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XI. Gâthâ Dvaya

VAIÇALI-PRAVEÇA

Le Vaiçâlî-praveça (Entrée dans Vaiçâlî) est un sûtra, un grand sûtra (Mahâsûtra) ; il se trouve dans le Mdo (XXVI) et est répété dans le Rgyud (XI) avec une variante dans le titre, Vipulî-praveça. Vipuli qui signifie « large » est un synonyme de Vaiçâlî; cette variante d'un nom de ville est bien singulière1. Mais cette particularité n'est pas la seule qui doive nous étonner; nos deux sûtras identiques l'un à l'autre, répétition textuelle l'un de l'autre, ont, en outre, la bizarrerie de renfermer chacun la répétition du même texte, c'est-à-dire que le texte du Rgyud comme celui du Mdo se partage en deux parties égales, la seconde reproduisant la première. Dans la première partie le Buddha fait la leçon à son disciple, dans la seconde, le disciple répète la leçon que son maître lui a apprise. Ainsi s'explique cette redite qu'on ne nous épargne pas; car nous la retrouvons dansleDulva, dont le Vaiçâlî et le Vipulî-praveça ne sont visiblement que la reproduction.

En effet, nos deux sûtras (qui n'en font qu'un) sont extraits du Dulva (II, folios 126-132.) Le récit suivi du Dulva fait connaître les circonstances qui ont amené les faits racontés dans le sûtra. Ce sont, d'après l'analyse de Csoma, une épidémie et la présence de mauvais esprits.

Le Kandjour nous offre donc trois fois ce texte, et comme chaque fois le texte est répété, il nous le donne en réalité six fois.

i J'ai déjà signalé cette particularité dans le Journal asiatique (OcL, nor ., 1874, p. 305), à propos d'une autre substitution de nom dans le titre d'un Sûtra.

Mais il existe d'autres versions de ce texte ; un des recueils de la collection népalaise, le Dvâvimçati-Avadâna nous en offre une en sanskrit dans son dixseptième chapitre. Elle est complètement distincte de la version du Kandjour. Elle attribue à la méchanceté des hommes les maux qui affligeaient Vaiçâlî.

Enfin il en existe une version pâlie qui est vraisemblablement distincte des deux précédentes. Je ne saurais dire si cette version est simple ou multiple, si elle est répétée plusieurs fois. Je ne doute pas de sa présence dans le Vinaya : je ne l'ai pas remarquée dans le Sutta-pitaka dont j'ai fait un index; mais je ne réponds pas qu'elle ne s'y trouve pas ; et il se pourrait fort bien qu'on l'y découvrît. Je ne connais la version pâlie que par l'analyse * que Spence Hardy en a donnée d'après un livre extra-canonique. Selon ces données, Vaiçâlî aurait été visitée successivement par la peste, la famine, les mauvais esprits.

En somme, il existe trois versions distinctes ou trois catégories de versions de cet épisode : 1* La version tibétaine du Kandjour, unique (sauf découverte ultérieure d'une autre version), mais répétée trois fois et même six; 2° la. version népalaise en sanskrit ; 3° la version pâlie.

Voici la première de ces versions.

L'ENTRÉE A VAIÇALI

— DulTâ H, folk* 126-13?. - Mdo XXVf, il ; folk* 247-253. - Rgyud XL 4; folie* 50-57.

En langue de l'Inde : Arya Vaicâlî (ou Vipuli) praveca MaJiâ-Suira. En langue de Bod ; Hphags-pa Yangs-pai grong-khyer du hjug-pai mdo chen-po. En français : sublime et grand Sûtra intitulé : Entrée dans Vaicâlî.

Adoration au Buddha et aux Bodhisattva?.

Voici le discours que j'ai entendu une fois: Bhagavat résidait dans le taillis de bambous, au lieu de la station des bateaux.

Ensuite Bhagavat dit à l'Ayusmat Ananda : Ananda je vais à la ville de Vaiçâlî. —Vénérable, j'agirai en conséquence, répondit (Ananda), — L'Ayusmat Ananda se conforma au dessein de Bhagavat.

* A Manual of litcdhistn, p. 235-7.

Ensuite Bhagavat se rendit dans le pays de Vrji ; et, quand il fut arrivé à Vaiçâlî, il s'installa dans le bois d'Amradârikâ.

Ensuite Bhagavat dit à Ananda : Ananda, va jusqu'à la ville de Vaicâli, et, quand tu y seras arrivé, pose le pied sur le seuil de la porte et prononce ces formules de mantras et ces vers :

Visarata, visarata, visa rat a, visaraia *.

Le Buddha dans sa miséricorde pour les mondes a dit : C'est la méditation de tous les Buddhas ; la pensée de tous les Arhats ; la pensée de tous les docteurs ; la pensée de tous les auditeurs ; la pensée, de tous ceux qui ont la parole de vérité ; la pensée de la loi ; la pensée de Brahma : la pensée des divers Brahmas ; la pensée du Seigneur des désirs ; la pensée d'Indra ; la pensée des dieux ; la pensée de l'Indra des Asuras ; la pensée de tous les Asuras ; la pensée de celui qui a l'arc et les flèches des Asuras ; la pensée de tous les Bhûtas.

