‹ Fragments, extraits du KandjourChapitre 174 sur 295 · L'Offrande · texte numérisé non relu

L'Offrande

La scène est à Çrâvastî. En ce temps-là, un brahmane qui demeurait à Çrâvastî prit une femme... (naissance d'un fils, imposition de norn, éducation.)...

Quand ce (fils) fut devenu grand, il apprit l'écriture,, le genre de vie des Brahmanes, les bonnes manières, la formule Om, la formule Bho, la pureté religieuse, les rites, la prise des cendres, l'art de prendre le vase (?), la science de la parole vraie, la science de l'offrande, la science des paroles agréables, la science du gouvernement, les offrandes à présenter, l'attitude convenable pour faire l'offrande, le don, l'acceptation, les cas où il faut prononcer à haute voix, les moyens de se mettre à l'étude de la prononciation à haute voix, en sorte qu'il devint un Brahmane habile dans les six espèces d'actes. A la fin, il devint accompli dans les dix-huit parties de la science, apprit à fond tous les Castras et analysa soigneusement les textes sans rien laisser passer 2.

Un jour, son père et sa mère moururent. Il fit alors cette réflexion: je n'ai ni perfection extérieure, ni renommée, ni ami; à quelle élévation puis-je aspirer ?

4 Tous les récils se terminent par ce vœu, et rémunération des cjualitications qui précédent se trouvé reproduite dans les mêmes termes dans la plupart d'entre eux. Aussi nous dispenserons-nous de répéter ces phrases stéréotypées»

2 Ce paragraphe contient une énumération très intéressante, dont plusieurs termes sont fort connus, mais dont Quelques-uns le sont fort peu, ou sont obscurs et réclament l'explication d'un commentaire.

ànn. G. — B 49

Autrefois, de temps en temps, son père avait fait des offrandes. Les brah mânes lui dirent : Enfant, puisque ton père faisait une offrande de temps en temps, agis suivant les habitudes de ton père. — L'enfant (se) dit: je n'ai ni perfection extérieure, ni renommée, ni amis. A quoi bon donner pour distribuer des offrandes à ceux-ci ?

Depuis qu'il les avait entendus (parler ainsi), il cessa de se plaire avec eux, et eux désormais ne se conduisirent pas de manière à le convertir à eux. Ne se plaisant donc plus avec eux, il dit : Qu'ai-je besoin d'être avec des gens de cette sorte ?

Cependant Bhagavat fit la réflexion suivante: Ce fils de brahmane aura une pensée qui ne se détournera plus de la Bôdhi parfaite au-dessus de laquelle il n'y a rien. Cette réflexion faite, Bhagavat disparut de Jetavana; le sol trembla dans la maison du fils de Brahmane, il monta sur le toit. Bhagavat fit luire une grande clarté en sorte que la maison brilla dans toutes ses parties comme si elle avait la couleur de l'or fondu.

Ce fils de brahmane n'eut pas plus tôt vu ce phénomène qu'il eut une grande foi en Bhagavat. Ayant donc foi en lui, il prépara un siège pour Bhagavat et lui parla ainsi : Bhagavat, je te prie de te placer sur ce siège préparé (pour toi). Bhagavat s'assit donc sur ce siège préparé. Une fois assis, Bhagavat enseigna à ce fils de brahmane la loi dans ses rapports avec le don, de telle sorte que le désir de donner naquit chez ce fils de brahmane. Sous l'empire de ce désir de donner, il parla ainsi à Bhagavat: Vénérable, je suis tout prêt à faire des dons et à m'acquérir des mérites; mais je n'ai pas, pour cela, des richesses suffisantes. — Alors Bhagavat lui fit voir un trésor caché.

Lo fils de brahmane ne l'eut pas plus tôt vu qu'il eut encore plus de foi en Bhagavat. Sous l'impulsion de cette foi, il fit l'anjali aux pieds de Bhagavat et dit : Je veux fournir pendant trois mois à Bhagavataccompagnéde sa confrérie de Bhixus, vêtements, mets, lits, sièges, remèdes, médicaments; je prie Bhagavat d'acquiescer. — Bhagavat acquiesça par son silence à la demande du fils de brahmane.

Comprenant que Bhagavat avait acquiescé par son silence, le fils de brahmane fit les préparatifs de son offrande à Çrâvastî et dans l'enceinte de Jetavana ; puis il fit proclamer à son de cloche : Je vais faire une offrande en toute»

sortes de façons merveilleuses ; que ceux qui ont du goût pour la manifestation et les qualités de cette offrande soient avertis et viennent en profiter..

Les brahmanes dirent : Nous avons ce brahmane en horreur ; nous ne profiterons pas de son offrande. — Le fils de brahmane dit à son tour : Si vous ne voulez pas en profiter, j'offrirai au Çramana Gautama et à son entourage tous les biens calculés et mesurés à cause de vous; il faut pratiquer le brahmacarya (célibat et chasteté) selon son enseignement. — Les brahmanes se dirent alors : Si ce brahmane fait comme il a dit (et il est très possible qu'il agisse dans ce sens), nous serons misérablement battus. — Cette réflexion faite, ils revinrent sur la résolution prise à son égard, se rendirent au lieu de l'offrande et en profitèrent.

