Mensonge
Celui qui ment naîtra dans le Kâlasûtra. Là aussi, les gardiens de Penfer, au milieu des cris qu'il pousse d'une voix forte, le frappent de toutes sortes d'armes brûlantes qu'ils tiennent, et les êtres infernaux le pourchassent (?) sur un sol de fer brûlant ; quand il a été chassé (?) par l'habitant du Kâlasûtra enflammé, on saisit des armes brûlantes et on le retourne (on le transforme) comme un (homme) gros ou fluet j on le coupe avec des haches et des coutelas. Les malheureux poussent de grands cris et ils restent là se lamentant; c'est en buvant leur propre sang qu'ils restent là en dedans. Tel est le Kâlasûtra où naît le menteur ; il y savoure des douleursaiguës, rudes, cuisantes. Bhixus, souvenez-vous bien que le mensonge est semblable au venin du serpent. Celui (qui s'en rend coupable) éprouve beaucoup de douleurs ; il entre dans l'enfer, il entre dans le pays des Prêtas, il naît parmi les animaux. Pour quiconque ment, la maturité de son action est grande. S'il naît parmi les hommes, il est sans compassion; son langage est comme celui du corbeau ; il a la langue
1 C'est-à-dire (bI la traduction est exacte), qvi prend, à. l'égard c'.ê son ttar:, 'attitude d'un maître envers son élève.
malade ; un ver s'engendre dans ses dents ; il a dans la bouche une odeur désagréable, les dents inégales, la parole rude, la voix enrouée, les lèvres malades ; il est rongé d'envie et constamment obsédé par l'ambition. Puis, quand le corps se dissout, après la mort, il renaît dans le Kâlasûtra. C'est pour cela que Bhagavat a dit :
De sa bouche sort une odeur de pus ;
cette mauvaise odeur s'étend jusqu'à un vojana ;
il ne connaît pas la loi ;
voilà l'abaissement du menteur,
voilà la maturité du mensonge.
Celui qui évite le mensonge,
que la condition masculine ou la condition féminine
lui advienne en partage, a des avantages
au nombre de trente-trois qui ne sont pas à dédaigner.
L'œil, l'oreille, le nez,
la langue, le corps et aussi l'esprit
sont chez lui, dans un état parfait ;
ils sont équivalents à un bouton de lotus :
l'œil et la dent sont semblables ;
le corps n'est ni (trop) long ni (trop) court,
ni trop gros ; il est irréprochable :
une parole bien dite,
comme le parfum du lotus,
est dans sa bouche un parfum permanent ;
tous ses serviteurs lui rendent hommage ;
son langage le rend digne de recevoir un culte ;
il est versé dans toutes les lois ;
il connaît distinctement l'utilité et le gain de la parole;
les raisonnements de son esprit ne lui causent pas de trouble 5
son langage est constamment élevé et supérieur.
Celui qui évite le mensonge,
qu'il soit homme ou qu'il soit femme,
jouira de ces avantages parmi les dieux et parmi les hommes.
Quand son corps se dissoudra, après la mort, il suivra la bonne direction et renaîtra dans le monde des dieux, dans le Svarga. Le menteur a un marteau dans la bouche ; un fils de famille doit se garder
de faire ce qui a trait aux objets du désir ; il doit embrasser tout ce qui se rapporte à la vérité et au bien. Le menteur ne fait rien d'utile ; dans ce monde, il trompe; et, pendant beaucoup d'autres naissances, il naîtra dans l'enfer Avîci. Aussi, pendant qu'on vit, doit-on s'abstenir du mensonge. Au temps d'un Buddha qui sait tout et même d'un Bodhisattva qui n'est pas sans obscurité, la calomnie comme la couleur du safran ne dure pas longtemps ; il en est comme d'une épingle mise sur le tas de paille, elle ne reste pas longtemps (à la surface), ou comme d'un fruit rond placé sur le dos d'un cheval, il n'y reste pas longtemps. C'est ainsi que si on coupe la gorge avec un glaive (au menteur) pendant qu'il parle, il ne continue pas à tenir son double langage. En disant longtemps la vérité, les Çramanas et les Brahmanes arriveront à la délivrance parfaite.