Visarata, visarata, visarata, visarata.

Le Buddha dans sa compassion pour le monde, a dit :

Muncata, muncata 2.

Ne séjourne pas, contagion, apaise-toi, complètement !

Nirgacchata, nirgacchata, nirgacchata, nirgacchata '.

Le Buddha, le grand dieu, le dieu des dieux, le supérieur4 des dieux vint donc; les dieux accompagnés d'Indra, Brahma et sa suite, Içvara (?) et sa suite, le seigneur des hommes avec sa suite, les quatre protecteurs du monde y vinrent aussi ; plusieurs centaines de mille de dieux, les seigneurs des Asuras, plusieurs centaines d' Asuras y vinrent aussi. Plusieurs centaines de mille de Bhûtas 5 qui avaient une foi déclarée en Bhagavat y vinrent aussi pour le bien de tous les êtres. Puisque ceux-ci sont venus pour vous faire un grand dommage,

Nirgacchata, nirgacchata, nirgacchata, nirgacchata.

1 Eloignez-vous. (La parole est adressée aux esprits malfaisants.)

* Lâchez prise.

3 Sortez.

4 Le bla-ma (sk., guru), dit le tibétain.

5 Hbyung-po, c'est le nom des Bhûtas. Peut-être faudrait-il traduire simplement par « êtres ».

Ann. G. - B U

Hâtez- vous ! Que ceux d'entre vous qui ont des sentiments de haine soient abattus ! Que ceux qui sont animés de sentiments bienveillants et n'ont pas de mauvais désirs, qui sont disposés à protéger, que ceux-là prennent place ! Qu'ils entrent dans un corps1 (?).

Le Buddha qui a compassion du monde dit :

Sumu (4 fois) | sumuru (8 fois) | muru (9 fois); miri (9 fois) | mu ru, miri (13 fois) | miru-rlli | ri (0 fois) | rî (7 fois) | Timiri | miri (4 fois) | mirimi | mirit hasimiriti | miriti I miti | sisisimi | kamkara (21 fois) | kamkarotiti | kuriço kamkara I kamkariçi | ri (0 foi>) | tiritiphusva | riphu riphu (3 fois) | nâthâ | nânftthâthâ | riphuriphu | nâlhâthâ | nirgacchata | riphuriphu | nirgacchata | pâlayata * | riphu riphu | pâlayata

Le Buddha compatissant pour le monde, méditant profondément sur Taccroissement du bien (matériel) pour tous les êtres, résidant dans l'amour (des êtres), rempli des plus nobles sentiments, résidant dans la joie, résidant dans l'égalité d'esprit, avait dit en arrivant :

Xîphram nirgacchata 3 svâhâ.

Cette formule de Mantra adressée par b Buddha en vertu de sa loi et de l'excellence de sa haute science (prajnâ; tib., ye-çes) à tous les dieux et à tous les êtres, ces vers ont réussi.

Toi, en qui lVgoïsme et les passions ont été vaincus, et (qui es) purifié de toute souillure, ce cœur qui ne songe pas à mal est cause qu'on te traite bien, qu'on te fait du bien.

Toi, dont la conduite et les démarches sont dirigées sans exception dans le chemin de la délivrance l'enseignement de toutes les lois est cause qu'on te traite bien, qu'on te fait du bien.

Soutien de tous les docteurs qui enseignent la loi pour le bien de tous les êtres, le bien dont tu es l'auteur est cause qu'on te traite bien, qu'on te fait du bien.

4 C'est à des esprils qu'on s'adresse : si je comprends la pensée, ou leur permet, soit de prendre une forme humaine, soit de pénétrer dans des individus délerminés pour les protéger confre le fléau. f Protégez.

3 Sortez vite.

Toi qui, d'un cœur plein d'amour, protèges tous les êtres vivants, et veilles constamment sur eux comme sur tes enfants, cette (sollicitude) est cause qu'on te traite bien, qu'on te fait du bien.

Toi qui, pour l'entourage qui t'entoure, êtres (de toute espèce), es un soutien, parent de la terre et de l'armée (qui l'habite), on te traite bien par ce motif, on te fait du bien.

Toi qui es la manifestation parfaite de la loi, pur et exempt de mensonge,

qui fais pratiquer purement des commandements purs, on te traite bien à cause de cela, on te fait du bien.

Toi qui es né grand héros, qui es arrivé à la plus haute perfection, qui as atteint le but en toutes choses, on te traite bien, à cause de cela, on te fait du bien.

Toi par qui toutes les terres habitées sont ébranlées avec leurs bois et leurs forêts, toi qui fais la joie de tous les êtres, on te traite bien, à cause de cela, on te fait du bien.

Grâce à ton séjour à Bodhimanda à ton pouvoir d'ébranler la terre de six manière?, au trouble que tu as mis dans le cœur du démon, on te traite bien, on te fait du bien.

Par cette roue de la loi que tu as fait tourner par l'enseignement des vérités sublimes, par cette renommée de force que tu t'es acquise, on te traite bien, on te fait du bien.

