Voyez plus haut, p
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Platon et celui de Spinoza sont essentiellement différents. J’admets Lien que dans Platon les mythes jouent un assez grand rôle ; mais les mythes couronnent la philosophie platonicienne , ils ne la constituent pas; ils la mettent en rapport avec les croyances populaires qu’ils élèvent et ennoblissent ; mais sous ces mythes est une philosophie aussi nette que sublime, et qui n’a rien à voir avec celle du célèbre juif hollandais. Platon, dans le Xe livre des Lois, pose admirablement la question : Quel est l’être premier? et il se répond avec une clarté parfaite : l’Être premier, c’est l’intelligence, et la nature ne vient qu 'après *. Et dans le même endroit, et partout ailleurs, il établit fermement que l’intelligence est à la fois principe premier du mouvement et principe premier de la pensée. La théorie de la nécessité d’un premier moteur est si bien exposée dans Platon, qu’Àristote l’a recueillie et prise à son compte 4. Le ( maître et le disciple s’accordent parfaitement sur l’attribut fondamental de l’intelligence première, à savoir, de se connaître soi-même. L’intelligence première de Platon et d’Aristote n’attend pas l’homme pour penser en lui et par lui ; elle se pense de toute éternité, avant l’homme, avant le monde, avant le temps. Dieu est, dit Aristote, la pensée de la pensée5. 11 est, dit Platon, le lieu des idées; il n’est un véritable Dieu qu’en