‹ Fragments, extraits du KandjourChapitre 161 sur 295 · Sumedha se fait ermite · texte numérisé non relu

Sumedha se fait ermite

C'est ainsi que le savant Sumedha, réfléchissant, jar ces diverses comparaisons, sur Futilité des mérites religieux, fit aux nécessiteux, comme on Ta dit plus haut, une grande distribution de l'amas de richesses qu'il avait dans sa demeure. Renonçant à l'amour de la richesse et à tous les désirs produits par la corruption morale, il sortit de la ville d'Abhayavatî et se retira seul dans PHimavat, au mont appelé Mont de la loi (Dharmaka). I^à, il trouva

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un asile, s'y arrangea une hutte de feuillage et une promenade ; et quoiqu'il n'eût pas renoncé aux cinq fautes, qu'il ne les eût pas rejetées, il dit: de cette façon j'ai mis mon esprit dans le calme au moyen de la science surnaturelle (Abhijnâ) qui possède les huit actes (exécutés) précédemment; il reçut la force (morale)1. Puis, après avoir, dans cette résidence, rejeté le vêtement aux neuf fautes et avoir revêtu le vêtement fait de morceaux d'écorce qui renferme douze qualités, il se fit initier par l'initiation des Rsis. Une fois initié de la sorte, il abandonna la demeure de feuillage qui a huit défauts pour adopter l'habitation au pied d'un arbre, qui renferme dix qualités. Renonçant alors à tout luxe, il adopta les fruits des arbres comme la meilleure nourriture et se livra à la mortification qui consiste à se mouvoir sur place. Dans l'espace de sept jours, il entra dans les huit égalités d'esprit * et acquit les cinq connaissances supérieures (Abhijnâ). C'est ainsi qu'il approcha du but et atteignit la force de la science supérieure. — De la vient qu'on a dit :

Je fis la réflexion suivante :

J'ai des biens pour plusieurs milliards,

je n'ai qu'à les distribuer à ceux qui ont des protecteurs

et à ceux qui n'en ont pas

pour me rendre ensuite à l'Himavat.

Non loin de l'Himavat, au mont appelé Mont de la loi (Dharmaka), je trouvai un excellent abri, je me construisis fort bien une hutte de feuillage ;

Là, je fis ma promenade en renonçant aux cinq fautes 3, et je saisis la forcé de la science supérieure qui possède huit qualités.

Là, j'abandonnai la condition (ou l'habit), qui est soumise à neuf fautes ; Je revêtis l'habit de morceaux d'écorce, qui renferme douze qualités ;

1 Celte phnse est bizarre et tourmentée; la version tibétaine, 1res obscure, n'est p^s en parfait accord avec le texte pâli; il semble qu'il y ait quelques omissions de mots; on verra d'ailleurs que l'assertion rela'ive aux cinq fautes est con'redi'e dans les vers.

* Il obtint les huit Samàpaltis.

' 3 C'est le contraire de ce qui a été dit clins la prose; mais la prose doit être fautive. (V. note 1.)

j'abandonnai la hutte de feuillage, où il y a huit fautes ; je vins résider a pied d'un arbre, résidence où il y a dix qualités.

Tous les grains obtenus par le labourage et la culture, j'en ûs un abandon complet et absolu ;

je mangeai le fruit des arbres comme la meilleure des nourritures, la première, celle dont les avantages sont inépuisables. Ainsi j*obtin8 dans l'espace de sept jours la force de la science supérieure '.

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