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DU STYLE DE ROUSSEAU

adversaire tout-puissant, l’indignation, se mêlant au sens commun , a fourni au philosophe de Genève des traits bien autrement vifs et de pathétiques accents. Là encore nous possédons un brouillon tout rempli de corrections successivement effacées et remplacées par des corrections meilleures. Sous ces dernières, on peut reconnaître plus d’une ligne dont la belle simplicité peut au moins balancer l'énergie savante des leçons auxquelles Rousseau s’est arrêté. Voici, par exemple, une première leçon qui n’a pas suffi à l’auteur : « Celui qui, à force de se concentrer au dedans de lui, vient à bout de n’aimer que lui-même, n’a plus de transports; son cœur glacé ne palpite plus ; ses yeux ne savent plus verser de larmes; il ne vit plus, il est déjà mort. » Rousseau

a préféré la leçon suivante : « Celui qui.... ; son

cœur glacé ne palpite plus de joie, un doux attendrissement n’humecte jamais ses yeux, il ne jouit plus de rien ; le malheurex ne sent plus, il ne vit plus, il est déjà mort.» Celte dernière phrase est plus développée ; tout y est mieux préparé et gradué avec plus d’art; mais la première, dans sa brièveté et sa simplicité, n’a-t-elle pas au moins autant de force? Nous douions qu’un ancien l’eût abandonnée.

Page 103. « Il nous importe sûrement fort peu qu’un homme ait été méchant ou juste il y a deux mille ans » jusqu’à : « Les plus pervers ne sauraient perdre tout à fait ce penchant... » est un morceau ajouté.

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