‹ Fragments, extraits du KandjourChapitre 192 sur 295 · CÉRÉMONIE POUR PAIRE i/OFFRANDE DE LA REPRISE D'flALEINE · texte numérisé non relu

CÉRÉMONIE POUR PAIRE i/OFFRANDE DE LA REPRISE D'flALEINE

A UNE PRBTI QUERELLEUSE 4

-Rfyud XIV, folio* 191-8. -

Le texte que nous donnons maintenant a une grande analogie avec le précédent ; il peut en être considéré comme une variante et un abrégé. Les termes de la Dhâranî citée sont les mêmes, le nom seul est un peu changé. En somme, c'est au fond la même chose. On en conclura sans doute que j'aurais pu me dispenser de le donner. Néanmoins j'ai cru devoir le conserver parce qu'il me paraît faire l'office d'un commentaire, ou, si l'on aime mieux, parce que les deux textes me paraissent se commenter l'un l'autre, tant pour l'ensemble que pour certains détails. Dans le Kandjour, ce texte-ci, qui est le plus court, vient le premier ; nous avons préféré intervertir l'ordre et ne le faire venir que le second. En voici la traduction :

Ensuite Bhagavat, résidant dans le pays de Kapila, dans le jardin du Nya-

* Littéralement : à bouche brûlante. D'après le dictionnaire, ce composé signifie « querelleur » Mais alors le nom de Preti du texte précédent devrait avoir le même sens; nous ne le pensons pas parce qu'il »'y trouve des expressions qui désignent clairement un feu réel, et que d'autres descriptions de Prêtas les montrent avec une langue de feu. Faut- il donc donner cette acception au terme qui nous occupe ici? Peut être ; néanmoins nous gardons la signification fournie par le Dictionnaire, parce que la forme du composé nous paraît s'y prêter, malgré un détail subséquent qui favoriserait l'autre interprétation.

grodha avec une grande assemblée de Bhixus, une grande troupe de Bôdhisattvas, une grande troupe d'êtres, enseignait la loi.

Ensuite, Ananda assis à l'écart, rentré en lui-même, avait concentré ses pensées sur un seul point, de manière que la loi se manifestait pour lui. Dans la dernière partie de la nuit, une Pretî querelleuse, assise en face de lui, lui dit : Eh ! Ananda, après-demain tu mourras et tu seras mêlé (aux autres) dans cette demeure des Prêtas.

Ananda lui dit : Quel moyen y a -t-il de résister (à cette menace) ?

La Preti répondit : Ananda, si tu donnais à autant de Prêtas qu'il y a de millions et de millions de grains de sable dans le Gange, (si tu donnais) à chacun à manger et à boire pour un drona du Magadha, si tu rassasiais cent mille Rsis brahmanes, (enfin) si tu faisais en mon nom une offrande1 aux trois joyaux ; de cette façon ta vie se prolongerait, et moi je partirais en mourant du monde des Prêtas pour renaître dans le monde du Svarga.

Ensuite, Ananda, ayant considéré cette Pretî querelleuse, maigre et de mauvaise couleur, au corps grêle, à la bouche dardant une langue de feu, affamée et altérée, à la chevelure confusément mêlée et agitée, aux dents et aux ongles longs, ayant (de plus) entendu sa voix désagréable et repoussante, éprouva de la crainte et de l'horreur ; ses cheveux se hérissèrent ; il se leva de dessus son tapis, et promptement, rapidement, en toute hâte il se rendit au lieu où était Bhagavat, salua les pieds de Bhagavat et parla ainsi tout tremblant : Bhagavat, je demande à me réfugier (auprès de toi) ! Sugata, je demande à me réfugier auprès de toi. C'est après -demain que je dois mourir; Bhagavat, j'ai vu une Pretî querelleuse : tu mourras après-demain, m'a-t-elle dit. — Quel moyen de résister à ce coup ? ai-je répondu. — Là-dessus elle m'a dit : Si tu rassasies comme il faut autant de centaines de mille de dix millions et de millions de Prêtas qu'il y a de grains de sable dans le lit du Gange, si tu rassasies cent mille Rsis brahmanes, à cette condition, ta vie sera prolongée. — Bhagavat, je te prie de me dire comment je pourrai arriver à remplir cette condition.

