Paris. 18-26, in
ARTICLE DE M. FATIN. H
ninte du jeune maître, et dont, après sa triste fin, le zèle pieux de son lï'ère d'adoption, — le mot n'a rien d'exagéré,— avait lait en quelque sorte son monument t'unùljre. L'ouvrage, où semble définitivement résolu un difficile problème d'érudition liistorique, ne saurait être oublié des savants ; mais depuis longtemps l'auteur lui-même ne vit plus que dans le souvenir fidèle de quelques contemporains auxquels il a été donné de connaître tout ce qu'il y avait eu lui de si digne d'être aimé, estimé, révéré même. Dans un discours éloquent prononcé sur sa tombe, Cousin en avait retracé en quelques traits rapides une image' qu'à son appel Yiguier reprit et compléta avec une émotion contenue qui n'en est que plus pénétrante. On ne peut relire ce morceau sans penser qu'en peignant son ami il s'est involontairement peint lui-même. C'est que œ qui les avait étroitement unis, c'étaient de nobles rapports d'esprit et de cœur, de belles convenances intellectuelles et morales.
Finissons par ce rapprocbement, le plus naturel et le plus convenable hommage que nous puissions adresser à celui que nous pleurons. Ajoutons seulement que, frappé inopinément d'un mal qui, par sa marche rapide, a devancé toutes les inquiétudes, il s'est éteint en quelques jours, hors de Paris, à l'insu d'un certain nombre de ses amis, dont la place eût été près de son lit de douleur et h ses funérailles. Leur absence cependant n'a pas été complète : là se sont trouvés, pensée consolante, et le fils de feu Théodore Gaillard, sur qui Viguier avait reporté une bonne part de la vieille affection qu'il avait pour le père, ce cher compagnon de toute sa vie, et un autre de ses bien-aimés camarades et collègues, M. Dutrey. Qu'ils soient ici remerciés l'un et l'autre d'avoir été, dans la solitude de ce deuil imparfait, les interprètes et les représentants de notre commune douleur !
Patin.
1. Voyez le recueil de ses Fragments littéraires. Paris, 1863, p. 64.
12 NOTICES RIOGUAPHIQIIES.