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Théorie de la chaleur rayonnante

38R NOTES SÜR M. FOUR1ER

Rien de plus simple. La loi de l’attraction universelle n’est pas autre chose qu’une induction de cette attraction en vertu de laquelle le fruit suspendu à un arbre, la pierre que vous lâchez, tend vers la terre. Cette in • duction si simple et si grande explique le système du monde. Une induction semblable va vous expliquer la température constante de l’espace dans lequel le monde se meut. N’est-cc pas un fait vulgaire que, dans la plus petite enceinte, deux corps diversement échauffés tendent, l’un en recevant, l’autre en donnant de la chaleur, à se mettre en équilibre, et qu’il en est de chaque point de l’espace enfermé dans cette petite enceinte comme des corps qui y sont contenus? Transportez ceci dans l’immense enceinte du ciel, et vous aurez, en vertu de la môme loi, ce résultat, que tous les points de l’espace stellaire, inégalement échauffés, mais agissant perpétuellement les uns sur les autres, tendent à se mettre en équilibre de chaleur. De là la température moyenne et constante de l’espace. La loi est la même, le résultat seul est plus grand ; pour l'accomplir, il ne faut qu’une différence de temps; or, nous l’avons déjà dit, le temps est aussi infini que l’espace, la nature prodigue l’un comme l’autre, et fournit des siècles en proportion de l’étendue des effets qu’elle veut obtenir. Ainsi s’explique la température moyenne et constante de l’espace, laquelle explique à son tour ce qui échappe à l’action solaire et à l’action du feu central dans la distribution de la chaleur à la surface de la terre et dans les phénomènes qu’elle y produit.

THÉORIE DE LA CHALEUR

Tels sont, autant que nous avons pu les saisir nousinêmc et les présenter dans ce cadre étroit, les aspects les plus populaires de la théorie de la chaleur. Nous désirons surtout qu’ils puissent donner quelque idée de la méthode qui préside à celte théorie, méthode profonde qui, attachée avec une constance admirable à l’explication complète des phénomènes, les décomposant dans tous leurs éléments, les suivant partout où ils mènent, s’est trouvée conduite, par la rigueur même, à la grandeur et à l’originalité. Mais jamais cette méthode n’eut pu parvenir à de pareils résultats sans un instrument digne d’elle, qui répondit à sa pénétration, à sa précision , à son étendue ; nous vonlons parler de l’analyse mathématique. Que d’obstacles se rencontraient ici de toutes parts I II fallait d’abord instituer une revue sévère des observations anciennes, et faire soi-méme une foule d’observations et d’expériences nouvelles. La distribution de la chaleur solaire dans les premières couches de la terre, celle de la chaleur centrale dans les couches inférieures, se fait à travers des milieux sans nombre et d’une diversité extrême, solides, liquides, gazeux, qui semblent s’opposer à toute généralisation. Partput des différences dont il faut tenir compte, et à travers lesquelles il faut se faire jour pour arriver à quelque loi'. Néglige-t-on quelque différence importante, on court risque de n’obtenir qu'une fausse loi que l’expérience ne confirme pas.

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