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Megha. Sa supériorité intellectuelle et morale

En ce temps-là, sur l'Himavat1, roi des montagnes, résidait un Brahmane appelé Ratna* ; il enseignait à cinq cents iils de Brahmanes tous les Castras, Vedas et Mantras. Or, parmi ces cinq cents enfants brahmanes, il y avait un petit brahmane appelé Megha3. C'était un jeune garçon, un jeune homme, !

bien fait, beau, agréable à voir ; il avait des couleurs, bonnes, étendues, j

excellentes. Il s'appliquait aux Mantras et à l'étude; il était versé dans tous J

les Castras, Vedas, Mantras, rites et connaissances de toute espèce.

Ensuite, Ananda, le fils de Brahmane Megha adora avec la tête les pieds de son maître et lui tint ce discours : 0 maître, je veux visiter les villes, la capitale, les régions, tout le pays, le palais du roi. Le maître répondit : Fils de Brahmane, notre loi à nous Brahmanes est celle-ci : Quiconque apprend tous les Castras, tous les Vedas et Mantras, est astreint à donner au maître cinq cents objets, une paire de vêtements de coton, un bâton, une gourde. Le fils de Brahmane Megha répondit: Excepté la peau (qui me couvre), mon bâton, ma gourde, je n'ai absolument rien; je pars donc I Après qu'il eut trois fois réitéré sa demande, le maître répondit : Agis selon (ton desse i).

Alors le fils de Brahmane Megha descendit de l'Himavat, roi des montagnes, et, allant de lieu en lieu, visita les cités, les grandes villes, les régions, le pays tout entier et le palais du roi.

En ce temps-là, dans la grande ville de Suparaga4, demeurait un Brahmane du nom Viçâkhabhadra 5. Il avait une fille appelée Sugrahavatî 6, bien faite, belle, agréable à voir, et dont les couleurs étaient bonnes1, étendues, excellentes. Aussi recevait-il chaque jour à sa table quarante mille Brahmanes se disant : Celui qui, parmi ceux-là, est le plus noble de tous, est

* Tib. Gang$~ri, « montagne do neige. »

* Tib. Rin-po-che, « joyau. »

8 Tib. Sprin « nuage. »

4 Tib. y de var pha rol-tu hgro va,

5 Tib. Sa-gabtang po.

6 Tib. Bzang*len»\dant

rhomme à qui je donnerai ma fille. — Un fils de dieu indiqua au fils de Brahmane Megha le chemin de la grande ville de Suparaga.

Ensuite le fils de Brahmane Megha arriva au lieu où l'on faisait des offrandes *. Le fils de Brahmane Megha ne fut pas plus tôt arrivé au lieu où l'on faisait des offrandes que la jeune fille dit à sou père et à sa mère: Père, à en juger par les signes de ce fils de Brahmane, il sera mon mari.

Puis le fils de Brahmane Megha se mit à parler sur toutes sortes de sujets avec les Brahmanes présents ; ensuite de quoi le fils de Brahmane Megha s'éleva au-dessus de tous par l'enseignement qu'il donna et par ses Mantras.

En ce temps-là, un Brahmane appelé Khandadatta 2 se trouvait dans le lieu où se faisaient les offrandes. Il était vieux; assis sur un banc, il présentait les offrandes.

Ensuite le fils de Brahmane Megha, étant arrivé au lieu où était le Brahmane Khandadatta, se mit à parler avec le Brahmane Khandadatta sur les Védas et les Mantras; et, dans cet entretien, Megha se distingua au plus haut degré par (sa science dans) les Vedas, les Mantras et les Castras.

Ensuite, le fils de Brahmane Megha dit au Brahmane Kandadatta: 0 Brahmane, c'est une loi pour nous autres Brahmanes* que quiconque comprend et reçoit pleinement en lui les Castras soit assis sur le meilleur tapis. Puis, le fils de Brahmane Megha dit au Brahmane Khandadatta: Grand Brahmane, lève-toi de dessus ce tapis! C'est à moi de m'y mettre. — Alors le Brahmane Khandadatta répondit : Fils de Brahmane, je ne me lèverai pas de dessus ce tapis; mais j'ai reçu cinq cents objets, je te les donne. — Je n'en ai pas besoin, répondit Megha ; et, Khandadatta ne se levant pas de dessus son tapis, il le prit par le cou et le fit lever.

Alors le Brahmane Khandadatta dit au fils de Brahmane Megha : Fils de Brahmane, tu m'as fait lever de ce siège et tu as pris le rang le plus élevé. Et moi, dans toutes tes naissances, partout où tu renaîtras, de période en période, il faudra que je fasse obstacle au don. — Tel fut le serment qu'il fit. Puis, Megha, le fils de Brahmane s'assit sur le trône»

1 C'est-à*dire au lieu où le brahmane tenait table ouverte pour une multitude de convives.

2 Tib. Dwn>bu-byiny « qui donne des morceaux. »

ànn. G. — B 40

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