Alors le bienheureux Tathâgata Çâkyamuni parla ainsi à l'âyusmat Ananda : Ananda, n'aie pas de crainte au si\jet du moyen par lequel tu arri -

i On a déjà vu que c'est la manière de délivrer les Prêtas (Voir ci-dessus p. 289-ôi.)

veras à rassasier les Prêtas ainsi que les Brahmanes Rsis ! Ananda, il existe une Dhâranî appelée, « la rapide, chaude (et) large qui a de l'éclat dans toutes (les circonstances) * ». Par cette Dhâranî, à chaque don que l'on fait, on rassasie autant de Prêtas qu'il y a de cent millions de dix millions de millions et de millions de grains de sable dans le lit du Gange; et Ton donne à chaque Prêta et Rsi brahmane une quantité d'aliments et de breuvages égale à sept dronas du pays de Magadha. Cette (Dhâranî), moi jadis étant Brahmane, je l'ai reçue de la splendeur des Bôdhisattvas Mahâsattvas seigneurs du monde, des Tathâgatas seigneurs du monde. Par elle j'ai nourri et désaltéré des Prêtas et des Rsis brahmanes en nombre considérable, en nombre très considérable. Et tous ceux-là ont quitté, en mourant, le monde des Prêtas pour naître dans le inonde des dieux. Saisis-la, Nanda , et reçois-la.

Nama : Sarvatathâgata Avalokite | om Sambhara Sambhara hum.

Ananda, murmure sept fois ces mots pour le don à faire aux Prêtas, étends la main et fais ton offrande ; fais aussi claquer tes doigts. En procédant ainsi, ton don une fois offert, les Prêtas des quatre régions seront rassasiés en aussi grand nombre que les cent mille fois dix millions de millions et de millions de grains de sable du Gange ; et chaque Prêta aura reçu en don une quantité égale à un Drona du pays de Magadha. Et ceux-là, pour autant qu'ils auront mangé, quitteront par la mort le monde des Prêtas pour naître parmi les dieux.

Ananda, il faut que tu prononces (ce mantra) pour les Bhixus, pour les Bixhunîs, pour les Upâsakas, pour les Upâsikas, constamment, sans interruption. En agissant ainsi, tu auras un tas de mérites religieux; — ta vie sera longue; — tu auras l'amas de mérites religieux de cent mille fois dix millions de Tathâgatas; — tu seras constamment invisible aux êtres non humains, aux mangeurs de chair, aux Kumbhandas, etc., aux Yaxas, aux Raxasas, aux Grahas, aux Prêtas ; tu auras la beauté, tu auras la majesté, tu auras la mémoire.

Selon ce désir de rassasier les Rsis brahmaniques, il faut offrir tes dons et

1 Tib. Thams-cad-du-od-dang-ldan-jc-rgia -tsan tvgs-ldan. Ce que je re&lilue en sanskrit de la manière suivante : Sarvesvdbhâsavati vistarosna-vegavati.

Ann. G. — B r/j

tes présents dans un vase blanc, murmurer sept fois (le mantra) sur ce vase et faire le don en un lieu où il y a un ruisseau. En agissant ainsi, tu rassasieras d'aliments et de breuvages divins autant de R sis brahmaniques qu'il y a de centaines de mille de dix millions de millions et de millions de grains de sable dans le lit du Gange. Quand ces Rsis brahmaniques auront leurs sens satisfaits, ils feront entendre cette parole : Om ! sois heureux et à l'aise ! — Ces êtres, ayant des inclinations pures, auront tous une majesté brahmanique; — pratiquant constamment le brahmacarya, ils auront des racines de vertu aussi nombreuses que les centaines de mille de dix millions de millions et de millions de graius de sable qui sont dans le lit du Gange ; — tous leurs ennemis seront sans cesse chancelants.

11 faut offrir au Buddha, à la Loi, à la Confrérie, soit des fleurs, soit de l'encens, soit des parfums, soit des aliments, soit ce qu'il faut pour (apaiser) la soif, et alors on murmure vingt et une fois (le mantra). En ce faisant, le fils de famille ou la fille de famille, le Bhixu ou la Bhixunî, l'Upâsaka ou l'Upâsikâ, par cette offrande divine au Buddha, à la Loi et à la Confrérie du champ de tous les Tathâgatas des dix régions, par l'excellence de l'offrande du Tathâgatha, deviendra digne de recevoir (lui-même) des offrandes, digne d'être exalté, digne d'être honoré ; il sera protégé par tous les Tathâgatas, par ceux qui méditent profondément et font des prédictions, par tous les dieux.