Parce que tu as ravi le cœur des Tirthikas, que tu as surmonté toutes les lois, que tu t'es assujetti toutes les troupes, on te traite bien, on te fait du bien.

Buddha, on te traite bien, on te fait du bien. Que Çatakratu avec les dieux te traitant bien, te faisant du b 3i: ; que toutes les créatures1 te traitant bien, te faisant du bien, t'accordent constamment de* dons.

Par les mérites et la puissance du Buddha, par la pensée (bienveillante) des dieux

* Ou tous les Bhûtas.

vous tous qui désirez quelque avantage, puissiez-vous l'obtenir promptement, cet avantage.

Vous, bipèdes, soyez heureux !

vous, quadrupèdes, soyez heureux !

vous qui partez, soyez heureux !

et, au retour, soyez heureux !

Heureux le jour, heureux la nuit, heureux dans le milieu du jour.

Vous, soyez heureux partout !

vous, soyez sans péché !

Que le Buddha chemine escorté de milliers de dieux !

Que ceux qui ont des sentiments de haine s'éloignent ! que ceux qui ont des sentiments d'affection demeurent !

Buddhas, Pratyekabuddhas, Arhats, qui, par la parole de vérité que vous enseignez, apportez des avantages aux hommes dans le monde, soyez exaltés dans cette ville.

Êtres de toute nature, animaux de toute espèce, créatures * de tout genre, vous tous, n'éprouvez que le bien-être, soyez exempts de maladies !

Que tous n'aient que la vue du bien ', qu'ils soient à l'abri de tout péché ! que les créatures qui sont ici s'accroissent,

tant celles qui sont sur la terre que celles qui sont dans l'atmophère ! Que les hommes pratiquent constamment l'amour des êtres, qu'ils observent la loi jour et nuit !

Ces paroles prononcées, Pâyusmat Ananda dit : Vénérable, j'agirai ainsi .

Après avoir tout entendu, selon (ce qu'avait dit) Bhagavat, il se rendit à la ville de Vaiçalî, et posant le pied sur le seuil de la porte, il prononça cette formule de mantra, et aussi ces vers.

Visa rata, visarata, visarata.

Le Buddha dans sa miséricorde pour le monde a dit :....

* Ou Bhûtas.

* C'est-à-dire qu'ils soient à l'abri de l'erreur

Nota. — Ici, comme nous l'avons annoncé, tont ce qui précède est répété littéralement jusqu'à la fin des stances, sans autre différence que certaines variations dans le nombre de fois que diverses syllabes inintelligibles sont répétées.

Après la dernière stance : qu'ils observent la loi jour et nuit, vient la mention finale:

Fin du Sûtra sublime (intitulé) : Entrée dans Vaiçâlî.

MARICI-DHARANI

La Dhâranî qui porte le nom de Marîcî est une invocation dont la puissance s'applique à tout. Elle offre ce caractère particulier d'être très populaire en Chine. Elle a sa place dans le canon bouddhique chinois ; mais elle est aussi imprimée à part, en sorte qu'on peut se la procurer assez facilement. Il existe au moins deux textes chinois sur Marîcî, le Marîcî Sûtra et le Marîcî dhârani Sûtra (Sûtra de Marîcî et Sûtra de la Dhârani de Marîcî). Mais toutes les éditions de la Dhârani ne concordent pas parfaitement entre elles, soit qu'elles proviennent de textes différents, soit (ce qui est plus pro bable) qu'elles soient des traductions plus ou moins exactes et surtout plus ou moins abrégées d'un texte unique. Les traductions chinoises n'ont pas l'exactitude minutieuse et même servile des traductions tibétaines.

Voici la traduction de la version tibétaine de notre Dharanî.

DHARANI DE MARICYA — Rfynd XIII, G, folios 255-5. —

En langue de l'Inde : Arya-Mâricya-nâma DfidranL En langue de Bod : Hphags ma ôd-zev -canjesbya-vai gzungs. — (En français). Sublime Dhâranî appelée Mârîcya 4 (rayonnante ou lumineuse) .

1 Màrîcya est (uo adjectif dérivé de Marîcî « rayon de lumière » ; c'est le nom de la Dharanî. Mais quand celui de la Divinité se présente, j'écris Marîcî, quoique le tibétain ne fasse pas de distinction.

Adoration à tous les Buddhas et Bodhisattvas. Voici le discours que j'ai entendu une fois : Bhagavat résidait à Çrâvasti, à Jetavana, dans le jardin d'Anâthapindada, avec une assemblée de douze cent cinquante Bhixus et beaucoup de Bodhisattvas Mahâsattvas.

Ensuite Bhagavat dit aux Bhixus : Bhixus, il y a une divinité appelée Marîcî (douée d'éclat ou de rayons). Comme elle est sur la face et vient de la face du soleil et do la lune, elle ne peut être ni vue, ni saisie, ni liée, ni arrêtée, ni traversée (comme un fleuve), ni obscurcie, ni coupée, ni décapitée, ni rasée, ni suppliciée, ni persécutée, ni soumise au pouvoir de l'ennemi.