Alors ce fils de brahmane offrit pendant trois mois des mets et des breuvages purs et excellents, d'origine merveilleuse ; il offrit à tous toutes sortes de présents. Le dernier jour, il rassasia le Buddha et la Confrérie des Bhixus des mets à cent saveurs et offrit à Bhagavat un vêtement valant cent mille (pièces de monnaie); à chacun des autres Bhixus, il donna un vêtement de coton.

Ensuite, voyant le corps de Bhagavat orné de signes semblables à la couleur de l'or, il fit un vœu (pranidhâna) Tu seras le bienheureux

Buddha Arth adarci * .

Après cette déclaration, Bhagavat retourna à son vihâra.

3, Le Paresseux

La scène est à Çravastî. En ce temps-là, il y avait à Çravastî un maître de maison riche, etc.. (mariage, naissance d'un fils, imposition de nom, éducation.) ...

Cet enfant était paresseux, d'une grande et excessive paresse. Une fois assis, il ne savait point se lever de son siège/ Quand son père et sa mère lui demandaient: mon fils, souffres-tu dans ton corps? ton esprit a-t-il quelque chagrin ou préoccupation ? la paresse qui le dominait l'empêchait de leur répondre un mot. Quand ses parents firent venir un médecin, le médecin dit :

* Je restitue ainsi le tibétain clon-çzigs.

il n'a aucune maladie corporelle, il n'a aucune affliction ou peine d'esprit: c'est tout simplement par paresse qu'il n'est pas capable de se lever de son siège.

A partir de là, ses parents lui dirent maintes fois : n'agis point ainsi : si tu restes assis de cette façon, tu ne pourras obtenir le bien-être; pour les hommes, la vie n'est que la récompense de l'activité et de l'entrain. — Ils avaient beau l'exhorter de cette manière, ils ne pouvaient le faire lever.

Un jour, les parents se dirent: Si l'on demande aux (grands docteurs) comblés de dons de venir dîner, en les voyant, il saura bien se lever pour leur témoigner du respect ; ils firent donc venir les six docteurs et leur offrirent â manger. L'enfant, en les voyant, ne se leva point.

Le maître de maison fit alors cette réflexion : Le Çramana Gautama a des mérites qui lui ont valu une grande célébrité. Sans même qu'il lui adresse une parole, cet enfant lui témoignera du respect et se lèvera (devant lui) sans aucun doute. — Cette réflexion faite, le lendemain, il invita le Buddha avec la confrérie des Bhixus à venir chez lui. Le soir même, ils préparèrent des mets et des breuvages excellents; ils se levèrent de matin, dès l'aurore, placèrent des sièges, envoyèrent des courriers, et firent annoncer le repas à Bhagavat, le repas de midi: Vénérable (dirent-ils), il est midi ; c'est l'heure du repas, le moment de manger. Bhagavat est prié de venir au repas, l'heure est arrivée.

Bhagavat donc, ayant pris de bon matin sa tunique et son manteau, muni de son vase à aumônes, entouré d'un grand nombre de Bhixus, suivi de la confrérie des Bhixus, se dirigea vers la demeure du maître de maison. Quand il y fut arrivé, il s'assit au milieu de la confrérie des Bhixus sur un siège préparé.

Cependant l'enfant aperçut de loin le bienheureux Buddha orné des trentedeux signes du grand homme, etc. . . En le voyant, il se leva à l'instant même avec la rapidité d'un homme qui se hâte, se dirigea vers Bhagavat et adora avec la tête les pieds de Bhagavat. Ensuite lorsqu.e son père et sa mère furent

bien installés avec le Buddha et la Confrérie des Bhixus, il les rassasia de mets et de breuvages excellents servis de sa propre main, et leur offrit tout ce

qui leur était agréable. Quand Bhagavat eut nettoyé son vase et lavé ses

mains, l'enfant se plaça sur un grand tapis dans une humble posture, et

s'assit en face de Bhagavat pour entendre la loi.

Alors Bhagavat, après avoir fait entendre à cet enfant l'éloge de l'activité, dit : mon fils, c'est par l'activité qu'on obtient la Bôdhi au-dessus de la quelle il n'y a rien. L'enfant fit alors cette réflexion: Bhagavat a parlé; c'est bien 1 Mais ce n'est pas par une activité médiocre qu'on peut acquérir la distinction suprême. Eh bien ! il faut que je réussisse à faire un voyage pour honorer le Buddha, la Loi et la Confrérie. — Emportant donc des marchandises pour aller sur l'Océan, il entra dans l'Océan, réussit à atteindre l'île des Joyaux; puis, après avoir heureusement effectué son voyage maritime, il revint à Çrâvastî.

Alors, il invita pour trois mois le Buddha avec sa confrérie et prépara tout ce qui était nécessaire. Pendant trois mois, il offrit au Buddha et à la Confrérie tout ce dont ils avaient besoin pour les honorer ; le dernier jour. . . (offrandes vœu et prédiction comme ci-dessus...) tu seras le bienheureux Buddha Bala -vîrya-parâkrama1. — Telle fut la déclaration de Bhagavat.

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