Étude* sue Pascal, p. 277, etc
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DU STYLE I)E ROUSSEAU
dans ce grand combat, et de donner à ce petit nombre de pages toute la solidité et toute la grâce qui dépendaient de son art. Dans ce travail suprême, bien des corrections de style ont été faites ; de longues et considérables additions ont été, introduites. L’ensemble a-t-il gagné à tous ces changements? Rousseau l’a pensé. Qui l’oserait contredire?
Pour nous, distinguons d’abord les corrections de détail des grandes additions, et occupons-nous premièrement de celles-ci.
Ces additions tombent, pour la plupart, sur la partie métaphysique de la Profession de foi : elle en est augmentée au moins d’un tiers. Le vicaire savoyard parlait d’abord d’une façon plus simple et plus générale, ne répondant qu’aux objections connues et célèbres, et plus occupé d’établir les grandes vérités dont l'humanité a besoin que de réfuter les erreurs contraires, surtout celles qui avaient cours dans les salons philosophiques de Paris. Il était solide et lumineux, sans être savant. Rousseau , dans le dernier travail dont nous rendons compte, a eu devant lui Condillac, Helvétius, Diderot, d’Holbach; il a voulu protéger d’avance contre leurs objections la profession de foi du bon vicaire, et il y a joint, à l’adresse de ses anciens amis, une polémique particulière et presque personnelle , dont on ne saisit pas toute la portée quand on ne connaît pas le dessous des cartes, c’est-à-dire quand on n’a pas sous les yeux le Traité des sensations, le Traité des animaux , le livre de l’Esprit, et Y Interprétation de la
DU STYLE DE ROUSSEAU
nature. Il faut bien le reconnaître : la plupart de ces additions n’étaient pas en elles-mêmes absolument indispensables. Aussi l’auteur en a-t-il rejeté un certain nombre dans les notes; et on peut douter si toutes celles qu’il a insérées dans le texte sont toujours parfaitement fondues dans la composition première. Celte composition, dégagée de ces argumentations intercalées après coup, était plus simple, plus rapide, plus saisissante, mais beaucoup moins forte, comme on en pourra juger par les exemples que nous allons rapporter.
Tome III de l’édition de 1762, page 37. On se rappelle le beau passage contre la philosophie , qui ramène toutes nos facultés à celle de sentir : « Apercevoir c’est sentir; comparer, c’est juger : juger et sentir ne sont pas la même chose... » La dernière moitié de ce passage, depuis ces mots : « Selon moi , la faculté distinctive .de l’être actif ou intelligent est de pouvoir donner un sens à ce mot est... » jusqu’au paragraphe, « Voir deux objets à la fois, ce n’est pas voir leurs rapports », toute cette dernière moitié, dis-je, manquait au texte primitif, et elle a été tirée du livre III' pour être placée ici.
Pages 38 et 39. «On nous dit que l’être sensitif distingue les sensations les unes des autres... surtout dans un système où l’on prétend que les sensations représentatives de l’étendue ne sont point étendues*. » Ce