Bhixus, celui qui prononce le nom de la déité Marîcî, celui-là ne peut être ni vu, ni pris, ni lié, ni arrêté, ni traversé, ni obscurci, ni supplicié, ni décapité, ni rasé, ni persécuté, ni soumis au pouvoir de l'ennemi .

Ainsi, puisque moi je connais le nom de la déité Marîcî, moi aussi, puissé-je n'être ni vu, ni saisi, ni lié, ni arrêté, ni traversé, ni obscurci, ni supplicié, ni décapité, ni rasé, ni persécuté, ni soumis au pouvoir de l'ennemi !

Voici donc les formules de la Dhârani.

Jai kyartâka(?) Mo patagamasi | parâkramasi | udajamasi | normasi | arkamasi | mai1' kamasi | ûrmamasi | vanâmasi | civaramasi | mahâcivaramasi | antardhvandâmasi svâbà

Om ! Déité Marîcî, garde- moi dans le chemin, garde moi du mauvais chemin, garde-moi de la crainte de l'homme, garde -moi de la crainte du roi, garde-moi de la crainte du bœuf (ou de l'éléphant), garde -moi de la crainte du voleur, garde moi de la crainte du Nâga, garde- moi de la crainte du lion, garde- moi de la crainte du tigre, garde-moi de la crainte du feu, garde-moi de la crainte de l'eau, garde moi de la crainte du serpent, garde-moi de la crainte du poison, garde- moi de la crainte de l'assaillant et de l'ennemi ! Dans le trouble et dans le calme, dans le dommage et dans l'absence de dommage, en toutes circonstances, garde-moi; garde-moi du tigre, garde -moi du Nâga, garde-moi du serpent, garde-moi de toutes craintes, garde-moi de tout dommage, de toute cause de maladie, de tout trouble ! garde-moi !

Namo Rûtnatrajàya | Tadyathâ I Cm | âlo | tâlo | kàlo | sacchalo | sambamuradhari frakft rak&mam | Garde moi, moi et tous les êtres, de tout outrage, de toute crainte* de toute maladie 1 Svâhâ I

Adoration aux trois joyaux 1 Adoration à la déité Maricî ! Il faut dire le xcbut * de la déité Marîcî (en ces termes) :

Tadyathâ | ôm | vattali | vadâli I parali | varàhamakhi | sarvadustânam | pradustânàm | jharûra mukham bandha bandhamukhi | jamdhaya | stamdhâya | mohâya svàha | Om! Maricye svâhà | Om ! vadhâli | vadàli | varâli | varahâmukhi | sarvadustânam praduslânàm j caxus mukham bandbabandha svâhâ |

Quand Bhagavat eut prononcé ce discours, ces Bhixus et ces Bôdhisattvas et ces assemblées qui comprennent tout le monde, dieux, hommes, êtres non humains, Gandharvas, s'étant réjouis, louèrent hautement le discours de Bhagavat.

Fin de la Dhâranî sublime intitulée Mârîcya (traduit par le pandit Amogha vajra et le Lotsava Gelong Rin-po-che-gags-pa).

* Ou l'ewenc:. Tib. Sfting-po; sk, hrdya (cœur) ou garbha (fœtus, germe).

AVALOKITEÇVARA EKA-DAÇA MUKHA DHARANÎ

Je De sais pas si la Dhâranî d'Avalokiteçvara à onze faces (ou bouches) jouit d'une célébrité particulière. Mais Avalokiteçvara est illustre entre tous; on a déjà vu des textes qui attestent l'importance de ce personnage. Quoique spécialement révéré par les Tibétains, il jouit en Chine d'une grande considération. Il y a un certain nombre de textes dans le titre desquels son nom figuré, et la Dhâranî que nous donnons ici n'est pas la seule qui lui soit attribuée.

Cette Dhâranî est assez extraordinaire et énigmatique. C'est à elle qu'appartiennent les onze faces (ou bouches) dont il est question. On ne dit pas ce que sont ces onze faces. On serait tenté de croire qu'elles appartiennent à la personne d' Avalokiteçvara qui est représenté plusieurs fois avec des visages multiples ; le titre semble même favoriser cette interprétation. Mais la Dhâranî est qualifiée cœur, cœur d'Avalokiteçvara. C'est ce cœur qui a les onze faces. On sait que Avalokiteçvara est particulièrement vanté pour la bonté de son cœur, pour son ardent désir de soulager les êtres dans leurs souffrances. Le cœur d'Avalokiteçvara, la Dhâranî et un cœur identifié avec la Dhâranî comme avec le cœur du Bodhisattva sont bizarrement associés et confondus dans notre texte dont voici la traduction :

Ann» G. — B 55

DHARANI d'aVALOKITBÇVARA A ONZE FACES

— Rgyud XIV, 37; fo io» 410-413. —

Ea langue de l'Inde : Arya Avalokileçvara ekâdaça-mukha nârna Dhdranî. — En langue de Bod : Hphags-pa Spyan-ras-gzigs dvang phyug jal vcu cig-pa ces bya-taigzungs. (En français:) Dhâranî sublime, intitulée « les onze faces d'Avalokiteçvara >>.