Va, Ananda, prends cette Dhâranî enseigne- la parfaitement à tous les êtres, et rassemble du même coup toutes les racines de vertu ! Voilà ce que j'ai à te dire.

Fin de la cérémonie pour donner à la -Pretî querelleuse, (la faculté) de reprendre haleine.

SURUPA

La Dhâranî qui porte le nom de Surûpa concerne aussi les Prêtas, mais d'une façon moins spéciale et moins précise que les précédentes. Elle est aussi plus courte. Le titre de Surûpa (« beau ») lui vient, comme l'indiquent les termes mêmes du Mantra, du nom d'un Buddha qu'il en faut sans doute considérer comme l'inventeur, quoique cela ne soit pas formellement énoncé.

Voici ce texte :

DHARANI SURUPA — Rgyud XIV, folio 190. —

En langue de l'Inde : Surfipa-nâma Dhârant. En langue de Bod : Surûpa jes bya-vahi gzungs. En français : Dhâranî appelée Surûpa. Adoration à tous les Buddhas et Bodhisattvas.

Nama : surûpâya | tathâgatâya | arhate | sammâsambuddhhâya | tadyathâ | l Om suru suru | prasuru prasuru | tara tara bhara bhara | sambhara sambbara | smara smara | santarpaya | santarpaya sarvapreta nâma svâbâ |

ïl faut, par cette Dhâranî, après en avoir murmuré les termes sept fois surdes aliments accompagnés d'eau et avoir fait entendre trois fois le bruit

* Adoration à Surûpa, Tathâgata, Arhat, parfait et accompli Buddha. — C'est de ce début qu'il est permis de conclure que le Mantra porte le nom d'un Buddha. — Les derniers mots de la Dhâranî, signifient : Rassasie, rassasie tous les Prêtas. Adoration l

du claquement des doigts de la main gauche, faire, une offrande à tous les Prêtas, à (toutes) les régions delà terre de vérité *. Il faut alors prononcer ces paroles : Vous qui cherchez une occasion, qui êtes à l'affût d'une circonstance (favorable à vos mauvais desseins) retirez-vous ! je me prépare à offrir des aliments aux Prêtas qui habitent dans toutes les régions du monde. — Telles sont les paroles qu'on prononce ; et, avant de toucher à ses propres mets, on fait son offrande. De cette façon, on donne à tous les Prêtas un drona de riz pour la nourriture de chacun individuellement.

En agissant ainsi, on n'est point exposé, de naissance en naissance, à avoir une situation petite, à être pauvre; (au contraire), on a une grande force, la beauté, un aspect réjouissant, l'opulence et l'abondance; on est longtemps sans maladie, on arrive promptement à être un Buddha doué de la Bodhi parfaite au-dessus de laquelle il n'y a rien; après la mort, on renaît dans la région du monde de Sukhavati.

Fin de la Dhâranî appelée «belle forme (Surûpa) ».

1 Je ue connais pas la valeur et le sens précis de cette expression.

SAPTA-VETALA-DHARANI

Les Vetâlas que ce texte enseigne le moyen de conjurer sont des mauvais génies, des génies impurs qui hantent les cimetières et entrent dans les corps morts pour les animer momentanément. Ils semblent être ici le type des êtres malfaisants ; car bien que des Vetâlas déterminés et même dénommés soient en scène dans notre texte, il y est aussi question de diverses autres espèces de mauvais génies.

Ce texte est difficile; il renferme des termes peu connus, présente des détails bizarres ou obscurs. Je n'ai pas trouvé la clef de toutes les énigmes qui se présenteront, et je prie le lecteur de ne pas être trop étonné s'il trouve certains membres de phrase peu intelligibles.

DHARANI POUR SEPT VBTALAS — Rgyud XtV, *8; folios 185-180. —

En langue de l'Inde : Arxja sapta vetâla Dhârani. En langue de Bod : Hphagspa ro-langs \dun pa jes bya-vai gzungs. (En français) : sublime Dhârani intitulée sept Vetâlas.

Adoration a tous les Buddhas et Bodhisattvas.

