Ibid., p. 2C
4. Célèbre par ses Idées sur la philosophie de t histoire de T humanité. Il a écrit contre Kant un livre fort médiocre : Métacritique de la critique de la raison pure, 1799.
5. Très sage philosophe en effet, appartenant à l’école éclectique allemande, sortie de Leibnitz et de Wolf, et quia précédé la nouvelle philosophie, née de la Critique de la raison pure. Voyez le Manuel de Tennemann, t. II, p. 188.
fi. Christian-Jacques Kraus, professeur à Kœnigsberg, mortcnl807. 11 a peu écrit. On a publié sa vie et sa correspondance en 1 819.
7. J. Schulz, né en 1739, mort un an après Kant, auteur de deux excellents écrits sur la Critique de la raison. Manuel, t. II, p. 242,
4î DERNIÈRES ANNEES DE KANT.
Quand le libraire Volmcr publia sa Orographie physique, il en inonlra beaucoup d’humeur; il dit que tout cela n’était que charlatanisme, qu’il avait envoyé lui-même son manuscrit au professeur Rink à Dantzig. La vérité est que, s’il avait envoyé à Rink son propre cahier, celui dont il se servait pour ses leçons, Volrper s’était procuré trois cahiers d’étudiants qui avaient suivi, à diverses époques, les cours de Kant sur la géographie physique, et qui avaient reproduit les développements riches et variés qu’il improvisait et qui manquent dans son cahier et dans l’édition de Rink
Son dernier ouvrage, le seul manuscrit qu’il ait laissé (il avait disposé des autres précédemment), était intitulé, selon M. Hasse : System (1er reinen Philosophie in ihrem ganzen Inbegriffe, Système complet de philosophie spéculative. M. liasse déclare qu’il le vil souvent sur le bureau de Kant, et le feuilleta plus d’une fois; qu’il contenait plus d’une centaine de pages in-folio écrites très-fin, et que les points les plus graves y étaient traités ; par exemple l’idée de la philosophie, à quoi se rapporte la conversation dont nous avons rendu compte entre Hasse et Kant, l’idée de Dieu, l’idée de la liberté et surtout le passage de la physique à la métaphysique. Au contraire M. Wasianski prétend que le sujet de l’ouvrage était le passage de la métaphysique de la nature à la physique proprement dite. Selon M. Hasse, Kant, dans l’intimité, l’appelait son chef-d’œuvre, l’écrit qui
1. La réclamation de Kant contre la publication de Volmer a été recueillie dans ses Œuvres, t. XI, p. 20G.
renfermait tout son systèrrie, et ii (lisait qu’il n’avait plus que la dernière main à mettre à la rédaction , ce qu’il espéra faire jusqu’au dernier moment. Selon M. Wasianski, Kant parlait très diversement de ce manuscrit : tantôt il le donnait pour le plus important de ses ouvrages et comme à peu près complet, sauf la dernière rédaction ; tantôt il voulait qu’on te brillât après sa mort. Mais les deux narrations s’accordent sur le seul point qui nous intéresse, à savoir, que soumis àM. Schulz, que Kant regardait avec raison comme le meilleur interprète de ses écrits, celui-ci en porta ce jugement, qu’il n’y avait rien qui répondit au titre, que c’était un simple commencement d’ouvrage, et qu’il ne pouvait conseiller de le publier '. Quoi qu’il en soit, il parait certain que les efforts que fit Kant pour achever cet écrit ont beaucoup contribué à l’affaiblir; et vers le milieu de 1803, il devint évident que le grand philosophe approchait de sa fin.
Le 22 avril 1803, anniversaire de sa naissance, Kant réunit encore ses amis, et tâcha d’être gai, sans y réussir. Chacun vit bien que c’était la dernière réunion de ce genre. Le 21 avril, il écrivit dans son journal : « La Bible dit : Notre vie dure 70 ans, au plus 80, et la meilleure n’est que fatigue et travail. »
Sa faiblesse ne lui permit plus de recevoir d’autres visites que celles de scs plus intimes amis, et toute visite d'étranger lui devint insupportable. Il ne s’y prêtait