Adoration à tous les Buddhas et Bôdhisattvas. Ensuite le Bôdhisattva Avalokiteçvara entouré de beaucoup de détenteurs de Dhâranîs se rendit au lieu où était Bhagavat, et, ayant adoré avec la tête les pieds de Bhagavat, tourna trois fois autour des pieds de Bhagavat ; puis, s'étant placé à une petite distance de Bhagavat, il tint ce discours à Bhagavat : Bhagavat, ce cœur1 à onze faces (ou bouches), comme on l'appelle, a été proclamé par dix millions et un Buddhas. Aussi apaise-t-il toutes les maladies, comme il est l'antidote de tous les péchés, de toutes les craintes, de tous les mauvais rêves; il détruit toutes les causes de mort anticipée, il purifie ceux qui ne sont pas entrés (dans la bonne voie ?).

Bhagavat, celui qui veille sur ce cœur, le protège avec soin, le saisit complètement, celui-là s'assure le calme et le bien -être, évite le châtiment, évite les armes, repousse le poison. Celui qui a un adversaire et ne vient pas (à moi), celui-là, je ne le vois pas dans ce monde avec ses dieux, avec ses démons, avec ses çramanas et ses brahmanes ; la maturité des actes d'autrefois ne s'attache pas à lui. (?) 2.

Ce cœur, tous les bienheureux Buddhas l'ont loué et médité profondément ; Bhagavat, ce cœur, mon (cœur) a réjoui et gagné tous les Tathâgatas.

Bhagavat, voici ce dont je me souviens : avant des Kalpas aussi nombreux que les grains de sable du Gange, il y eut un Tathâgata, appelé Çata-padma locana-çikhara-rakta-kâla-ghâta-raçmi-râja3.

Moi qui avais adopté en ce temps-là la condition de Rsi, j'avais reçu ce

* SMng-po. V. la noie de la page 432.

* Je ne comprends pas la négation; ce n'est qu'en la supprimant que je puis trouver ufl sens à la phrase. 3 Tib. Padma-brgyai'Spyan gtsugs chags-pai dus ^joms-pai od-zer-gyi rgyal-po « le roi de

la lumière qui triomphe du temps (ou de la mort) passionné pour la tête aux cent yeux de lotus ». — J'ai mis pour chaque mot tibétain un mot sanskrit qui lui correspond : mais je ne réponds ni de l'exactitude de ma restitution sanskrite ni de celle de ma traduction française.

cœur de ce Tathâgata. Dès que le bruit s'en fut répandu , les Tathâgatas des dix régions apparurent, et quand j'eus obtenu la patience dans la loi de la non-renaissance, ce cœur, mon (cœur) fut l'objet de l'affection et de la tendresse. Puisqu'il en est ainsi, un fils de famille ou une fille de famille qui a la foi doit avec respect prononcer (le nom de) ce cœur, il doit le prononcer constamment sans rien faire pour un autre cœur. Si, le saisissant en soi-même, il profère cent huit noms, il saisira en ce temps-là dix qualités. Quelles dix ? (i) Il sera exempt defièvres ; (2) il sera accueilli par tous les Tathâgatas; (3)sans se donner de peine il obtiendra des richesses, des grains, des trésors ; (4) tous les ennemis qu'il rencontrera, il les soumettra ; (5) les courtisans lui parleront avecsincéritéetdirontcequ' ils pensent; (6) le poison ne pourra nuireà son corps; (7) le poison de la richesse (la pauvreté ?) ne pourra lui nuire ; (8) la maladie ne pourra lui nuire ; (10) si l'occasion se présente de périr par l'eau, il ne périra pas; (11) si c'est par le feu que l'occasion de périr se présente, il no périra pas ; (12) il ne périra par aucune cause qui pourrait le faire périr avant le temps1.

De plus, il saisira quatre avantages : au moment où la mort le frappera, il verra un Tathâgata ; — il ne renaîtra pas dans la mauvaise voie ; — il ne lui arrivera pas de passer l'heure de la mort sans éviter l'angoisse *; — en transmigrant d'ici, il renaîtra dans la région du monde Sukhavatî.

Bhagavat, je me souviens que bien avant des Kalpas aussi nombreux que les grains de sable de dix cours d'eau (comme le) Gange, le Tathâgata Man~ darapâla3 ayant paru, à cette époque- là j'étais maître de maison, je reçus ce (cœur) et je le proclamai pendant la révolution de 40.000 Kalpas. Parce que j'avais proclamé ce cœur, j'atteignis la délivrance d'un Bôdhisattva, la compassion de tous les Jinas, en sorte que j'obtins ce qu'on appelle le « cœur (ou l'essence) de la connaissance » 4. A tous ceux qui sont liés (depuis longtemps), à tous ceux qui tombent en captivité, à tous les êtres souffrant de

* On a annoncé c dix qualités ». J'en trouve douze; mais la douzième n'est guère que la répétition généralisée de plusieurs de celles qui précédent. Faudrait-il voir dans les autres « qualités » les onze fameuses « faces » dont on nous parle f

* C'est-à-dire, qu'il mourra paisiblement, expression bien entortillée à cause du double emploi de la négation.

