteur de l'école d'Esterrode, près du Ilarz. A cette même époque, il se maria, étant âgé de vingt-trois ans, et dès l'année suivante on lui offrit la direction du collège de Géra, qu'il n'accepta point, malgré les avantages attachés à cette place, préférant le titre de professeur à l'université de Halle, qui lui était offert d'un autre côté, avec la direction de l'institut pédagogique de cette ville. Ces fonctions lui convenaient davantage par l'influence plus étendue qu'elles lui permirent d'exercer, iniluence toute pratique dont les effets toujours croissants peuvent difficilement être racontés, mais sont attestés par la reconnaissance et la gloire qui ont consacré son nom dans la mémoire de ses compatriotes. Sa plus haute vocation l'ut toujours à ses yeux celle de professeur, quoiqu'il réunît comme écrivain critique toutes les qualités qui tiennent du génie et qui atteignent à la perfection. Ses cours furent peu fréquentés pendant la première année de son enseignement à Halle : il avait cru devoir le ))rendre sur le pied le plus élevé, et il trouvait peu d'étudiants en état de l'entendre. Dès l'année suivante, il se réduisit à des formes plus élémentaires et se vit entouré d'ini auditoire nombreux. Assisté du ministre Zedlitz, il obtint bientôt l'autorisation de transformer l'institut pédagogique confié à ses soins en un séminaire philologique, c'est-à-dire un établis>enient d'instruction secondaire en une école normale. Le succès avec lefjucl il s'appliquait à fortifier les études académiques n-pandit le })his grand (''clal sur l'université de Halle, pendant vingt-trois années (ju'il v fut prolesseur, et il se vit en position durant les dix dernières de reprendre en présence d'une foule attentive le genre d'enseignement qui, lors de son début, s'était trouvé en disproportion avec la faiblesse des auditeurs. Ce qui caractérisait