IV. Prédiction sur bràhmaçri
— Mdo XV ii«, folio* 321- 1 -
En langue de l'Inde : Arya-Brahmaçri-Vyâkarana-ndma-Mahâyâna - Sûtra. — En langue de Bod : Hphags-pa Tsangs-pa-i dpal lung-bstan-pa- 'jes-bya-va-tMg-pa chen-pô-i M'io\ En français : sublime Sûtra de Grand Véhicule (Mahâyâna), intitulé « Prédication surBrahmaçrî ».
Adoration à tous les Buddhas et Bodhisattvas. — Voici le discours que j'ai entendu une fois: Bhagavat résidait à Çrâvasti, à Jêtavana, dans le jardin d'Anâthapindada, en compagnie d'une nombreuse assemblée de Bhixus.
Or donc, un matin, Bhagavat ayant demandé sa tunique et son manteau de religieux, s'étant muni de son vase à aumônes, partit pour mendier dans la ville de Çrâvasti. En ce même temps, à l'autre extrémité de la ville de
Çràvastî, il y avait une nombreuse troupe d'enfants installée à jouer avec des maisons en terre, des jardins en terre, des maisons à étages en terre. Ces enfants virent à une grande distance Bhagavat qui arrivait, et, en le voyant, ils n'en furent que plus réjouis ; ils se réjouirent vivement, et, le cœur content, ils s'installèrent à jouer gaiement.
Ensuite, Bhagavat, par affection pour ces enfants, se dirigea du côté où ces enfants étaient installés jouant. Alors, du milieu de cette troupe d'enfants, le jeune garçon appelé Brahmaçrî, ayant adoré avec la tête les pieds de Bhagavat, se tint en présence de Bhagavat ; puis Bhagavat, en savant qu'il était, adressa cette parole à ces enfants: « Enfants, que faites vous ici? » Telle fut sa question ; et ces enfants firent à Bhagavat cette réponse : Bhagavat, nous sommes ici à jouer avec des maisons en terre, des jardins en terre, des maisons à étages en terre.
Puis le jeune Brahmaçrî adressa cette demande à Bhagavat : Je demande avec prière que Bhagavat, par affection pour nous, reçoive cette maison à étages faite de terre. — Et Bhagavat, étant entré dans la pensée élevée et dans les sentiments joyeux du jeune Brahmaçrî, prit par affection cette maison de terre à étages.
Alors, par la puissance du Buddha, en un instant, en un clin d'œil, cette maison à étages en terre devint une maison à étages munie des sept (espèces de) pierres précieuses, et se tint (fixe) en présence de Bhagavat. Sur la façade du côté du midi, il y avait 84.000 colonnes de lapis lazuli, sur la façade du côté du nord, il y avait 84.000 colonnes de cristal.
Alors, en ce temps-là, le jeune Brahmaçrî, voyant le prestige de ces transformations, se réjouit plus vivement, très vivement; une joie éminemment grande se développa en lui. — Puis le jeune Brahmaçrî adressa cette demande en vers (gâthâ) à Bhagavat :
Oh! le protecteur du monde a fait apparaître une transformation vaste et grande ; et c'est par affection pour moi-même que le Buddha a fait apparaître cette transformation !
Cette maison en terre que j'ai ofFerte au grand Çramana est devenue une maison garnie de pierres précieuses : 0 pénétration de l'esprit du Buddha!
O nature (admirable) de sa province; La province du Bu cl d lia est sans supérieure ; l'œil est sans œil, il est impuissant pour (la voir) ; une intelligence médiocre ne peut la comprendre.
Je fais un vœu (formel) pour que, en atteignant ce champ où Ton marche droit des deux pieds, en obtenant le calme parfait et précieux, j'arrive à la Bôdhi.
Je souhaite, conduit par toi , d'être instruit dans les qualités ; ayant atteint la BOdhi sans supérieure, je ferai des transformations comme celle-ci.
Alors Bhagavat ayant en ce moment-là fait le sourire, des rayons de toutes sortes de couleur sortirent de la bouche de Bhagavat. Il en sortit des bleus, des jaunes, des rouges, des blancs, des rayons cramoisis, des rayons couleur de cristal, des rayons couleur d'argent. — Ces rayons, étant apparus, jaillirent jusque dans le milieu du monde de Brahma, puis étant revenus, tournèrent trois fois autour de Bhagavat, et allèrent s'éteindre dans le sommet de la tête de Bhagavat *.
Puis l'âyusmat Ananda adressa cette demande en vers (gâthâ) à Bhagavat :
Les Jinas, les guides excellents, les seigneurs des créatures, ne font pas voir le sourire sans raison. O toi qui es miséricordieux, explique ici maintenant, pour la guérison du monde, par quel motif tu as fait voir le sourire.
Telle fut sa demande; et Bhagavat parla ainsi à l'âyushmat Ananda. — « Ananda, as-tu vu ce jeune Brahmaçrî? » — « Bhagavat, je l'ai vu », répondit Ananda. Bhagavat reprit: « Ananda, ce jeune garçon, à cause de ces racines de vertu qu'il a en lui, et du désir de son cœur, sera exempt pendant 3.200 kalpas, d'entrer jamais dans l'enfer; il obtiendra la Bôdhi,
1 Contrairement à l'usage, le rire du Buddha est rapporté ici, en abrégé, par une simple phrase. Le développement que nous avons donné ci-dessus (p. 300-1) et qui, d'ordinaire, est reproduit intégralement, chaque fois qu'il est question du rire du Buddha, est supprimé : ce qu'il est permis déconsidérer comme une exception.
et sera un Tathagàta, un Arhat, un Buddha parfaitement accompli, nommé Lokâbhyadhika. » Telle fut l'explication. PuisBhagavat prononça ces Gâthâs (stances) :
Celui qui croit en Buddha acquiert des mérites religieux qui ne sont pas petits. 11 en est de même de celui qui écoute la loi excellente, et qui témoigne du respect à la confrérie.
Pour celui qui croit en Buddha, il n'est pas difficile d'obtenir la Brtdhi ; aussi quiconque aspire à la Bûdhi doit ici faire des offrandes au guide du monde.
Ananda, cet enfant, qui est le meilleur des bipèdes, sera le fortuné Abhyadhika (supérieur au monde), et sous ce nom sera le guide du monde.
Ainsi le Buddha est incompréhensible ; il en est de mémo de la loi du Buddha,
celui qui croit à l'incompréhensible, devient incompréhensible comme lui, après être arrivé à maturité.
Tel fut le discours do Bhagavat. — L'Ayusmat Ananda et le jeune Brahmaçri se réjouirent de renseigneront de Bhagavat et le louèrent hautement. — Fin du Sûtra de grand véhicule intitulé : Prédiction sur Brahniacri.