V. Prédiction sur Xkmavati
Mdo XV *• ; folios 303-7.
En langue de l'Inde (sanskrit) : Art/a XJinacatl Vyàkarana nâma, Mahdydna Sûtra. — En langue de Bod : (tibétain) : Hphags-pa bde-ldanmalung-bstan-pajrs bya va thèg-pa chen-poi îAdô . — En français: Sublime .sûtra de Grand Véhicule intitulé: « Prédiction surXêmavatî. »
Adoration à tous les Buddhas et Bôdhisattvas. — Voici le discours que j'ai entendu une fois; — Bhagavat résidait à Ràjagrha, sur le Grdhrakûtaparvataavec une grande assemblée de Bhixus, comptant vingt mille Bhixus, et Maitrèya et Manjuerî, et bsaucoup d'autres Bôdhisattvas Mahâsattvas en très grand nombre»
Ensuite, au temps du matin, Bhagavat, ayant demandé son vêtement de religieux et sa tunique, ayant pris dans sa main son vase à aumônes, se rendit dans la grande ville de Râjagrha pour mendier. — Puis Bhagavat, allant de lieu en lieu, arriva à l'endroit où était le palais du roi Bimbisâra. Alors Thonorable (épouse) du roi Bimbisâra, appelée Xêmavatî, étant assise sur la terrasse de la bonne et excellente demeure, aperçut de très loin Bhagavat qui arrivait. A cette vue, elle éprouva une grande joie dans son esprit, et, étant descendue de la terrasse du palais, elle installa un siège bien préparé pour Bhagavat et le Bôdhisattva Mahâsattva Maitrèya. Ensuite, Bhagavat et le Bôdhisattva Mahâsattva Maitrèya s'assirent sur les sièges préparés pour eux. Puis la respectable (épouse) du roi, Xêmavatî, le corps paré de tous ses ornements, adora avec la tète les pieds de Bhagavat et du Bôdhisattva Mahâsattva Maitrèya, et s'assit avec vénération et avec respect en présence de Bhagavat pour entendre la loi.
Alors Bhagavat, tournant ses regards vers l'honorable (épouse) du roi, Xêmavatî, revêtue de tous ses ornements extérieurs, parla ainsi selon sa science, et pour le bien de tous les êtres à Xêmavatî, l'honorable (épouse) du roi : « Xêmavatî, quels sont les fruits que tu portes sur ta personne ? quel est le nom de cet arbre qui s'étale sur toir avec tant de magnificence, cb majesté et d'éclat * ? . .
Telle fut la parole de Bhagavat. Xêmavatî (l'épouse) honorable du roi, répondit par ces stances (Gâthâs) :
Quels fruits as-tu reçus?
Quel est le nom de cet arbre?
Voilà ce qu'a dit, selon la science, le grand héros, l'homme excellent.
Cet arbre est né des mérites religieux que j*ai produits autrefois; voilà ce que je réponds. Je jouis de (la vue de) celui qui est le guide (suprême ou par excellence); voilà quels en sont les fruits.
Cet enseignement de l'arbre verdoyant s'applique aussi aux auditeurs du Buddha;
* Celte phrase introduit d'une man'ère assez embarrassée et quelque peu obscure l'allégorie, qui règne dans tout ce sù!ra et lui donne, du reste, un earac.'ére assez original de l'arbre figurant la doctrine du Buddha, arbre qu'il a fallu planter, arroser, cultiver, et qui porte des fleurs et des fruits.
ceux qui désirent la science du Buddha séjournent là (sous cet arbre) en vue de la Bôdhi.
Quand existe l'eau du don et de la moralité, cet arbre verdoyant est soigneusement entretenu, et, s'il est arrosé avec attention, il en provient de bons fruits.
À force de patience et d'application persévérante, j'ai bien entretenu l'arbre verdoyant :
comme je l'ai arrosé avec soin, il produira des fruits sans tache.
Gomme il est doux de voir cet arbre ! le dhtana et la science sont les fleurs larges que j'ai cueillies, et voilà les fruits que je goûte1.
Gomme des arbres appuyés à la montagne et dont les branches, formant berceau, s'étendent horizontalement de manière à faire un toit, et, après s'être développées, ne peuvent être ébranlées ;
Ainsi en est-il de ce grand et excellent arbre verdoyant, à savoir la loi du Buddha; quand on la désire, elle est d'abord bien enseignée pour la prospérité de tous les êtres.
J'ai cueilli sur cet arbre verdoyant les mérites religieux, et quoiqu'il y ait encore d'autres fruits, c'est de celui-ci que je jouis ; et combien de fleurs cet arbre ne porte-t-il pas !
La Bôdhi en est le fruit le plus excellent ; la Bôdhi d'un Buddha n'a rien qui soit au-dessus d'elle; . puissé-je l'obtenir un jour, quand j'aurai quitté cette condition inférieure (la condition) de femme * !
Je renaîtrai un jour en personne comme le meilleur et le plus excellent des êtres,
* Nous voyons ici l'acquisition des perfections ou paratnitas réalisées par Xêmavali comme par Sumedha; seulement rénumération n'est pas la même. Nous n'avons ici que six paramitas et les ternies ne correspondent pas tout à fait à ceux que Ton a vus dans le récit de Sumedha. La présente énumératiou est conforme à celle que Csoma a donnée dans son analyse du Kandjour (section Cher-Chin).
2 Pour être Buddha, il faiit l'humanité ou la condition d'hemme, et la virilité ou la masculinité. La transmigration donne un moyen facile d'arriver à réaliser ces deux conditions, lorsque, à force d'acquérir des mérites religieux, on en est devenu digne.