3 Tib. Mandaravai bnrung*

4 Tib. Ye-çet-kyi Mng-po que je restitue en sanskrit jftdna-h\daya ou jfldnfrgarbha.

l'eau, du feu et do toute espèce de douleurs, j'offre au moyen de ce cœur une place, une protection, un refuge, un appui.

Bhagavat, ce cœur, mon (cœur) a la grande puissance surnaturelle que voici : Les quatre espèces de chutes radicales * se purifient ; les cinq crimes inexpiables2 se purifient aussi, sans qu'il en reste rien. Qu'est-il besoin d'insister sur son efficacité certaine conformément aux paroles prononcées ? Pour faire produire des racines de vertu à plusieurs centaines de mille de cent mille millions de Buddhas, il n'y a qu'à murmurer ces (formules). Qu'est-il besoin de parler de leur effet ? On réalise (par elle) toutes les pensées de son cœ*ir. Quiconque remplit à cause de moi quatorze conditions 3 ou témoigne de l'affection à Bhagavat, celui-là échappera à la transmigration pendant une révolution de quarante mille Kalpas.

Bhagavat, celui qui adopte mon nom (ou le saisit pour le bien retenir) a un avantage ; il a de la nourriture plus qu'il n'en faut pour cent mille fois dix millions de Buddhas; — tous les êtres qui adoptent mon nom se maintiendront dans un evoie qui n'e^t pas contraire au bien ; ils réussiront en toutes choses, ils seront affranchis de toutes mauvaises pratiques du corps, de la parole ou delà pensée. — Tous ceux qui agissent selon les règles prescrites (par ce cœur) auront sous la main laBôdhi des Buddhas.

Bhagavat dit : Fils de famille, (puisque) ta compassion^ pour tous les êtres est telle et si grande, c'est bien ! c'est bien ! Fils de famille, par ce moyen tous les êtres ont la possibilité d'êlre établis dans laBodhi parfaite et accomplie au-dessus de laquelle il n'y en a pas. Moi aussi, j'ai saisi (ou adopté) ce cœur, et j en ai éprouvé de la joie. Fils de famille, dis-le, parle !

Alors le Bôdhisattva Mahâsattva, le noble Avalokiteçvara se leva de dessus de son tapis, rejeta son manteau sur une épaule, adora avec la tête les pieds de Bhagavat et prononça le cœur :

Namo ratnatrayâya | nama ârya jnâna sârara (sic) Vairocana-vyûha-râjâya | Tathâ-

1 Tib. Rtsa-vai-ltung. Uung signifie « chute • Rtsa a le sens de « racine » et de « artère. » Il s'agit probablement de quatre grands crimes (meurtre, vol, impureté, orgueil spirituel) qui composent la première série de rémunération du Pratimoxa (V. p. 103 ci-dessus).

* Tib. llts'ams ma mchis « où il n'y a pas d'intermédiaire ». Il s'agit des cinq crimes considérés comme inexpiables ou comme punis infailliblement aussitôt après qu'ils ont été commis. Ce sont, d'après M. Jaeschke, le meurtre d'un père, d'une mère, d'un Arhat, d'un Tathagata, la division créée dans la confrérie. V. ci- dessus, p. 94-102.

3 Sont-ce les dix qualités et les quatre avantages dont il a été question plus haut? C'est probable; mais nous ne pouvons l'affirmer.

gatâya | arhate | samyaksambuddhâya | Nama : sarvatathâgatebhya : arhadbhya : gamyaksambuddhebhyo | Nama : âryâvalokiteçvarâya bodhisattvâya mahâsattvâya mabâkarunikâya | *

Tadyathâ | Om dharadbara | dbiridhiri | dhurudburu | ite vatte | cale cale | pracalc pracale | kusume kusumapare | Ili milicitijvalamapanaya svâhâ |

(L'observation de) cette règle fait réussir tous les actes indistinctement; en cas de fièvre qui se produit le premier jour, le second jour, le [troisième jour, le quatrième jour2, de Dâkinî, de Piçâca, de corruption du corps 8, d'épilepsie, de goitre, de guirlande de riz*, de lèchement de vache5, etc., de poison, d'abcès, de maladies de la peau, etc., on enduit d'argile (la partie malade ?) en prononçant (ce mantra). Quand on l'a murmuré sept fois, on fait réussir l'acte.

Si l'on a été pris, saisi par un Graha enfant0, on a de l'huile (à sa disposition) ; si on a un mal d'oreille, on a (à sa disposition) la plante anma 7 et de l'huile ; si l'on a une maladie du nez et qu'on y applique le ffro-va8, on l'apaise par ce moyen. Dans toutes les maladies, après qu'on a appliqué (le remède), en lisant (le mantra) on réussit.

Fin de la Dhâranî Sublime appelée « les onze faces d' Avalokiteçvara » .