Voici le discours que j'ai entendu un3 fois : Bliagavat résidait à Ràjagrha, sur la montagne du pic des vautours avec une grande assemblée de douze cent cinquante Bhixus. Le Çramana Ayusmat Ananda était assis près de lui en arrière.

En ce temps-là, des parivrajakasTîrthikas envoyèrent sept grands Vetâlas pour nuire à Bhagavat. Ces (Vetâlas) s'approchèrent de Bhagavat ; mais ils ne trouvèrent pas d'occasion propice, ils ne trouvèrent pas une combinaison (convenable). N'ayant pas trouvé d'occasion, n'ayant pas trouvé de combinaison, ils vinrent à l'endroit où était rAyusmat Ananda et touchèrent le corps de l'Âyusmat Ananda. Immédiatement, au moment du contact, Ananda ressentit une douleur intolérable, aiguë, cuisante, des sensations qui allaient jusqu'à la mort.

Alors l'Âyusmat Ananda fit en lui-même cette réflexion : J'éprouve une douleur intolérable, aiguë, cuisante, des sensations qui vont jusqu'à la mort. Et Bhagavat n'y songe pas ! Je suis dans une telle détresse, et le Sugata n'y songe pas !

A ce moment, l'Âyusmat Çariputra, l'Âyusmat Mahâ-Maudgalyâyana, TÂyusmât Ananda étaient assis à une distance assez faible (les uns des autres), Ces (plaintes) d'Ananda sur ses petites misères, furent entendues de rÂyusmat Çariputra et de l'Âyusmat Maudgalyàyana. Tous deux se rendirent auprès de l'Âyusmat Ananda et lui dirent : Ayusmat Ananda, n'as- tu pas dit : J'éprouve une douleur intolérable, aiguë, cuisante, je la ressens vivement ; et Bhagavat n'y songe pas ! — Tel fut leur discours.

L'Âyusmat Ananda leur répondit : Ayusmats, mon corps a subi un contact tel que si on m'avait scié la tête ; tel fut le contact qui s'est produit sur Ananda.

— Ananda, ne crains rien ! nous te placerons sur un siège ; puis, nous irons près du Tathâgata lui présenter nos hommages ; ce bienheureux t'accordera sa protection.

Alors rAyusmat Çariputra et l'Ayusmat Mahâ-Maudgalyâyana placèrent l'Âyusmat Ananda sur un sopha ; puis, s'étant rendus auprès de Bhagavat, ils se placèrent près de lui... (lacune) '.

Ensuite Bhagavat dit à rAyusmat Ananda : Es -tu donc affligé de douleurs intolérables, aiguës, cuisantes ? Est-ce là ce que tu ressens ? — Oui, véné-

* Les deux disciples doivent exposer au maître le cas d' Ananda, et le maître 'doit le mander auprès de lui. — Rien de tout cela n'est dit; et il n'y a dans le texte aucune solution de continuité. Cela ne peut s'expliquer que par une omission du graveur très facile à comprendre. La partie manquante devait finir aomme le présent paragraphe par les mots : il (Ananda) se plaça prés de lui»

rable Bhagavat. — Eh bien! Ananda, puisqu'il en est ainsi, écoute bien et garde dans ton cœur ce que je vais te dire :

Ananda, tu as été touché par sept grands Vetâlas, d'une grande force, difficiles à dompter, dont la seule vue est nuisible ; ils sont au nombre de sept. — Quels (sont ces) sept? demanderas- tu. — Les voici : Mâlagraha, Manigraha, Gandal, Candâla, Mayùra-hrdaya, Xitâyu, Kambalavat *. Voilà, Ananda, les sept Vetâlas à la grande force, difficiles à dompter, difficiles à approcher, d'une grande puissance surnaturelle, d'un grand pouvoir. Ananda, chacun de ces Vetâlas, s'il le voulait, pourrait avec le gros orteil de son pied gauche je ter en bas le roi des montagnes, le.mont Meru; il n'a qu'à fixer ses regards sur le mont Meru, le roi des montagnes, pour le détruire ; s'il le regarde d'en haut, il le met en morceaux : s'il le regarde d'un des points cardinaux, il 4e fait mourir 2, s'il le regarde d'un des points intermédiaires, il le fait revivre par le feu3. — Ce sont ceux-là qui t'ont touché. Gela étant, c'est par la puissance du Tathâgata, par le respect avec lequel tu as entendu la loi, par la bénédiction du Tathâgata que ton corps est encore en vie.

