Acte III, scène ni, vers 8i6-8t
2. Ceci est la fin du couplel de quatre vers, qui est suivi périodiquenient dans ce système d'un couplet de cinq vers, dont l'un est de trois ou quatre syllabes; le couplet do cinq vers commence ici à Seguiréle. La réponse de Chimène est interrompue par Rodrii;ue, qui vient s'agenouiller devant elle, et lui demander la mort.
16i Fi'.AC.MKNTS.
Voltaire, dans son commentaire, cite l'espagnol uniquement d'après Corneille; en admirant le vers : Le poursuivre, etc., il fait rt'tranii:e remarque que voici : « Ce vers excellent, dit-il, renferme toute la pièce, et répond à toutes les critiques qu'on a faites sur le caractère de Chimh\e. Puisque ce vers est dans l'espagnol, l'original contenait les vraies beautés qui firent la fortune du Cid français. » Voltaire n'a jamais vu l'original, et c'est ce qu'il avoue ici implicitement; mais la Beaumelle lui objecti' fort sensément que ce vers :
« Le poursuivre, le perdre, et mourir après lui, »
« a un sens bien autrement énergique, et une idée qui n\'st pas dans l'ouvrage espagnol. Morir matando, et matar muriendo, sont des phrases faites qu'on rencontre à chaque page dans les poêles castillans, et qui ne veulent dire autre chose que combattre en désespéré, combattre jusqu'à la mort. Le vers qui précède (/7 fullait dire qui suit) : Je le poursuivrai jusquà ce que je sois rengée, l'explique assez, et il y a loin de là au sublime Mourir après lui. »
Le Rodrigue espagnol vient donc inopinément se jeter aux pieds de Chimène; il no songe pas, non plus que son imitateur français, à ces aveux de tendresse passionnée qu'il vient d'entendre et dont il pourrait encore se montrer heureux et transporté. Chimène n'aura pas non plus un moment de confusion de tout ce qu'il a entendu ainsi par surprise; même oubli dans le l'rançais, où elle a dit en termes plus énergiques qu'elle V adore
L'inconvénient de l'argumentation oratoire, par la(|uelle Corneille ressemble souvent à Euripide, sans l'imiter, parait mieux encore dans la discussion suivante, où Rodrigue veut prouver que Chimène doit le tuer, tandis que son amante veut éluder celte preuve. L'espagnol n'avait lait que glisser sur ce conflit; mais quiconque a lu et relu de telles scènes, sait quel est le privilège de notre Corneille, d'être réellement grand, émouvant et sublime, à travers toutes ses exagérations d'emphase et de dialectique.
Désormais nous ne trouverons plus les deux portes aussi près l'un de l'autre, si ce n'est dans une seule scène, (pii suit immédiatement celle-ci dans hi deuxième journée, ei qui terminera notre troisième acte. Aussi, au delà, nous contenterons-nous de parcourir la fable, ou, si l'on veut, l'histoire de Castro, en observant que Corneille n'y emprunte plus que (juelques circonstances, et qu'il en omet et dénature un bien plus grand nombre
DonDièguc a amené non loin du lieu où il s'entretient avec Rodrigue cinq cents entilshommes de sa famille (deudos montés et armés en