1 Cette première partie est intelligible et se compose d'une série d'invocations : Adoration aux trois joyaux! Adoration au noble roi de la construction de Vairocana moelle de la connaissance, Tath&gata, Arhat, parfait et accompli Buddha! Adoration à tous lesTathâgatas, Arhats, parfaits et accomplis Buddhas! Adoration au noble Avalokiteçvara Bodhisaltva Mahâsattva à la grande compassion! * Ou la fièvre qui dure un jour, deux jours, etc.

3 La gangrène (?) ou un génie divin qui pénètre les corps morts, tels que la Dâkinî et le Piçâca cités plus haut.

4 Nom de quelque maladie.

5 Nom de maladie déjà rencontré, V. p. 147.

0 Nom de quelque mauvais génie ou plutôt de quelque maladie.

7 Tib. ru-vta. Inula Helenium, selon Jaeschke.

8 Nom tibétain d'une plante médicinale non identifiée.

QUATRE DHARANIS DE MANJUÇRI

Après ce texte d'une certaine longueur, relatif à Avaiokiteçvara, il est presque indispensable d'en donner un, ou plusieurs assez courts, se rapportant à Manjuçri. Ces deux noms sont presque inséparables. Si Avaiokiteçvara est le plus renommé des Bodhisattvas par la miséricorde, la compassion, la bonté du cœur, Manjuçri l'est par la finesse de l'intelligence, le don de la parole. Il est donc juste de faire succéder à une Dhâranî d' Avaiokiteçvara une ou plusieurs Dhâranîs de Manjuçri. Nous choisirons donc quelques textes fort courts qui se suivent, et peuvent être considérés comme n'en formant qu'un seul. Ils se trouvent dans le onzième volume duRgyud. Il n'y en a que deux dont Csoma ait donné les titres : ce sont le premier et le dernier qui ont des titres sanskrits. Une des particularités les plus remarquables de ces textes, c'est que les Dhâranîs qu'ils renferment sont présentées comme ayant la vertu d'effacer les cinq crimes inexpiables1; ce qui est un avantage du plus haut prix.

Voici la traduction de nos textes :

— Rgyud XI; folios 501-2 —

En langue de l'Inde : Arya-Manjucri-mukhato nâma* dhârani.

1 Voir la note 2 de la page 436 ci-dessus.

2 Je corrige la leçon sdhhâto qui me parait fautive.

En langue de Bod : Hphags-pa hjam-dpal-gyi jal nos gsungs pa jes bya vahi gzuHgs.

En français : Sublime Dharâni appelée « de la bouche de Manjuçri ». Adoration aux trois joyaux! Adoration au noble Manjuçrî.

Namo ratnatrayàya | namo Bhagavate | dharmadhâtu nigarjita râjâya | Tathàgatâja | arhate | samyaksambuddhâya | Namo Manjuçriye | kumârabhûtâya | f.

Tadyathâ | Àjnânaloke | triratnam paça sidbarini | bhagavate | abâyam dahatapa-

bodicitate vajraparipalàya | samagama babhasimha namhana | sarvasatvasantanapatitam

| kleçânud ts'aiçâya | varlâxana I alankrtaçarîde | bodhisatva çûvatipûlâya | buddha-

nadeçâya | devânâga-yaxa | gandharva | asura | garuda I kinnara | mahoraga | maha

(sic) raga | vaçesthapàya | apayidadata svâhâ.

L'utilité de cette Dhâranî est que, si on la prononce même une seule fois, les obscurités accumulées par les actes pendant mille kalpas sont purifiées. A l'heure de la mort, on verra (la figure) du noble Manjuçrî, on verra aussi le corps du noble Avalokiteçvara orné d'une touffe de cheveux au sommet de la tète. En somme, la vertu de cette Dhâranî est illimitée.

Fin de la Dhâranî intitulée « de la bouche de Manjuçri ».

Adoration aux trois joyaux! Adoration au protecteur doux !

Ensuite Manjuçrî devenu jeune homme (Kumâra-bhûta), s'étant levé de dessus son tapis, rejeta son manteau sur une épaule, posa en terre la rotule du genou droit, et, faisant l'anjali en se tournant du côté où était Bhagavat, il adora avec la tête les pieds de Bhagavat, et adressa à Bhagavat ce discours : Bhagavat, j'ai vu la science; si je disais cette science excellente, elle serait comme une merveille. — La réunion tout entière donna au Bodhisattva Mahâsattva Manjuçrî (l'encouragement) c'est bien! (en disant) : Manjuçrî, c'est bien ! c'est bien ! Manjuçri, dis la science ! — Je la dirai au moyen de la parole (ou du mantra) de Bhagavat.

Le Bodhisattva Mahâsattva ayant offert son adoration à toutes les lois cœurs de tous les Buddhas, dit la science :

* Adoration aux trois joyaux! Adoration à Bhagavat, le roi qui a proclamé les éléments de la loi, le Tath&gafa, Arhat, parfait et accompli Buddha. Adoration à Manjuçri Kumàrabhùta, etc.

