Ce volume est numéroté Y
3. Toaio III, p. 176 : « Ware ailes iilirige in gleichom Sinne ausgefiilirt, so wiirdc dièses Draina zu dea worziiglichstcn des Calderon gehijren. ))
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tique refusant de recoimaître une traduction dans el Honrador de su padre de Diamante, à force d'y trouver })artout le lioùt oj-iginal dti terroir espagnol. L'évidence chronologique, incontestée aujourd'iiui, a bien dû i'i l;i longue désabuser le trop lin connaisseur de ce prétendu goût de terroir. C'est ainsi que les erreurs de la critique la plus spirituelle offrent assez souvent quelque chose de très-cornique.
» Pressé de finir, j'abandonne toutes celles de M. Ilarzenbusch, pour vous recommander, Monsieur, quelques observations qui me semblent essentielles sur l'invention tragique propre à Corneille, en n'y cherchant que ce qui intéresse l'art. Si compliquée, si historique et si arbitraire en même temps, qu'elle soit, cette invention n'est ])ouitant pas tout à fait aussi entière, comme travail iiulividuel, que nous avons j)U b; croire. Corneille l'aurait certainement déclaré lui-même, si de son temps il avait pu }tressentir nos scrupuleuses curiosités d'origines historiques et dramatiques. Pour nous, ce qu'il nous convient de reconnaître après ce conflit, c'est que le premier embryon du sujet en question, savoir l'idée de faire de l'empereur Héraclius le fds longtemps ignor(' (.'t le vengeur de l'infortuné Maurice, cette idée romanesque était un fruit jiaturci de la tra(btion et de la b'gende; que Corneille l'a ti'Ouv(''e toute faite et en circulation, nous ne savons dans quels récits, depuis l'Orient jusque chez nous et en Espagne. L'origine de cette légende est indiquée dans Baronius d'après les historiens byzantins, lorsque après les détails du njeurtre accom})li en Asie par l'ordre de Phocas sur le j)rince Théodose, le véritable (ils aîné de Maurice, il ajoute : « Yerum isia (h.' ïheo- ;; dosio nccpic lune tciiqxu'is ita cnîdita, sed aiiuui in cjus Idcum » ad necem supposilum, jactatum fuit : unde et faetum est ut » novie fabricarentur contra inqjeratorem (Pliocam) insidiaj'. » Ces suppositions d'enfants ou de personnages crus assassinés, et destinés à reparaître, sont le thème obligé, depuis la comédie ei le roman grecs, de mille récits populaires. Celui-ci peut remonter jus(pi'en Perse, car U\ redoutable ennemi de l'empire, Chosroès, s'appliqua longtemps à le |)iopag('r. Pour agiter Topiuinn cl tirer parti des crimes de Pliociis, il pr(''leHdail avoir aupi'ès de lui le
I, Aiinulen vcclesiasticif anucf GU3, tome XI, [>. il de rnlUioii ilc Luciiuos.
LETTRE DE M. VKHIEU A .M. MMiTY-LAVEAUX. :i07
jeune prince, el vouluii' le rétiiblir sur le trône de fJyzancc '. C'est plus de la moitié de la liction nécessaire pour l'aire dlléraclius le fils de Maurice. Corneille aurait pu dire encore, s'il l'avait su, ce que je ne pense pas, que cette fausse filiation d'iiéraclius se trouvait déjà dans un drame espagnol, de Mira de Mesciia, amas Ibrt l)izarre d'aventures extravagantes, bien jugé par M. de Scliack, [n[\\u\r la Rueda de la Forluna {la. Houe de la Fortune)'. Les dernières épo([ues du règne de Maurice reiin)lissent [dus des trois quarts de cet ouvrage, que terminent, accuiiudés en quelques coups de llif'Atre, l'élévation de Pliocas, sa chute, et l'avènement d'iiéraclius. Cette communauté de noms historiques suffît à nos critiques espagnols pour leur faire dire bien faussement que Calderon, avant de transmettre un sujet de tragédie à Corneille, i'aviiit pris lui-même dans Mira de Mescua. Itieii de plus captieux et de plus facile, quand on ne fait pas attention à la réalité intérieure, que de renvoyer des ouvrages dramatiques d'un auteur à un autre à raison de quelques noms propres employés en commun. Cet abus sophistique vaut celui des éditions disparues et des manuscrits égarés.
» Remarquons en terminant que le nom de l'empereur Héraclius est devenu tout à lait légendaire dès le commencement du moyen âge, auquel il appartient déjà par son époque. Un roman poétique (ïEracle a existé dans notre plus vieil idiome, et a passé bientôt dans une traduction germanique, exhumée et publiée de nos jours. Celle de ces légendes qui se rattache de plus près à l'histoire, c'est la seconde invention par Héraclius de la vraie Croix reperdue, depuis sainte Hélène, lors de la prise de Jérusalem par les Perses. Calderon en a fait le sujet d'un drame fort inégal, la Ëxallacion de la Cruz, où il entre beaucoup de prestiges magiques, avec la conversion finale d'un magicien persan moins puissant que les anges du Seigneur. Ceci est bon à observer comme indiquant l'association grecque et orientale des contes de magie à la plupart des histoires de cette époque, et ultérieurement, la liaison d'idées, le caprice regretté par M. de Schack, amenant Calderon à introduire la magie dans le sujet de Cor-
1. Ibidem, notes de Pagius, d'api'ès l'IicophNlaite et TleM)|iliiiiie. -. On peut lire celte pièce au tome II d'une : Trie coinpiisc dans la collection Riliadencira : Draniaticos contemporaneus a Lope de. Vega, 18ô8.
ncillc, qui n'en avait que faire. — Vous ne voulez pas, Monsieur, que je m'arrête à cet autre argument de M. llarzenbusch, prétendant que comme la Exallacion de la Cruz est un drame de Calderon antérieur à VHcradiiis de Corneille, et comme la comédie E'?^ esta vida... traite d'un événement antérieur dans l'histoire au pieux exploit d'IIéraclius devenu empereur, la raison chronologique veut que cette comédie ait été composée avant la Exallacion.
» Veuillez agréer, Monsieur, etc.
» ViGUIER. »