XXIX. ... (Manque
XXX. Gomment, lorsqu'un individu a accumulé de tels actes qu'il a dû renaître dans l'enfer, son temps de Naraka2 étant entièrement accompli, l'acte de la naissance existe-t-il pour lui ?
Tout individu qui, après avoir accompli avec réflexion les actes du Naraka, n'a pas de repentir; n'a pas de honte, partant pas d'anxiété; n'a pas de pensées coupables ; ne pense pas d'une façon déraisonnable (?); n'a pas de repentir (à exprimer) ; pratique l'indifférence ; revient au mal ; prend l'engagement de recommencer ; un individu tel que celui-là, qui a fait un vœu pour de telles joies, qui a accumulé de tels actes, après être né dans le Naraka, son temps de Naraka étant complètement expiré, renaît (dans le Naraka?).
XXXI. Comment, lorsqu'un individu a accumulé de tels actes qu'il est né dans le Naraka, la moitié de son temps d'enfer étant expiré, l'acte de la renaissance existe-t-il pour lui ? — Quels (sont ces actes) ?
Cet individu, quel qu'il soit, après avoir accompli les actes du Naraka, se repent ; il a de la honte, partant il est dans l'anxiété ; il a des pensées coupables (?) ; il pense d'une façon déraisonnable (?); il confesse (ses torts); il ne pratique pas l'indifférence ; il ne retourne pas au mal ; il prend l'engagement de ne pas recommencer. C'est en accumulant de tels actes qu'un individu né dans le Naraka renaît (hors du Naraka ?) quand la moitié seulement de son temps d'enfer est expirée.
XXXII. Comment, lorsqu'un individu a accumulé des actes tels qu'il est né dans le Naraka, l'acte de la renaissance se produit-il instantanément? -— Quels sont ces actes ?
L'individu, quel qu'il soit, a fait les actes de l'enfer après y avoir bien réfléchi; les actes accomplis, il s'en repent; il a de la honte, partant de l'anxiété ; il a des pensées coupables (?) ; il pense d'une façon qui n'est pas raisonnable; il confesse (ses torts) ; il ne fait pas des sacrifices avec indifférence; il ne revient pas au mal ; il prend l'engagement de ne pas recommencer ; tels
1 Cet article sur les actes qu'on ne médite ni n'accomplit était annoncé dans ce que j'ai appelé le « programme »(V. p. 254); il n'en est pas question ici, ce ne peut être qu'une omission involontaire.
* Naraka est, en sanskrit, le nom générique des lieux de supplice réservés aux méchants; je l'emploie de préférence à notre mot « enfer * dont il est l'équivalent.
ànn. G. — B 34
sont les actes qui lui causent ultérieurement du déplaisir, auxquels il n'aspire pas, auxquels il renonce, qu'il abandonne complètement. L'individu qui a accumulé de tels actes propres à agiter son cœur par la vivacité du déplaisir ulté rieur, une fois né dans l'enfer, renaît aussitôt. Il est comme le roi Ajâtaçatru.1
XXXIII. Gomment l'individu qui a accumulé tels et tels actes, après avoir été primitivement dans le bien-être, a-t-il ensuite un mauvais Karma î Quels sont ces actes ?
L'individu, quel qu'il soit, qui, bien que faisant des dons, ne donne pas comme un homme content, n'en éprouve ni joie ni satisfaction intime, et, après le don, n'y pense que pour le regretter, un tel individu, s'il naît parmi les hommes, naît dans une famille opulente ; il est possesseur de grandes richesses, il a un grand train ; il a des intendants, des compagnons, des amis, nombre d'objets de première qualité, des magasins, des greniers... les commodités les plus agréables, des voitures ; il a tout cela en abondance. (Eh bien !) un tel (homme), après avoir goûté de telles jouissances, tombe à plat, est mis à sec, suit la mauvaise direction.
Ainsi un individu qui a accumulé tels et tels actes, après avoir été d'abord honoré, riche, dans le bien-être, devient affamé, misérable et n'est plus dans le bien-être.
XXXIV. Gomment l'individu qui a accumulé des actes et qui, auparavant, n'était pas dans le bien-être, (obtient-il) ultérieurement le fruit d'actes qul aboutissent au bien-être? Quels sont ces actes?
