Mus haut, p
Dü STYLE DE ROUSSEAU.
Aussi, à la réflexion, Rousseau a ajouté ces mots, et il s’en est félicité lui-même, car il a écrit à la marge : Bonne addition.
Page 44. « Vous me demanderez si les mouvements des animaux sont spontanés; je vous dirai que je n’en sais rien, mais que je le pense. » Mais c’est penser et croire au-delà de ce qu’on sait. La seconde main a donc corrigé fort judicieusement : « mais que l’analogie est pour l’affirmative '. »
Pages 45 et 46. i Cet univers est matière, matière éparse et morte, qui n’a rien de l’organisation d’un corps animé. » Cette assertion est vraisemblable sans être évidente. Il en faut donc donner la raison , aussi brièvement qu’il vous plaira, mais solidement, sans quoi c’est un propos jeté en l’air, le lecteur ne suit pas, et vous parlez sans convaincre. Rousseau a senti la nécessité de justifier celte proposition en la développant un peu. A ces mots : a matière éparse et morte » il a mis une note, et à cette affirmation a qui n’a rien de l’organisation d’un corps animé, » il a substitué une période dont les diverses parties se préparent et se soutiennent les unes les autres, et forment un raisonnement plein et entier : « qui n’a rien dans son tout de l’union, de l’organisation, du sentiment commun des parties d’un corps animé, puisqu’il est certain que nous, qui sommes parties, ne nous sentons nullement dans le tout 2. »