‹ Fragments et souvenirsChapitre 44 sur 117 · SS · texte numérisé non relu

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sceptique me repousse au lieu de m’attirer. Bonald est un tout autre homme; c’est une tète très pensante, mais il pousse ses idées systématiques jusqu’à l’extravagance, et tient très peu de compte des faits, quoiqu’il les cite beaucoup. »

. Alençon, 80 août.

« Je suis très satisfait d’avoir fait mon devoir et

j’en attends les résultats avec une tranquillité parfaite. Si quelque journal ministériel ou ultra faisait quelque article contre moi ou sur ma lettre, réponds toi-méme si tu le juges convenable, et comme tu le jugeras convenable. Au cas que tu voies un nuage sérieux se former sur ma tète, je suis prêt à passer en Angleterre à la minute ; règle-toi en conséquence et dis-le à Fabvier. Mais si , comme je l’espère , on prend le sage parti de recevoir mes démentis en silence, je resterai dans notre chère France, qui , toute coupable qu’elle est, m’attache par je ne sais quel charme.

« Hier j’ai été faire une petite promenade autour d’Alençon; j'ai salué le soleil couchant pour loi. O cher ami, tu me manques bien! Quelle divinité nous a réunis! Je t’ai vu, je t’ai aimé; et que je l’ai bien senti le jour de ton départ d’ici! Te souviens-tu avec quelle rapidité s’est formée notre si confiante amitié? Il faut qu’elle nous donne de beaux jours. J’aurais besoin de te savoir heureux, tranquille, serein. J’ai de la foi en toi; aussi, je te désire heureux , un peu par égoïsme. Heureux, tu t’occuperas avec plus de succès d’adoucir mes

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profonds chagrins. Ne va pas, par une coupable pitié, diminuer d’un seul degré , du moindre degré, cet abandon si vif et si vrai que lu as avec moi. Je ne m’y tromperais pas, et cela me rendrait réellement malheureux. Tu es mon dernier attachement de cœur »

Alençon, 2 1 août.

« Mon travail avance, tout le plan du livre est .arrêté; le titre sera: De la Liberté et de ses rapports avec les formes de gouvernement. Bientôt je mettrai la main à l’œuvre; mais à présent, je ne pense -qu'au congrès de Vérone. Tu vois qu’il n’est plus douteux. C’est un devoir pour moi de signaler à l’Europe ce que va faire ce nouveau congrès particulièrement en ce qui regarde ntalic. *

Bourges , 6 septembre.

« Eh bien ! me voici à Bourges. Combien ce voyage m’a été pénible! mais je veux m’efforcer de n’y plus penser. Le préfet, comte de Juigné, m’a reçu avec politesse, mais m’a avoué qu'il avait des instructions très sévères sur moi, et il m’a renvoyé au maire, qui m’a témoigné avec beaucoup d’honnêteté son désir d’adoucir ma situation. En venant au fait, j’ai été très mécontent de sa proposition : « Je compte avoir votre pardle d’honneur comme celle de ces messieurs. » Car j’ai trouvé ici quatre autres réfugiés, MM. de Saint-Michel, de Baronis, de Palma et Garda; sans quoi il me dit qu’il serait obligé

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