I. PRÉDICTION DE DIPANKARA (TIBETAIN
Dans cette traduction, aussi exacte qu'il m'a été possible de la faire, du texte purement tibétain, je restitue en sanskrit tous les noms propres, comme je l'ai fait généralement dans tous les extraits qui précèdent et comme je le ferai dans ceux qui suivent : c'est, on le voit, une règle fixo que j'ai adoptée. En vertu d'un autre principe généralement suivi dans la présente publication, je découpe le texte en paragraphes auxquels je donne des intitulés. Ces divisions ne sont pas dans le texte; mais il les indique lui-même, et elles rendent la lecture plus facile.
Voici la traduction :
— Mdo XV, 80 folios 307-322. —
En langue de l'Inde : Arya Dipankara nâma Mahâ- yâna sûtra. En langue de Bod : Hphags-pa Mar-nie mdzad-kyis lung-bstan-pa jes bya-va theg-pa chen-poi mdo. (En français :) Sublime sûtra de grand véhicule intitulé prédiction de Dipankara.
Adoration à tous les Buddhas et Bodhisattvas.
Voici le discours que j'ai entendu une fois. Bhagavat résidait à Çrâvastî, à Jetavana, dans le jardin d'Anâthapindada, avec une grande assemblée de Bhixus, de douze cent cinquante Bhixus.
En ce temps -là, Bhagavat, entouré complètement d'une assemblée de plusieurs centaines de mille (auditeurs) placés devant lui, enseignait la loi.
Puis Bhagavat dit à l'âyusmat Ananda : Ananda, par ce motif4, tu dois purifier complètement ton esprit au moyen de la distinction claire et précise des racines de vertu. Pourquoi cela ? diras-tu. C'est que, Ananda, j'ai rendu mes hommages, présenté mes respects à plusieurs centaines de milliers de Buddhas; et cependant les bienheux Buddhas ne m'ont pas prédit alors la Bodhi parfaite et sans supérieure. (Mais,) dans le temps où, ayant vu le Tathâgata Dipankara, je lui ait offert cinq fleurs d'Utpala, je l'ai fait afin de pouvoir, à la suite de cet acte, mettre mon plaisir dans la loi du non moi et
1 Ce début se présente comme la conclusion d'un discours. Cn a déjà pu remarquer que c'est le cas de beaucoup de Sûtra* tibétains (ou bouddhiques) ; ce sont, en réalité ou eu apparence, des extraits de textes plus étendus.
Ann. G. — B 39
obtenir la patience à l'égard de la loi de non-renaissance. Tu ne dois donc pas, Ananda, te contenter des racines de vertu (que tu as acquises). Pourquoi cela? diras-tu.