‹ Fragments, extraits du KandjourChapitre 176 sur 295 · Le faible · texte numérisé non relu

Le faible

La scène est à Çrâvasti. — Le maître de maison Anâthapindada avait eu

sept fils en tout ; il leur avait donné des noms conformes à sa famille, etc

(Éducation.)...

Un jour le maître de maison Anâthapindada fit cette réflexion : Il faut que je fasse entrer ces enfants dans une société d'Amis ; mais il faut les faire entrer parmi ceux qui ont la foi, et non parmi ceux qui n'ont pas la foi. Car si on les introduit parmi ceux qui n'ont pas la foi, ceux-ci s'empareront d'eux, et ils n'auront plus de vues conformes à la doctrine du Buddha. Ces réflexions faites, il les introduisit dans la société des Amis du Buddha.

Ceux qui formaient la société des Amis non croyants n'avaient de goût que pour les danses, les promenades en ville, les actions blâmables. Les fils du maître de maison Anâthapindada étaient de la société des Amis des gens vertueux, ils s'attachaient toujours davantage au Buddha, à la Loi, à la Confrérie, ils n'avaient de goût que pour la retraite et l'audition delà loi.

Or, dans cette (ville) de Çrâvastî, il y avait un fils de brahmane pauvre, de peu de ressources pour vivre. Il se prit à penser: Si je m'affiliais à une société d'Amis, je serais soutenu par eux, et je pourrais ainsi trouver ma vie; il faut essayer. — Cette réflexion faite, comme il désirait entrer dans la société des Amis des gens vertueux, il fit cette question : Que faut-il verser pour avoir le droit d'entrer parmi vous? — Cinq cents kârsâpanas, répondirent-ils, tel est le droit d'entrée exigé pour qu'on soit des nôtres. — Où trouverai-je cinq cents kârsâpanas? reprit le fils de brahmane. — Si tu es i iche et que tu aies assez et même davantage, il n'y a qu'à avoir la bonne volonté de donner. — Je suis pauvre et j'ai de la peine à vivre, en sorte que je ne puis donner cette somme.

Alors les fils du maître de maison Anâthapindada dirent : Si tu as foi dans l'enseignement de Bhagavat, nous te donnerons cinq cents kârsâpanas. Le fils de brahmane répondit : mais je ne connais pas les qualités de ce Çrâmana- Gautama; quelles sont les qualités de ce Çrâmana Gautama ? — Alors les fils du maître de maison Anâthapindada firent à ce fils de brahmane l'éloge du Buddha.

Aussitôt qu'il l'eut entendu, le fils de brahmane éprouva une grande joie

au sujet du Buddha. Sous l'impulsion de cette joie, il dit: j'entrerai dans votre société, je vais en refuge dans le buddha, la Loi et la Confrérie. Les fils d'Anâthapindada entendirent le fils de brahmane tenir un semblable discours, et, l'ayant entendu, ils lui donnèrent plusieurs fois cinq cents kârsâpanas. Le fils de brahmane entra donc dans leur société.

Un jour, ceux qui formaient la société des Amis eurent une idée : Invitons dirent-ils, le Buddha avec sa Confrérie de bhixus pendant trois mois, et * honorons-les en leur fournissant toutes les choses nécessaires. Là-dessus quelques-uns dirent: nous ne pouvons pas faire cela tous ensemble pendant les trois mois complets, à moins de nous partager la tâche. Il faut donc que nous offrions le repas successivement à tour de rôle. — Le fils de brahmane dit : Quant à moi, je suis pauvre, j'ai de la peine à vivre, je ne puis prendre part à ce roulement. — Quelques-uns dirent: Celui-ci ne peut offrir le repas au Buddha et à sa Confrérie ; il faut l'expulser du milieu de nous. Le fils de brahmane fit cette réflexion : Parmi ceux-ci, il y a telle chose à laquelle je ne puis participer, telle chose à laquelle je puis participer : ce n'est donc pas mon lot de sortir du milieu d'eux. Cette réflexion faite, il dit: je prendrai mon tour le dernier; mais tous les restes que vous laisserez, donnez-les-moi. Les amis qui formaient la société lui dirent : Quel plaisir auras-tu à cela ?

Cependant ils invitèrent le Buddha et sa Confrérie de bhixus pour trois mois; et, à tour de rôle, ils offrirent au Buddha et à la Confrérie des bhixus tout ce qui leur était nécessaire, trois mois durant ; et tous les restes qu'ils laissèrent, ils les donnèrent au fils de brahmane. Le fils de brahmane rassembla tous ces restes ; d'autres lui donnèrent des kârsâpanas, d'autres donnèrent chacun une chose en offrande.

Le dernier jour arrivé, il invita dans sa maison le Buddha avec la confrérie des Bhixus, il convoqua aussi le roi Prasenajit, le maître de maison Anâthapindada. Cette même nuit, il orna le chemin, il orna la ville; cette même nuit, il prépara en abondance des aliments et des breuvages purs et bons. Le matin, de bonne heure, il se leva, prépara des sièges, prit un bain, et fit annoncer à Bhagavat qu'il était (midi), l'heure du repas : Vénérable, l'heure du midi est arrivée, c'est le repas. Bhagavat est prié de songer que c'est maintenant (l'heure) et de venir. — Telle fut sa convocation*

Ann. 0. — B 60

Cependant Bhagavat, au matin, revêtit sa tunique et son manteau, prit en main son vase à aumônes, et, suivi d'une escorte nombreuse de Bhixus, suivi de la Confrérie, il se dirigea vers la demeure du fils de brahmane. Quand il y fut arrivé, il s'assit sur un siège préparé au milieu de la Confrérie des

bhixus.

Alors le fils de brahmane, comprenant que le Buddha et la Cconfrérie des bhixus étaient installés, les rassasia avec des aliments et des breuvages purs, excellents et abondants, servis de sa propre main. Après avoir donné ce qui leur plaisait, il offrit à Bhagavat des vêtements de grand prix, et à chacun des Bhixus un vêtement de coton.. Après quoi, il fit un vœu pour la Bôdhi- parfaite et suprême... (vœu et prédiction)...

Tu seras le bienheureux Buddha Sangayakara * (qui rassemble). Telle fut sa déclaration.

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