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arrivé à la perfection de toutes les lois sachant tout, voyant tout.
Ayant vu de près les souffrances de tous, je sauverai tous les êtres, et par suite de ma compassion pour les mondes, ils prendront leur refuge en moi.
C'est ainsi qu'elle parla, et Bhagavat répondit à Xèinavatî, l'épouse honorée du roi : « Xèmavatî, si tu es entrée (dans cette voie) pour l'utilité d'un grand nombre de créatures, pour le bien d'un grand nombre de créatures, par compassion envers le monde, pour l'avantage des troupes de la grande assemblée des êtres, pour l'utilité et le bien des dieux et des hommes, c'est bien ! c'est bien !
Tel fut son discours, et Xèmavati, l'honorable épouse du roi, parla ahui : « Bhagavat, les trente deux signes du grand homme (qui sont) sur le corps de Bhagavat, les quatre-vingts belles proportions (ou signes secondaires), les dix forces du Tathâgata, ses quatre intrépidités, les quatre sciences distinctes et pures, les dix- huit lois sans mélange du Buddha, son grand amour, sa grande compassion, sa grande joie, sa grande égalité d'esprit, de quoi toutes ces choses sont-elles formées ? et même ces autres lois du Buddha, incom mensurables, incompréhensibles, infinies, inexprimables, qui dépassent tout calcul, de quoi sont-elles composées ? » Telle fut sa demande, et Bhagavat répondit ainsi en vers (Gâthâ) à l'honorable épouse du roi :
C'est en aspirant à la science du Buddha que, pour le salut de tous les êtres,
j'ai, de cette façon, fait naître antérieurement en moi-même le bien et cet arbre verdoyant.
J'ai accumulé le don, la moralité, la patience, et aussi Y application et la méditation (Dhyâna). Ce (n') est (qu') après un long espace de temps que Ton possède bien la méditation (Dhyâna) et la science.
Les êtres manquent d'égalité d'esprit, ils ne savent pas penser et approfondir sérieusement. Quand l'esprit est devenu constamment calme, alors on est arrivé à l'état de Buddha.
Mon esprit, par l'effet du calme, en est venu à considérer comme égaux le plaisir et le déplaisir, l'amitié et l'inimitié ; ainsi est né pour moi l'arbre des mérites religieux.
Voilà comment existe ce grand arbre verdoyant devenu une multitude de qualités :
c'est par le cercle (de la transmigration) que j'ai obtenu ces changements, que je suis arrivé à la qualité d'Indra.
et à celle du grand Içavara (Ci va), que j'ai même obtenu celle de Brahma.
La loi du Buddha est impénétrable à l'esprit, et j'ai compris les lois et les principes (du Buddha).
Alcfrs l'honorable (épouse) du roi, Xêmavatî, ayant entendu (exposer) les qualités de Bhagavat, loua ouvertement les qualités de Bhagavat, et s'étant réjouie, elle adressa ces stances (Gàthîi) à Bhagavat :
De même que l'homme bon et excellent, océan infini de qualités, a appris auparavant la (bonne) pratique, de même, moi aussi, je l'ai apprise postérieurement.
Tu es arrivé au terme des qualités, et moi, je me suis instruite dans les qualités ; j'ai appris dans le monde la souffrance, je deviendrai donc semblable à toi.
Si dans d'autres existences, j'ai donné (tout ce que j'avais) sans rien garder, c'est pour obtenir la science sans égale que j'ai accompli avec bénédiction toutes ces choses.
Si j'ai gardé la patience, l'application, la méditation (le Dhyâna), la science, la vertu,
c'est pour (pouvoir comprendre) le sens de la loi du Buddha que j'ai accompli avec bénédiction toutes ces choses.
Si j'ai exécuté des actes de vertu par le corps, la parole et la pensée, c'est en vue des qualités de la science du Buddha, à cause de la BOdhi que j'ai accompli avec bénédiction toutes ces choses.
Après avoir abandonné ce corps de femme, puissé-je devenir un homme excellent!
ayant ainsi obtenu le corps d'un homme, puissé-je devenir le meilleur des gens de bien !
Ainsi changé, je tournerai la roue sans supérieure d'un Sugata; je délivrerai dix millions d'êtres, enfermés dans la prison du cercle de la transmigration.
Ensuite, Bhagavat donna l'encouragement « c'est bien » ! à Xêmavatî, l'honorable (épouse) du roi, par cette stance (Oâthâ) :
Cette parole (que tu as) exprimée est bonne ; ton esprit a été bien béni ; tu as bien surmonté le démon ; tu deviendras un Buddha parfait.
Ensuite Xêmavatî, (l'honorable épouse) du roi, joyeuse, heureuse et contente, satisfaite et le cœur à l'aise, réjouit Bhagavat et Maitrêya par toutes sortes de mets et de breuvages ; puis Bhagavat, après avoir nettoyé son vase de ses propres mains, adressa à Xêmavatî, (l'honorable épouse) du roi, un discours étendu et parfait sur la loi. Il plaça (donc cet enseighement) dans (le cœur d')une personne qui le retenait fort bien, loua la perfection avec laquelle elle le gardait, et la réjouit vivement par cette prédiction :
Toi, Xêmavatî, dans un grand nombre de Kalpas du temps à venir, tu seras le Tathâgata, Àrhat, Buddha parfaitement accompli , instruisant les dieux et les hommes, le bienheureux Buddha, Gunaratnaçrî1. Par toi aussi, le champ de Buddha deviendra éminemment et parfaitement pur : la résidence des Bodhisattvas sera parfaitement et excellemment pure, conforme aux désirs du cœur, allant au cœur, affranchie des douleurs (partage) de ceux qui tombent dans la mauvaise voie, dans le mauvais chemin des pervertis. Telle sera ta province de Buddha. »
Par cette explication suivie de la loi, plusieurs millions d'Upâsakas
* Le nom tibétain est yon-tan-rin-po-c?ie-dpal. La correspondance des termes sanskrits par lesquels je le remplace est certaine ; il est difficile de croire que d'autres mots sanskrits puissent être substitués à ceux-ci. — Le sens est « félicité ou gloire du joyau des qualités ».
tournèrent leur esprit vers la Bôdhi parfaite et sans supérieure, beaucoup de millions d'êtres vivants, de créatures divines et humaines, obtinrent la lumière de la loi.
Quand Bhagavat eut prononcé ce discours, Xêmavatî, l'honorable (épouse) du roi, et ces assemblées (diverses), le monde avec les dieux, les hommes, les Asuras, les Gandharvas, se réjouirent, et louèrent ouvertement l'exposé fait par Bhagavat.
Fin du Sùtra de Mahâyâna intitulé : Prédiction sur Xêmavatî.