ADORATION RE8PECTUBUSB AUX TROIS JOYAUX SUBLIMES
Voici ce que j'ai entendu :
Un jour, Bhagavat résidait à Çràvasti, à Jetavana, dans le jardin d'Anâthapindika.
Or, en ce temps-là, le fils de dieu Candramas fut saisi par le chef d' Asuras Râhu.
Alors le fils de dieu Gandramas, se sou venant de Bhagavat, prononça à ce moment-là cette stance :
O toi qui es parfaitement délivré de tous Adoration à toi, Buddha, héros !
(maux).
Buddha, héros, adoration à toi ! Tu es complètement et absolument délivré.
* Le mot tibétain YLgro^aryo correspond au sanskrit vâta, « le vent. » Faut-il traduire « l'étang du vent »? Quoi qu'il en soit, cet étang doit être l'étang creusé par Garga sur les bords duquel il est dit que le Buddha résidait dans ses séjours à Campa. — Voir ci-dessus p. 79.
Des maux sont venus fondre sur moi ;
accorde-moi un refuge, je te prie.
La lune est venue se réfugier
près de l'Arhat du monde, du Sugata.
Ainsi, Buddha, qui as compassion du monde,
délivre la lune (de lYtreinte) de Ràhu !
Bhagavat dit :
Râhu, la lune dissipe les ténèbres,
elle donne aux cieux la clarté.
Ne t'empare pas d'elle dans cette atmosphère,
où elle siège majestueusement,
douée d'une lumière blanche parfaitement pure.
Lâche bien vite cette lampe des créatures*
Alors, en toute hâte, ce Râhu, le corps couvert de sueur, épouvanté et comme malade, (s'enf uyant) avec précipitation, lâcha complètement la lune1.
A ce moment le Grand fils de Virocana* vit le chef d'Asuras Râhu lâcher en toute hâte le disque de la lune. Ce que voyant, il lui adressa cette stance :
Par quel motif, toi, Ràhu, le corps couvert de sueur, épouvanté et comme malade, as -tu lâché prise, as-tu lâché complètement la lune?
Râhu répondit:
Le Buddha? dans une stance, m'a dit que si je ne lâchais pas la lune ma tête se fendrait en sept,
Mais moi, je suis tombé dans l'angoisse ; sois mon refuge dans ce (malheur).
A ces mots, Baghavat, prenant la parole enfaveur du ûlsdu Dieu Gandramas, adressa cette stance au chef d'Asuras Râhu.
Près du Tathâgata Arhat,
Gandramas est venu en refuge ;
Râhu, laisse aller la lune !
Les Buddhas ont compassion du monde.
[Cet astre répandant la clarté au milieu des ténèbres qui aveuglent,
brillant, circulaire, à l'éclat terrible,
ne l'avale pas, Râhu, en errant dans l'atmosphère.
Il est ma créature; Râhu laisse aller le soleil ! 3]
Alors le chef des Asuras Râhu, lâcha le fils du dieu Gandramas et, d'un air précipité, se rendit au lieu où était le chef d'A suras Vepacitti(Vemacitrl). Y étant arrivé, il se tint aune certaine distance, vivement agité, le poil hérissé.
Alors, pendant que le chef d'Asuras Râhu se tenait ainsi à une petite distance, le chef d'Asuras Vepacitti lui adressa'cette stance :
Pourquoi, d'un air précipité, Râhu, as-tu lâché la lune?
Pourquoi es-tu venu d'un air effaré, et te tiens-tu ici comme épouvanté?
Ma tête se serait fendue en sept, et, quoique vivant, je n'éprouverais aucun bien-être,
* Cette stance faisant partie du récit qui est en prose, on ne ^'explique pas bien que le lait énoncé pur elle soit mis en vers.
* Bali.
3 Stance qui ne se trouve que dans le sûtrà du soleil.
et que, quoique vivant, je n'éprouverais aucun bien-être.
Le grand ûla de Virocana répondit :
Oh! ils voient la vérité,
les Buddhas, ils sont des êtres merveilleux !
Ils n'ont qu'à dire une stance,
et Rftbu lâche la lune !
Fin du sûtra de la lune.
m'a dit le Buddha dans une stance, si je ne lâchais pas Gandramas.