— Bhagavat, je te prie de me guérir, je te demande de me guérir et de me mettre à bien; je te prie de détourner (le mal), je te prie d'arranger tes mains 4, je te prie de faire le ligament avec le fil.

— Ananda, en conséquence, écoute bien attentivement, et retiens avec soin ce que j'ai à Renseigner, par exemple (iadyathâ) :

Hara | mahâgere | ghasarapati | dhara dhari | dharani | ts'o-ra ts'or-ni | karotiti | karota samâdhini I samarasarani I sarana gotamati | samabhave I bhavanâ I nâgare I bhadina-sadhanita svâhâ I

Ananda, en prononçant cinquante-deux fois les paroles de cette Dhâranî, en laissant cinquante-deux nœuds 5, on porte le dommage dans le cœur de

1 Voici les noms tibétains (dont nous avons essayé la restitution en sanskrit) avec leur signification : Phreng-va hdzin « preneur de guirlande»; Mani-graha« preneur de joyaux » ; Qtum-po « furieux »; Gdol pa « hors caste » ; Rma-byai'Sàing « cœur de paon » ; Tsc-zad « temps (ou vie) achevé » ; Lavolcan « vêtu de coton ».

* Le mont Méru (!)

3 Ou a le fait brûler vivant »(?) Toujours le mont Mërut — à moins qu'il ue s'agisse d'êtres quel cou* ques, sur lesquels tomberait le regard des Vetâlas»

* De faire le mudrd*

5 Je pense qu'il s'agit d'une sorte de chapelet.

tous les parleurs ! (?), de tous les Bhûtas ; ou est délivré du mal qu'ont fait tous les Grahas 8.

— Bhagavat, c'est bien !

— Fais ainsi.

— Encore une demande ! c'est de faire que je ne meure pas.

— En ce cas, Ananda, écoute et retiens bien. Par exemple (tad yathâ):

Bad-tsala-bale | mahâ bad-tsale baie bbili bbili | mahâ bhirini | nimirini | hanahanahati ri | macathâ | mavicirathâ | stiristhiramule | mathanirmathani | calani | mâkani | jambhani | pîdâni | vayasvaskrani | bhagavati | Tathâgata | vitathe | tiveghadhare | paraprade | hare tlstha I nilàsvina svâhâ

Ananda, ces Vétalas frappent d'estoc et de taille ; ils sont malicieux, pleins de rage, meurtriers. On les repousse (?) par ce charme, en le murmurant vingt et une fois sur un fil de Kemuruka 3 et on laisse passer vingt et un nœuds ; alors le grand Bhûta sera dans un trouble extrême. Par ce(moyen), on les évite tous, on en triomphe, on les apaise ; par ce (moyen), on réduit tous les Bhûtas en son pouvoir ; par ce (moyen) on apaise complètement tous les

Bhûtas. Ecoute, Ananda, voici ce que j'ai à t'apprendre; par exemple (iadyathâ) :

Dara dara dara I kara kara kara I mahâ kakkara I cara cara I caracara I raahàcada cara | halatalahala | hili hili | huluhulu | hire vire | hirikiri | virai(?) vicini karankari sarvabhûtànân | prajabhani J nilavarasani | caccha | cakra cakra I âyudhe svâhâ—

Ananda, ces paroles apaisent complètement tous les Yaxas, tous les Râxasas, toutes les incantations 4, tous les Prêtas, tous les mauvais génies 5, tous les péchés6; elle repousse et éloigne les violences royales et les collecteurs d'impôts. Dans ce cas, si on murmure trente -sept fois ce Vidya-manlra (?) de manière à laisser échapper trente-sept nœuds, ils seront tous immobilisés (paralysés, stupéfiés).