L'individu quel qu'il soit, qui, en donnant antérieurement avait donne sans foi, mais qui était rené avec la foi et une pensée de joie dans le cœur, cet individu-là, s'il renaît parmi les hommes renaît dans une famille pauvre ; sa nourriture et son train de vie sont médiocres ; mais après avoir souffert de la corruption morale, de la privation d'aliments et de vêtements, il devient honoré, riche et heureux, croissant en tout, ne diminuant en rien. Tel est l'individu qui, après n'avoir pas été dans le bien-être, arrive plus tard au bien- être.
1 Ces (rois articles sur la renaissance des êtres infernaux me paraissent très difficiles et la traduction que j'en donne est loin de me satisfaire.il y a beaucoup d'obscurités et d'incohérences au moins apparentes. Quand bien même j'aurais le loisir d'expliquer certaines contradictions, il resterait encore bien des points A discuter. 11 serait bon de voir le même sujet traité ai Heurs ; la comparaison fournirait peutêtre quelques éclaircissements.
XXXV. Gomment l'individu qui, pour avoir fait tels et tels actes, a été antérieurement dans le bien-être, y est-il encore ? — Quels sont ces actes ?
L'individu, quel qu'il soit, qui, en faisant des dons, donne beaucoup et donne avec joie, qui, bieji que propriétaire, est joyeux et après avoir donné, n'en a pas de repentir, cet individu a pour fruit, s'il naît parmi les hommes, de prendre naissance dans une famille opulente ; il est possesseur de vastes richesses ; il a un grand train ; il a des intendants, des compagnons, des parents, une famille éminente et nombreuse; tous ses greniers et ses magasins sont pleins ; il a les plus agréables commodités et les moyens de transport à discrétion. Naissant dans de telles familles , ses jouissances ne font que s'augmenter à chaque naissance. Tels sont les actes accumulés par l'individu qui, après avoir été d'abord dans le bien-être, est encore dans le bien-être par la suite.
XXXVI. Gomment, par le fruit de quels actes, l'individu qui, auparavant, n'était pas dans le bien-être, continue -Ml à n'être pas dans le bien-être?
L'individu, quel qu'il soit, qui repousse l'ami de la vertu, que personne ne peut décider à donner, qui de lui-même ne fait pas de dons aux autres, un tel individu, s'il renaît parmi les hommes, est pauvre et affamé, privé d'aliments et de breuvages, privé et dénué de vêtements de dessus, menant une vie conforme à sa dépravation, n'ayant ni aliments, ni breuvages, ni vêtements de dessus pour (soutenir) sa vie; de même, par la suite, ses biens et son train ne prennent aucun accroissement. L'individu qui a accumulé de tels actes n'était pas antérieurement dans le bien-être ; et, par la suite, il n'est pas non plus dans le bien-être1.
XXXVII. Gomment l'individu qui a accumulé tels et tels actes en vient -il à pratiquer l'égoïsme (la ladrerie), étant riche? Quel est le fruit de ce Karma ?
L'individu quel qu'il soit, qui, dans les occasions de donner, ne donne rien, ne donne pas beaucoup, donne peu, qui, lorsqu'il faut faire des sacrifices, développe en lui la parcimonie, cet individu-là, s'il renaît parmi / les hommes, et si c'est dans une famille opulente, a beaucoup de richesses, un
* Ces quatre points ne sont pas sans analogie avec ceux qui sont traités dans le grand Vibhâga pâli ; seulement le sujet est ici plus restreint*
grand attirail : malgré cela, il*pratique l'égoïsme. L'individu qui a accumulé de tels actes est un grand ladre (égoïste ou envieux à l'endroit des richesses) .
XXXVIII. Gomment a-t-on l'audace de donner quand on est pauvre1? Quel est le fruit de cet acte ?
L'individu, quel qu'il soit, qui, lorsque ce n'est pas le lieu de donner, donne beaucoup, renouvelle le don, le multiplie par l'exercice (ou la méditation), cet individu, s'il renaît parmi les hommes et si c'est dans une famille pauvre, n'aura pas d'aliments ni d'attirail pour (le faire) vivre ; rendu malheureux par la corruption morale, n'ayant ni vêtement ni aliments pour (le faire) vivre, il donne malgré cela. L'individu qui a accumulé de tels actes a l'audace de donner dans la pauvreté