DEUXIÈME SECTION
1 . Bhagavat dit encore : Af anava, il faut savoir que celui qui tue (?) est exposé à dix espèces de maux. Quelles dix? — Si tu me les demandes, (les voici) :
On a beaucoup d'ennemis ; on paraît sans plaire à personne ; on a une vie courte ; on pense à des actions vicieuses ; on en vient à redouter les êtres ; on se couche mécontent ; on se lève mécontent ; on a des songes de vices ;" on éprouve du repentir; on médite et on fait des actes qui abrègent la vie. Après la mort, quand (l'âme) se sépare du corps, on se relève dans un mauvais Karma, on renaît dans le Naraka.
2. Si l'on a pris ce qui n'était pas donné, il y a pour cet acte dix maturités. Tu demandes lesquelles ? (Voici) :
On est (pour les autres) un ennemi; on leur est suspect; on suit une voie qui n'est pas convenable ; on vagabonde la nuit ; on est usé par les maladies
* Le péché de langage injurieux et violent a èiè omis.
* Voilà une nouvelle théorie sur les conséquences des dix actions défendues*/ elle est des plus bizarres. La suite, que nous détachons comme une deuxième partie du sûtra, traite des cinq actions défendues et est en quelque sorte une nouvelle édition de la version du Nandika Sutra (V. p. 251-3).
des amis du vice ; on évite les amis de la vertu ; on est incapable d'obéir à la moralité; on est maltraité par le roi; on a des amendes à payer; ce qu'on pense, ce qu'on fait se rapporte à des actes qui ne produisent que malheur. Après la mort, quand on est privé de son corps, on tombe dans la mauvaise direction, on renaît dans le Naraka.
3. Il faut savoir que quand on a commis adultère, on se trouve dans dix mauvais cas. Si tu demandes quels dix, (voici) :
On couche avec le mari (ou) la femme d'autrui ; on cherche les occasions (de mal faire) ; le mari et la femme se querellent ; le mari et la femme sont violentés (l'un par l'autre ou par des étrangers?) ; on fait naître toutes les lois du vice ; on décroît dans l'accomplissement des lois de la vertu ; on ne se protège même pas véritablement soi-même; on ne protège véritablement pas soi, sa femme et ses enfants; on est dans l'anxiété; on médite et on accomplit des actes qui font devenir ennemi de ses proches, de ses compagnons, des membres de sa famille. Après la mort, quand on est séparé du corps, on tombe dans la voie mauvaise et l'on renaît dans le Naraka.
4. Quand on a pratiqué le mensonge, on se trouve dans dix conditions mauvaises. Si tu demandes quelles sont ces dix, (voici) :
Les dieux ne transmigrent pas dans le corps (du menteur) ; les autres le trompent ; sa parole n'a aucune solidité; sa bouche sent mauvais ; il a beau dire la vérité, personne ne le croit; on dit de lui : menteur absolument indigne d'être questionné ; il a une renommée qui ne vient pas de vers composés à sa louange ; il est l'objet des mauvais discours de chacun ; il n'a en tète et n'accomplit que des actes dont on n'a à dire que du mal. Après la mort, quand il est privé de son corps, il tombe dans la voie mauvaise et il renaît * dans le Naraka.
5. Il faut savoir que les liqueurs enivrantes, quand on les boit, entraînent à leur suite trente-cinq négligences, sache-le bien. Quelles sont-elles?
Les richesses se dissipent avec la rapidité de Péclair ; les maladies se multiplient; on provoque des querelles et des luttes; ni honte ni rougeur ne vous retiennent plus ; on se fait une réputation désagréable ; la science élevée (qu'on avait) disparaît; le bonheur imparfait dont on jouit ne s'accroîj pas ; non seulement ce bonheur ne s'accroît pas ; mais ce qui avait été accu mule de bonheur s'épuise complètement et n'existe plus; on dit les secrets;
en fait d'actes, on se dérobe à ceux qui doivent être accomplis ; on est faible, amoindri, chétif; on a des racines de chagrin ; on n'est pas pris pour mère; on n'est pas pris pour père ; on ne sait pas être délivré ; on ne sait pas être brahmane ; on ne rend pas respect et hommage à ceux qui sont de bonne race; on ne rend pas respect au Buddha, on ne rend pas respect à la Loi ; on ne rend pas respect à la Confrérie ; on accorde ses hommages au compagnon qui fait le mal; on évite les compagnons de vertu et on les méprise; on ne connaît pas la honte ; on n'a point les scrupules de la pudeur ; on n'a point de vigilance à l'égard des charmes de la beauté ; on n'a point de vigilance à l'égard de la fornication ; on est odieux à beaucoup d'êtres ; on est blâmé par beaucoup d'êtres; on rejette ceux qui sont de grande famille ; on rejette ses' parents , ceux de la famille dont on est soi-même ; tout ce qui est contraire à la loi parfaite, on l'adopte; quant à la loi parfaite, on la rejette complètement. On est blâmé, par ses supérieurs (sk. guru, tib. bla-ma) qui disent: c'est un méchant, il n'est pas digne de louange ; on est pour longtemps privé du Nirvana; on n'a en tête que des actes qui conduisent à la folie, et on ne commet que des fautes de toute espèce. Après la mort, on tombe dans le Naraka et, bien qu'on soit privé de son corps, on va dans la mauvaise voie, qu'il faut éviter en ne se laissant entraîner par rien, soit ce qui est supérieur, soit ce qui est inférieur.