Dipankara devient Buddha
Ensuite, Ananda, en un clin d'œil, le jeune homme, le prince royal Dipankara se rendit dans un parc, il alla dans un lieu de ce parc (pour s'y retirer), puis il vit Bodhimanda (l'essence de laBodhi) montré par plusieurs centaines de mille de Buddhas. Ensuite, Ananda, ce Bôdhisattva, Dipankara, ayant vu Bodhimanda, fit écarter quelque peu toutes les troupes d'hommes et de femmes qui se trouvaient là, puis il s'approcha de Bodhimanda. Quand il eut considéré Bodhimanda, il en fit trois fois le tour et s'assit sur Bodhimanda, les jambes croisées.
Quand le Bôdhisattva Dîpankara y fut assis, incontinent, cette même nuit, à l'aube du jour, aux premières lueurs du soleil levant, il devint un parfait et accompli Buddha par la Bôdhi au-dessus de laquelle il n'y en a pas.
Ananda, aussitôt qu3 le Tathâgata Dîpankara fut devenu un Buddha parfait, accompli, doué de la Bôdhi au-dessus de laquelle il n'y en a pas, il jaillit de son corps, à ce moment -là, une clarté telle que toutes les régions du monde pénétrées par cette lueur en furent tout illuminées.
Alors, à ce moment-là, le roi des dieux, Çatakratu, disparut de sa demeure et se rendit au lieu où était le Tathâgata, Arhat, bieuheureux, parfait et accompli Buddha Dîpankara1. Quand il y fut arrivé, il adora avec la tête les pieds de Bhagavat, et, après lui avoir fait des offrandes, il lui adressa la parole en ces termes : Oh ! hélas ! le Tathâgata Dîpankara est apparu dans le monde; sa clarté a pénétré de telle façon qu'elle a fait resplendir toutes les régions du monde! Le Tathâgata Dîpankara est enfin assis après cinquante années sur ce Bodhimanda, et pas un seul être animé ne vient le voir, le saluer de la main, lui présenter ses hommages ! Pourquoi cela ? C'est que les hommes de la cour et du palais du roi Dvîpavat, à cause du bien-être (dans lequel ih vivent) ne vont pas le voir, le saluer de la main, lui rendre leurs hommages.
Ensuite, Ananda, le Tathâgata Dîpankara fit en lui-même cette réflexion : Les hommes de l'entourage et du palais du roi Dvîpavat, à cause du bien être (daos lequel ils vivent) sont, au plus haut degré, insouciants. N'est-ce pas à moi de faire qu'ils aient un peu de cœur ? Telle fut sa réflexion.
Alors le Tathâgata, Arhat, parfait et accompli Buddha Dîpankara fit en ce moment une manifestation de la puissance surnaturelle combinée de la manière suivante. Cette manifestation de la puissance surnaturelle était de telle sorte que, au milieu des gens de l'entourage et du palais du roi Dvîpavat, une grande ville faite d3 lapis-lazuli, charmante à voir, apparut, habitée par une foule de créatures et d'hommes. Et ces hommes étaient encore plus beaux (que la ville), encore plus charmants à voir, ornés de tousle3 ornements possibles. Telle fut l'apparition .
* C'est Indra qui vient décider Dîpankara à convertir le monde ; on sait que ce fut Brahma qui accomplit cette tâche auprès de Çâkyamuni. (V. ci-dessus, p. 14-15).
Le bienheureux Tathâgagata, Arhat, parfait et accompli Buddha Dîpankara fit encore cette réflexion : Les hommes de l'entourage et du palais du roi Dvîpavat sont au plus haut degré insouciants. N'est-ce pas à moi de faire qu'ils aient un peu de chagrin ?
Alors le Tathâgata, Arhat, parfait et accompli Buddha Dîpankara fit une manifestation de la puissance surnaturelle combinée de la manière suivante : Cet arrangement de manifestation de la puissance surnaturelle fut de telle sorte que, dans cette grande ville faite de lapis-lazuli, il créa et bénit (ou doua de leurs propriétés) les flammes d'un grand feu. Et, incontinent, par l'effet de cette bénédiction, le feu se mit à briller. Alors, à ce moment-là, ces êtres et cette grande ville disparurent complètement, cessèrent d'exister, furent anéantis ; oui, ces êtres mêmes, pour n'avoir pas vu la règle, furent dans la douleur.
Ensuite, Ananda, les gens de l'entourage et du palais du roi iîvîpavat, ayant vu la destruction de cette grande ville faite de lapis lazuli, furent en grande frayeur et affliction, au joint que leurs cheveux se dressèrent sur leurs têtes. Ils firent donc en eux-mêmes la réflexion suivante : Pourquoi cette ville a-t-elle disparu, a-t-elle cessé d'exister, a-t-elle été anéantie ? Il n'a pas fallu beaucoup de temps pour produire cet effet. Nous aussi, nous sommes dans ces conditions d'impermanence ; quel est donc le sort qui nous attend? Telle fut leur réflexion.
Ensuite, le Tathâgat, Arhat, parfait et accompli Buddha Dîpankara pensa en lui-même : Ces gens de l'entourage et du palais du roi Dvîpavat sont complètement mûris ; ils sont capables de comprendre la loi que je leur enseignerai, d'obtenir un sort heureux: ils sont devenus forts.
Cette réflexion faite, le Tathâgata Dîpankara, ayant bien compris la pensée de ces hommes, selon les inspirations de sa mémoire et de sa science, se leva de dessus Bodhimanda, et, accompagné de Çatakratu, le roi des dieux, qui le suivait (sous la forme d')un ascète, il se rendit au lieu où était le palais du roi Dvîpavat.
Ananda, le Tathâgata Dîpankara ne fut pas plus tôt arrivé qu'alors, en ce temps-là, à la première leçon sur la loi faite par Dîpankara, vingt mille êtres vivants furent initiés ; tous ceux-là eurent l'esprit complètement délivré des souillures (du vice), de manière à n'en plus être jamais repris. A la deuxième
leçon sur la loi, trente mille êtres vivants furent initiés : tous ceux-là aussi eurent l'esprit complètement délivré des souillures (du vice), de manière à n'en plus être jamais repris. A la troisième leçon sur la loi, quarante mille êtres vivants furent initiés; tous ceux-là aussi eurent, pour toutes les lois, l'œil de la loi parfaitement pur, sans poussière et sans tache. A la quatrième leçon sur la loi, cinquante mille êtres furent initiés; tous ceux-là eurent l'esprit complètement affranchi des souillures du vice de manière à ne plus les contracter de nouveau.
Après cela, Ananda, le Tathâgata, Arhat, parfait et accompli Buddha, complètement entouré d'une nombreuse confrérie de Bhixus, enseigna la loi se tenant en face d'eux.