Plus haut, p
î. Ibid., p. 471.
DU STYLE DE RpUSSEAU.
travail du grand maître depuis la plus faible ébauche jusqu’à la forme la plus achevée. Ici Rousseau a véritablement atteint la perfection, par des efforts opiniâtres et en sachant faire bien des sacrifices. Que de traits il a rejetés dont un autre eût fail son trésor ! On nous saura gré d’arracher à l’oubli ce petit paragraphe : « Qu’importe à l'Étre inaltérable le vice et la perversité des hommes? Leurs blasphèmes, leurs impiétés, n’offensent qu’eux-mêmes. En abusant de leurs facultés, ils s’ôtent le prix du bon usage, ils se préparent d’inévitables regrets. Mais comment les hommes peuvent-ils offenser Dieu? Ce mot même me parait absurde. »
Page 101. Le morceau célèbre : «Tout nous est indifférent, disent-ils, hors notre intérêt ’... » jusqu’à ces mots: « Voit-on dans une rue, etc.... * manquait dans la première composition. On lisait d’abord : « Entre le héros malheureux et le tyran triomphant, duquel des deux vos vœux vous rapprochent-ils sans cesse? Et qui de vous, forcé de choisir, n’aimerait pas mieux encore être le bon qui souffre que le méchant qui le tourmente? Tant l’horreur de faire le mal l'emporte, même naturellement sur celle de l’endurer! Voit-on dans une rue... » Au lieu de ce peu de mots, Rousseau a mis une réponse développée et foudroyante à la doctrine de l’intérêt. C’était, comme on le sait, la doctrine régnante au xviii* siècle; elle dominait partout, à la cour et à la ville, dans les livres et dans les mœurs. En face de cet