‹ Fragments et souvenirsChapitre 52 sur 117 · Noie deuxième · texte numérisé non relu

Noie deuxième

m DISCOURS DE RÉCEPTION A L’ACADÉMIE.

l’Égypte, cernée en quelque sorte autour du cercueil de scs deux meilleurs capitaines, et associant involontairement à ces deux grandes ombres celles de tant de braves qui les avaient précédés. Aujourd'hui même, à la distance de trente années, en lisant les deux touchants discours 1 prononcés par M. Fourier, on ne peut se défendre des mêmes sentiments qui l’agitaient ainsi que l’armée entière, et de sentiments bien plus pénibles encore, quand on se demande où sont aujourd’hui tous ceux qui mêlaient alors leurs larmes à la voix de M. Fourier. Combien d’entre eux ne sont pas sortis de l'Égypte et dorment dans cette vieille terre! Et ceux qui échappèrent aux derniers désastres, et ceux aussi qui, une année auparavant, avaient suivi en Europe la fortune de leur général, que sont-ils devenus? Héros d’Égypte, quélle qu’ait été votre destinée, dans quelque lieu que reposent vos cendres, et vous, en bien petit nombre, qui leur avez survécu, soldats ou savants, qui avez fait partie de cette grande expédition et de ces jours héroïques de notre histoire, soyez tous honorés ici dans l’un de vos plus dignes compagnons! Jamais l’Institut, jamais la France n’oubliera ce qu’elle doit à votre courage, à vos vertus, à vos malheurs.

En revoyant le sol moins agité de la patrie, M. Fourier croyait avoir acheté le droit de revenir à ses premières études et de s’y livrer tout entier : son ambition se bornait à une place de.professeur dé inathéma-

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