‹ Fragments et souvenirsChapitre 113 sur 117 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

DU STYLE DE ROUSSEAU. 5S1

qui nous l’ont rendu sensible. » Cette assertion ainsi tempérée était irréprochable; mais il fallait la rendre un peu plus frappante; et pour cela le secret est bien connu : il ne s’agit que d’ôter les tempéraments qui retiennent la pensée en ses justes limites. Rousseau a donc ainsi corrigé : « Le mal physique ne serait rien sans nos vices 1 », supprimant la vraie raison et comme la justification du mal physique, c’est-à-dire la matière qu’il fournil à la vertu, et à la place de ce solide motif élevant cette prétention absolue et systématique que nos vices seuls produisent le mal physique, ce qui est une exagération manifeste.

Ibid. «La mort.... qui est-ce qui voudrait toujours vivre? » C’était la première façon, simple, vraie, parfaitement suffisante. Rousseau l’a raffinée et aiguisée en ajoutant ce trait misanthropique : « La mort... les méchants n’empoisonnent'ils pas leur vie et la nôtre®? Qui est-ce qui.... »

Page 81. Le fameux morceau sur le mot attribué à Brutus porte l’empreinte d’un travail extrême. Il y avait d’abord : « Je t'ai trompé, téméraire ! et qui le l’a dit ? Ta carrière est-elle finie? » J’aime bien autant, je l’avoue, cette expression noble et claire que celle que Rousseau y a substituée: « Ton âme est-elle anéantie ?» On lit malheureusement dans le manuscrit comme dans l’imprimé : « Ne laisse point ton espoir et ta gloire avec ton

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