Adultère
Celui qui s'abandonne d'une façon illicite aux passions charnelles dans le monde de la vie, celui-là, quand son corps se dissout, après la mort, renaîtra et tombera dans le Mahâ-Raurava ; ensuite, entre les deux bras du fleuve extérieur infranchissable. Le bois de Çâlmala est d'une élévation égale à quatre-vingts yojanas de haut, les branches pendent en bas avec des épines de seize doigts (de long) ; le surplus a une dimension de vingt kroças ; le corps (des victimes) est brûlé en haut par le feu. Ils s'avancent jusqu'à soixante yojanas en hauteur, et là, se frappent mutuellement avec des armes de toutes sortes. Tel est le bois de Çâlmala sur le sol duquel (les coupables) affluent. Pendant plusieurs milliers d'années, ils montent pour se meurtrir aux épines des arbres.
Autre chose encore : les gardiens de l'enfer, saisissant des armes, les abattent et les font tomber gémissants, étendus tout de leur, long (?). Au moment de leur chute, ils tombent sur des pals fixés dans un sol de fer brûlant. Ces pals leur sortent par l'anus, et ils éprouvent de (cruelles) douleurs. Ils séjournent tout un Kalpa dans des vases en fer de soixante yojanas, gémissant sans relâche ; et les gardiens de l'enfer leur enfoncent des charbons ardents dans la bouche jusqu'à la remplir.
FRAGMENTS TRADUTS DU KANDJOUR 237
C'est pour cela que Bhagavat a dit:
Une montagne noire et, à la même hauteur que son sommet,
un bois hérissé d'épines,
des pointes de fer aiguës ;
voilà le supplice de l'homme du monde.
(Que doit faire) celui qui réside sur la cime du bois ?
Que doit faire l'épouse de celui qui gémit? (?)
C'est pour cela que Bhagavat a dit : Bhixus, la conduite perverse produite par les passions de l'amour doit être considérée comme égale au venin de serpent. L'entrée dans l'enfer, l'entrée dans les pays des Prêtas, la nais-r sance parmi les animaux (en sont le fruit). Quelles que soient (les particularités) de la mauvaise conduite née des passions de l'amour, le fruit en est très grand. Même si l'on renaît parmi les hommes, on éprouve la douleur.
C'est pour cela que Bhagavat a dit :
Pendant cinq cents naissances être femme
ou, pendant le même temps, ôtre sans sexe,
être souillé d'excréments, lépreux ;
tel est l'abaissement de quiconque se conduit mal.
Pendant beaucoup de naissances, on est en butte aux mauvais traitements, on a beaucoup d'ennemis, on est exposé à d'incessants désagréments, on souffre toujours étant soit couché, soit debout ; on est dans un état de colère permanent; on reçoit du dommage des autres hommes ; on est constamment bossu ou bien sourd, on a la certitude de changer (?) perpétuellement ; l'esprit est constamment triste ; on ne se plaît que dans les querelles ; on est constamment privé de gaieté. Puis, quand le corps se dissout, après la mort, on tombe en se lamentant grandement dans l'enfer Mahâ-Raurava. Là encore on éprouve des souffrances aiguës, dures, cuisantes. Telle est la maturité delà mauvaise conduite causée par l'amour.
Celui qui évite la mauvaise conduite, que ce soit la condition masculine ou la féminine qui lui advienne en partage, a pour privilège vingt qualités qui ne sont pas à dédaigner.
Il n'a pas d'ennemis ;
il n'a que de la joie dans le monde ;
en fait d'aliments et de breuvages, il obtient ce qu'il y a de mieux;
il en est de môme pour le vêtement et l'habitation.
il a aussi bon lit et bon siège,
et est à son aise quand il est debout ;
il est affranchi de tout mauvais pas et de toute crainte ;
il n'a ni chagrin ni frayeur ;
nulle espèce de maladie ne l'approche ;
il naît homme et non point femme ;
le moindre désir qu'il forme et s'efforce de réaliser,
il arrive à le satisfaire ;
il n'a que des relations agréables ;
les autres ne le molestent pas ;
tous ses sens sont au complet ;
il a tous les signes de la vertu ;
il n'a pas à donner la plus légère marque d'impatience.
homme, il n'a pas besoin de femme '.
Celui qui évite la mauvaise conduite,
qu'il soit homme ou qu'il soit femme,
éprouve ces avantages-là
de la part des dieux et de la part des hommes.
Quand le corps se dissout après la mort, on suit la bonne direction, on va dans la demeure des dieux, dans le Svarga.
L'homme qui a des désirs doit, de naissance en naissance, s'abstenir d'aller vers les femmes d'autrui et nettoyer les souillures de son esprit.
La femme qui n'a pas de relations amicales avec son beau -père ; qui n'en a pas avec son mari ; qui n'aime pas son mari ; qui ne s'incline pas devant la personne de son mari ; qui nuit aux sœurs de son mari ; qui, de plus, ne fait pas avec ses mains, ses pieds, son dos les travaux qu'elle doit exécuter; qui ne fournit pas les mets et les breuvages désirés, (ou) qui n'accomplit pas tous
i Ou « on n'a besoin ni d'homme étant femme, ni de femme étant homme ».
ces (devoirs) avec modestie et pudeur; qui fait la lecture à son mari (?)* sera maudite (par lui) et renaîtra dans l'enfer. Elle couchera sur un sol de fer brûlant; on lui mettra à la bouche un crochet en fer brûlant, comme lorsqu'on prend le poisson à l'hameçon. Une flamme de feu se produisant de l'autre côté, elle sera entraînée (?) de ce côté au moyen d'une corde dont elle est liée. Ainsi entraînée de ce côté, dans un lieu où les projetiles la frappent avec violence au milieu de la flamme de feu, elle est dévorée par un ver qui lui naît dans la bouche. Pendant qu'elle est ainsi rongée, elle ne peut proférer une parole. C'est ainsi qu'elle cuira là pendant plusieurs milliers d'années. Une fois cuite, elle tombera de nouveau dans le grand enfer. C'est pour cela que Bhagavat a dit :
Toute femme qui désire an homme, doit, de naissance en naissance, comme les dieux et les déesses, se garder d'abandonner son mari.