Namo sarvatathâgatebhya : namo Man jucrîye | bodhisatvâya | Om manjavara | manjughosa | hana | hana | pacapa | matamata I mathamatha | vaidhasàya | vidhvamsâya | karakara I hûta hûta | bhanjabhanja | abhasi ambhasi | tuta tuta | tuta tuta | sphuna sphu tarda hrdayam pandhani |

Nama : sanibodhani | prabhesa | prabhesa | lotalota | krita krita | kridakrida krida krida | krita krita I hasahasa | prapranadha | prabranadra | aprepa | abhiça | hum hum hnm | phata phata phata I sûna | I

Celui, quel qu'il soit, qui répète (cela) trois fois à minuit, et le répète encore sept fois le jour, obtiendra, en ce faisant, la grande science. On apprendra trois cents çlokas (à sa louange ?) .

Voici le cérémonial (à observer) : on confectionne un disque en bois de sandal, on fait l'offrande d'une lampe de beurre fondu, puis on murmure huit mille fois (les paroles de ce mantra); et alors on réussit. Si on ne réussit pas, on apprendra cent çlokas par jour. Bhagavat, si on ne réussit pas par cette pratique que j'ai enseignée, celui (qui n'a pas réussi), quel qu'il soit, eût-il commis les cinq crimes inexpiables, c'est moi qui me trouverai avoir commis comme lui (ou pour lui?) les cinq crimes inexpiables1.

Fin de la noble Dhâranî intitulée : le blâme infligé par Manjuçri.

Adoration au noble Manjuçri.

Om | bâkyam te jàla | Om bâkya se se *và | Om bftkya manjaye | Om bhâkya nilthaya Om bàkye yanama | Om bàkye de nama : *

Si on lit vingt et une fois ce « nom » (caractéristique) de Manjuçri, toutes

les obscurités provenant de la perpétration des cinq actes inexpiables sont purifiées.

Fin du « nom » du noble Manjuçri.

* Phrase difficile. Elle signifie que Manjuçri prend sur lui là responsabilité des crimes commis par celui dont il parle, si le rite est inefficace ; ou bien, c'est une simple manière de parler revenant à ceci : je veux élre tenu pour coupable des cinq crimes inexpiables, si l'efficacité de ce rite n'est pas constatée même dans les cas les plus graves.

2 Le mot bâkya, qui est l'élément essentiel de cette Dhâranî doit être le « nom » caractéristique de Manjuçrt. Il faut sans doute lire Vâkya (parole). On sait que la parole, Pëloquence est le principal attribut de ce Bodhisattva* En sanskrit et surtout en tibétain, b et v se confondent facilement.

En langue de l'Inde : Arya Manjuçri Bhdtarakasya prajnd buddhi vardhana-nârna Dhârani .

En langue de Bod : Rje btsurn hphags-pa hjaùi-dpal-gyi çes^rab dang blo hphel-va jes bya-vai gzungs.

(En français) : Dhâranî intitulée : Augmentation de l'intelligence et de la science élevée du révérend noble Manjuçri.

Adoration aux trois joyaux.

Namo Manjuçriye kumârabhûtâya | Tadyathâ | om araja viraja | cuddhe viçuddhe çodbani viçodhani | çodha viçodhaya | vimale1 jayavati dura cale hum hum hum phata phata phata I svàhâ |

Quiconque retient ceci sera pendant tout un mois doué d'intelligence, aura une voix douce, une belle forme. En murmurant (ce mantra) une fois, on tourne et on retourne dans le Samsara pendant mille kalpas, mais aussi pendant tout ce temps (?) on se rappellera ses naissances. En le murmurant cent mille fois, on devient avisé; en le murmurant deux cent mille fois, on saisit la science ; en le murmurant trois cent mille fois, on arrive à voir la face de Manjuçri. Si on ne réussit pas parce qu'on a commis les cinq actes inexpiables, en ce temps-là, moi -même je commets les cinq actes inexpiables2. Que par nous les bienheureux Buddhas soient à l'aise !

Fin de la Dhâranî intitulée : Augmentation de l'intelligence et de la science du révérend noble Manjuçri.

* Toub cet termes expriment la pureté, la purification, l'exemption de souillure et de passion.

* Répétition de la pensée qni a motivé la note 1 de la page 440 ci-dessus.

ànn. G. — B 56

DEUX DHARANIS RELATIVES AUX PRETAS

Les deux textes qui suivent, et que nous donnons dans l'ordre inverse de celui qu'ils ont dans le Kandjour, n'ont pas de titre sanskrit ; Gsoma, dans son analyse, ne les désigne pas spécialement, il les indique en bloc avec d'autres renfermés entre les folios 190-200 du volume XIV du Rgyud.

Ces textes se distinguent par la brièveté du mantra qu'ils enseignent et qui est le même dans l'un et dans l'autre, car ils traitent tous les deux - du môme sujet. "Les syllabes inintelligibles n'y figurent pas; par contre, les invocations qui se comprennent et la description des actes à accomplir y occupent une assez grande place. C'est une circonstance qui contribuera peut-être à les rendre plus intéressants. Ils ont d' ailleurs le mérite de confirmer ou de compléter ce que nous avons eu déjà l'occasion de dire sur les Prêtas.

Voici le premier de nos textes :

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