1 Brjod-brjed nom de quelques mauvais esprits.

* Grahdy tib. Qdon, aulre nom de mauvais esprits : « ceix qui saisissent, qui agrippent. »

3 Nom de plante (?).

4 II s'agirait d'incantations de l'adversaire.

5 Appelés byad en tibétain.

6 Peut-êlre s'agit-il de quelque élre malfaisant.

Ananda retiens bien les paroles de cette incantation, fais-la entrer (dans ton esprit), garde-la bien et abondamment dans ton cœur, et agis selon (leur formule) ; toi donc, Ananda, saisis-les bien et aie de la mémoire! Par exemple (tadyathâ) :

Dharadha I dha dhar | khara khara mahâ khara I mahà baie | va-vanâçani | goda tani I kutatani | kutatanî I samahâre | kûtadesti I kakhakhare I makuta | dhareni | mulukaka | xans kanike | samam smaçàna | kini | girini | bhogisa (?) svâhâ patada | makumàrakâ | | kritisvâsi | kinanibabuddhasi | vapudhya | vibudhyagrihanabhe | kratabhairava | vikrahabhairava | Mahàvage | kratina | harasi | kannamàrayasikinnisarvadeva | nâga | yaxa | gandharva | asura | saiva asura | sarvabhayaçamana | mata sara svàhâ |

Ananda, si on attache ce Vidya-mantra à une offrande faite par le feu ou à un fil, tout ce qui touche à la réalisation des désirs est frappé de crainte, tombe, est dévoré (??) .

Ananda, saisis bien ce Vidya-mantra qui réjouit tous les Vetâlas; par exemple (tadyathâ) :

Semele | mahâhabale | haradhare | ghoradbare | dharitti | ritti | virotti | kunatti | kutani | sagocani | kacari | khacari I marani | huhu | marona | mahâlâladhare | nayana mati- svâhâ |

Ananda, les paroles de cette incantation sont semblables et identiques à une malédiction terrible. Pour détruire tous les Bhûtas, il n'y a qu'à les murmurer vingt-quatre fois sur un fil de coton en laissant passer vingt -quatre nœuds. (Et alors), aucun des êtres qui apportent le malheur ne pourra nuire.

Ananda, saisis bien les termes de ce Mantra, saisis-les bien et complètement.

Ananda, ce Mantra-ci ne peut pas être saisi par le premier venu; en conséquence, Ananda, saisis bien ceci ! Par exemple (tadyathâ) :

Catacar | mahâ catacar | ciriciri | buru buru | mahâburu I sambhalc mahâsambhale | | mahâvela svâhâ |

Ananda, celui qui, dans ce monde avec ses dieux, ses démons, son Brahma, ses ascètes et ses brahmanes, ses hommes, ne table pas sur ce mantra, je ne

Ann. c» -*- b 58

le regarde pas, je ne le protège pas, je ne cours pas après lui. Cette incantation étant impérissable, soit qu'il s'agisse de faire vivre ou de faire cuire, ou délier, ou de vaincre, ou de brûler, si Ton murmure soixante et une fois ce Vidya-mantra, en laissant passer soixante et un nœuds, on calme tous les péchés, on coupe le Vidya-mantra (adverse?).

Ensuite, Ananda parla ainsi à Bhagavat. Bhagavat, c'est bien! je l'ai bien saisi ! Je (te) demande de laisser passer les nœuds, je (te) demande de faire l'arrangement des mains (mudrà).

— Ananda, en conséquence, par exemple (iadyathâ):

Bha bhare | bhare | bharani hare prahare | harani | kuthani toti | led chaddati |

Le Vidya-Mantra fait par Brahma est coupé; le Vidya-Mantra fait par Maheçvara est coupé; le Vidya-Mantra fait par Visnu est coupé; le Mautra fait par Çatakratu est coupé; le Vidya-Mantra fait par les quatre grands rois est coupé; le Vidya-Mantra fait par le général en chef des Yaxas est coupé; le Vidya-Mantra fait par le soleil et la lune est coupé; le Vidya-Mantra fait par le soleil et les planètes est coupé; le Vidya-Mantra fait par les planètes et les Naxatras est coupé; le Vidya-Mantra fait par les points cardinaux est coupé; le Vidya-Mantra fait par les points intermédiaires est coupé; le Vidya-Mantra fait en haut comme celui qui a été fait en bas est coupé; le Vidya-Mantra fait par les dieux est coupé ; le Vidya-Mantra fait par les Nâgas est coupé ; le Vidya-Mantra fait par les Garudas est coupé; le Vidya- Mantra fait par les Kumbhandas est coupé; le Mantra fait parles êtres purement sensitifs *, par les Çramauas, les Brahmanes, les Xatryas, les Vaiçyas, les Sudras, les hommes, les femmes, les Gandalas, les Mlecchas, les montagnards, les lions, les êtres transformés, les cœurs des Dramilas*, les gens civilisés, lesTongs-la-pa, les docteurs Mudagari3, en un mot, tous les êtres détenteurs de Vidya-tantras est coupé. Par exemple (iadyathâ) :

1 Ou par ceux qui n'obéissent qu'aux sensations.

* Ou Dravida (les Dravidiens ou Tamouls).

