Lotus
C'était à Çravastî, sous le règne de Prasenajit. Un jour, il vint pour voir Bhagavat, et, après lui avoir offert des parasols, des poudres, des paçfums, des fleurs, il s'assit en face de lui pour entendre la loi.
Dans ce temps-là, un lotus naquit hors de saison dans l'étang de lotus d'un terrain placé sous la surveillance d'un jardinier qui fit cette réflexion : Un jour, le roi Prasenajit a, par trois fois, offert au Çramana- Gautama des parasols, des poudres, des parfums, des fleurs pour l'honorer. Il faut que moi, je lui offre ce lotus. — Cette réflexion faite, il prit ce lotus et se dirigea vers Çravastî.
A ce moment, un fidèle de Nârayana était occupé à faire des offrandes à tous les (êtres) merveilleux. Il vit venir cet homme portant un si beau lotus né hors de saison et lui dit : Eh ! homme, donne -moi ce lotus! Il faut que je l'offre au bon Nârayana; je t'en donne cinq cents kârsâpanas.
En même temps, passait le maître de maison Anâthapindada allant avec une troupe de cinq cents serviteurs pour voir Bhagavat. Le maître de maison entendit le bruit des paroles de cet homme : ce qui lui fit faire la réflexion
* Restitution très douteuse du nom Sanskrit d'après le tibétain hthun-mdsad. 2 II y a deux récits portant le même intitulé ; Padma (lotus).
suivante : Voilà un homme qui suit un faux enseignement, et il offre un tel prix en vue d'une offrande à Nârâyana! Pourquoi n'offrirais-je pas un prix assez élevé pour acheter cet objet et l'offrir à Bhagavat ? — Il dit donc au jardinier: Je te donne mille kârsâpanas, livre-moi le lotus.
Ces paroles excitèrent l'amour- propre de l'adhérent de Nârâyana qui promit d'en donner deux mille ; et ainsi ces deux hommes, enchérissant l'un sur l'autre, montèrent jusqu'à la somme de cent mille kârsâpanas.
Alors le jardinier dit : Un maître de maison tel que Anâthapindada en est venu pour un seul homme à cent mille kârsâpanas ! Il faut que ce bhixu Gautama soit un grand personnage, certes ! Pourquoi n'irais-je pas moimême offrir (ce lotus) à Bhagavat ? Ces réflexions faites, le jardinier dit au maître de maison Anâthapindada: Maître de maison, je n'ai que faire de tant de richesses ; je vais moi-même faire l'offrande à ce Bhagavat. — Et prenant le lotus, il se rendit à Jeta varia.
Le jardinier aperçut do loin le bienheureux Buddha ; cette vue lui causa une joie extrême. Plein de joie, il se rendit au lieu où était Bhagavat, adora avec la tête les pieds de Bhagavat et jeta (le lotus) au-dessus de lui pour le lui offrir. Par la puissance de Bhagavat, ce lotus se transforma en roue de char qui marchait quand Bhagavat marchait, s'arrêtait quand il s'arrêtait.
Alors le jardinier, voyant ce prodige, eut en Bhagavat une foi encore plus grande, et fit un vœu en vue de laBôdhi parfaite et suprême... (Vœu et prédiction.)... Tu sera le bienheureux Buddha Padmottama 4. Telle fut la déclaration .