SUTRAS DE LA LUNE ET DU SOLEIL
Le texte 28° du volume XXVI du Mdo est intitulé Candra -sûtra (c< sûtra de la lune »). Le texte 24° du volume XXX du Mdo porte le même titre, ressemble beaucoup à l'autre et n'en diffère que par certains détails. Ce second sûtra est traduit du pâli, et le texte original est connu. Le premier sûtra est donc la version septentrionale du texte dont le second représente la version méridionale .
Le Gandra-sûtra du volume XXX du Mdo est suivi d'un Sûrya-sûtra (« sûtra du soleil ») également traduit du pâli, mais identique au Candra sûtra; il n'en diffère que par l'existence d'une stance qu'il a en plus.
Puisque le Candra sûtra pâli est accompagné d'un Sûrya-sûtra, il devrait y avoir aussi (dans le volume XXVI du Mdo) un Sûrya-sûtra tibétain. Ce sûtra manque; il est sans doute perdu ou égaré dans quelque grand recueil; — mais il est à remarquer que la stance supplémentaire du Sûrya -sûtra pâli est représentée dans le Candra-sûtra tibétain, comme si l'on avait voulu réunir les deux textes en un seul pour éviter une répétition. Les répétitions ne coûtent pourtant rien aux écrivains bouddhistes.
Le sujet de ces deux textes est la délivrance des deux astres lumineux
saisis par Râhu (en d'autres termes, éclipsés) et qu'une parole du Buddha tire d'embarras.
J'ai traduit ces textes et fait un travail sur ce sujet dans la Revue de V Orient (1865). Depuis, j'ai donné dans le Journal asiatique (1871) la traduction des textes pâlis. Je reproduis cette traduction en la mettant en présence de la traduction du texte tibétain publiée dans la Revue de V Orient à laquelle j'apporte de légères modifications. Je ne donne que le Gandrasûtra, et j'intercale entre crochets dans la traduction du Gandra-sûtra pâli la stance qui se trouve un peu plus loin dans le Sûrya-sûtra.
TIBETAIN
- MdoXXVI 88; folio 4u0. - ADORATION AUX TROIS JOTAUX
Voioi ce que j'ai entendu une fois:
Bhagavat r aidait dans le pays de Campavati sur le bord de l'Etang de Hgrcva-po '.
En ce moment, le chef d Asuras Râhu se mit à couvrir le disque de la lune et à en obscurcir les rayons.
Alors le Dieu qui existe, qui réside dans le disque de la lune, ce dieu effrayé, épouvanté, rempli de tourment se rendit au lieu où était Bhagavat.
Quand il y fut arrivé, il adora avec la tête les pieds de Bhagavat et se plaça à peu de distance de lui.
Une fois placé à peu de distance, le dieu l'implora par cette stance :