‹ Fragments et souvenirsChapitre 68 sur 117 · MAITRE DE CONFÉRENCES A L'ÉCOLE NORMALE · texte numérisé non relu

MAITRE DE CONFÉRENCES A L'ÉCOLE NORMALE

Le î9 juin 1819.

Ne craignez pas, Messieurs, que je vienne troubler votre douleur par une vaine formalité. Je ne veux dire qu’un dernier adieu à celui que nous avons tant aimé et que nous pleurerons toujours.

Mon cher Loyson, nos cœurs sont devant ton cercueil dans la disposition où toi-même aurais voulu qu’ils fussent. Nous y apportons une douleur que le temps ne pourra ni effacer ni distraire, mais que la raison et la loi éclairent. Oui, l’intervalle qui semble nous séparer n’a point de réalité pour ton ftme et pour la nôtre. Le coup qui t’enlève frappe tes amis plus que toi-mème. Tout ce qu’il y avait de meilleur en toi, tout ce que nous avons aimé et honoré, est et sera toujours. Les révolutions du temps et de l’espace, les troubles de la nature, ce phénomène d’un jour qu’on appelle la vie, a cessé pour toi ; mais l’immortelle existence t’a recueilli dans son sein; reposcs-y en paix, pauvre jeune homme; ta journée a été dure, que ton sommeil soit doux!

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