‹ Fragments et correspondanceChapitre 42 sur 47 · LE MENTEUR · texte numérisé non relu

LE MENTEUR

puromont oratoire ot subtil arrangé par Corneille, et que Voltaire traitait riiioureusemont q\iand il disait : « Ce refrain, Rentrez dam la prmn dont rons rouliez sortir, est encore plus iVoid ([ue le caraetère de Philiste ; et cette petite llnesse anéantit tout le mérite que pouvait avoir Philiste en se sacrifiant pour son ami. » Il est certain que Tartifice énigmatique des paroles n'est pas aussi contourné dans l'original, où d'ailleurs l'action, par plus de mouvement et de puissance, fait de cet artifice une véritable beauté.

Une habitude ordinaire dans ces fables espagnoles, c'est le soin (jue mettent les auteurs à les compléter, sans craindre de les compliquer. Deux ou trois mariages ne sont jamais trop à la fin de ces comédies. Il faut donc marier don Fernando, frère de doua Leonarda; pour cela est introduite une jeune Lisarda, un peu inconsidérée, qui a été cause du duel avec le (|uerelleur don Pedro, moit au commencement de la pièce. Corneille n'avait |)oint tort d'écarter cette figure légère et surabondante, ainsi que les petites complications (ju'elle amène.

On lit au troisième acte de la comédie française des stances qui ne sont point imitées de l'espagnol, mais dont l'idée a pu être suggérée par une émulation de luxe métrique, Lope ayant embelli sa pièce de trois sonnets et de quelques variétés de versification, où l'on distingue, à la troisième journée, deux tirades, très-bien laites, de récit et de complainte, en endechas, vers de cinq syllabes. Diverses parties de la diction de Corneille annoncent aussi beaucoup de soin, surtout les vers encore célèbres sur la sympathie, où, pour le dire en passant, se trouve une mention de VAstrée de d'Urfé, correspondant de loin à la jolie scène espagnole où est mentionné le don Quichotte. Mais nous demeurons en peine de comprendre la supériorité que notre auteur attribue en général aux vers de la Suite sur ceux du Menteur, si ce jugement hasardé n'est pas un sophisme de consolation à l'usage du poète, moins heureux au second essai qu'au premier. Toujours est-il que nous ne trouverions pas k citer ici de ces luttes brillantes de traduction et d'imitation comme celles qui se sont fait admirer dans la pièce précédente. Cela peut tenir en partie à la manière de Lope, plus glissante, d'un vol plus léger que celle d'Alarcon, et généralement moins adaptée aux allures de Corneille.

LETTRE DE M. VTGUIER

A M. MAlil"l-LA\ K/UX

« Monsieur,

M Vous avez l)ion voulu dire, au sujet de ce vieux procès sur l'oriLinalité de Vlléradius do Cornoillo, que la diseussion vous paraissait épuisée dans un petit écrit que je donnais à mes anus, il y a plus de seize ans, et qui n'appartient pas autrement à la publicité'. Quelqu'une de ces feuilles est passée en Espagne, à ce qu'il paraît, et a par malheur réveillé chez des compatriotes de Caldci'on la susc('])lil)ilité d'un certain point d'honncui- littéraire piojii'e à cette nation. Avaul cela, en Alleiiiai;ne, le savant et intéjcssant historien du théâtre espai-nol, .M. Ad.-Fried von Schack, touchait à ce débat en même temps (pie moi, dans son troisième volume publié en 1846; el p;if malheur encore, ses préventions anti-françaises lui ont fait rencontrer sui' ce sujet de nouvelles ])ierres d'achoppement, après celles (jue nous avons déjà brièvement signalées au tome IV'' (p. 47:2, note I) de la |>résente édition. Une sorte de falalit(' 1<' condamne, comme d;ins l'incident relatif au Diamante, à rétracte)' des faits avancés j)ar lui-même, j)Our corriger une erreui' pai' une autre jibis grave eiicori!. Ainsi, à la j)age 177 de ce troisième vohmie, .M. de Schack alliniie (pie la pièce de (laldei'on : hJu esia rida... etc., lail partie

1. A)iec(li>tes lilléraires .si/r Pierre. Corneille. (Note dos édilciirs.)

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