3 Je me borne à transcrire Je mot tibétain Tongs-la-pa et Mudagari; je ne puis en préciser la valeur. Mudgari pourrait signifier « armé d'un marleau »: Tongs-la-pa « qui perce » — Toute cette tirade signifie que le Yidya mantra dont il s'agit l'emporte sur tous le* aulres. Les Vidya mantras sont surtout des mantras propre à produire la guérisou.

Gagagâr liphu | mahâgagagâr liphu I viçephu | çaparasidhcphu | cardalephu | mahâ cardalephu | cagirdu | cinirephu | cicinirephu | cakradharophu | krsna phu | krsnaruvephu | candephu | segephu I pancalephu | bhimiphu | bhibâpalephu | vigalephu | vigala | axephu | ananda phu | samantaphu | nâçaniphu I cchedaniphu | vicchidaniphu | svâhà | krsani | vaxani | mârani | pinvani | vindanan | bakâni | nâçani | khâddyakanan | gala bhaniçani | dàhâmasi | bhasma | bhasmani | ma sa ni | bandhani svâhâ |

Ananda, ces quarante-deux termes1 enlèvent son éclat au général en chef de l'armée des Yaxas (??). Ananda, au moment où le soleil se lève, il y a un grand Vetâla appelé Hinsakâra2, qui, dans la saison d'automne vient à la suite des rayons du soleil ; et ceux que les rayons du soleil ont touché ceux qui ont été louches par ce réseau de rayons, sont atteints de contagion démoniaque et retranchés.

Ananda, il y a un Vetâla appelé Kaçcit 3 (« quelques-uns »). Voici ceux qui doivent être réunis dans l'intérieur de celui-ci. Celui qui s'appelle Nâgarâjagrhîta4 doit être réuni au dedans de lui; tous les Nâgas, tous les Kumbhandas, tous les Prêtas et tous les mangeurs de chair sont réunis au dedans de lui ; les Garudas sont réunis au dedans de lui ; Manigraha5 est aussi réuni au dedans de lui ; le dieu du vent aussi est réuni au dedans de lui. Le fils de Mayapratigraha6 est Paropadiçe, est une masse7 (?); celui-là aussi est réuni au dedans de lui ; Skandhagraha 8, Çaktigraha, sont aussi réunis au dedans de lui ; c'est aussi avec leurs ministres, avec leur cortège qu'ils ont été réunis au dedans de lui.

De tous les côtés, jusqu'à cent yojanas, j'ai exercé 9 des châtiments.

(Aussi) qu'est-ce que les Bhûtas peuvent me faire? J'ai surmonté toutes les inimitiés.

1 Je pense qu'il s'agit de la formule qui précède : je n'en trouve que 40. * Gnod-byed « qui nuit ».

3 Kha cig.

4 Klu-i rgyal-pos hdziii.

5 Un de3 sept Vélâlas cités au commencement, voir page 455. c Sgyu-ma-len gyi-bu.

" Je ne me rends pas compte de ce mot Paropadiçe qui doit correspondre à un mot sanskrit et est suivi du mot tibétain rud. liud signifie « chute, masse qui tombe ». — En lisant Paropadeça j'obtiens le sens de c conseilleur, donneur d'avis aux autres »; mais cela ne nous éclaire pas beaucoup.

8 Tibétain : Phung-po graha « preneur d'amas », Çaktigraha « preneur de javeline ». Dans le j remier de ces deux mois, Phung-po peut être traduit par raçi, Upadhi, Skandha,

9 Exercé ou subi.

Ils ont (beau avoir) une grande force pour tuer, les Vetâlas, que peuvent-ils faire ?

ceux-là aussi mes lacets les enveloppent de tous côtés.

Ceux-là aussi tous mes lacets (les retiennent) comme un brouillard qui les tiendrait dans l'obscurité. Par mes interrogations, j'ai toujours atteint le but. Puissent les paroles de mes incantations l'atteindre aussi !

Nama : siddhânân I siddhyantu mantrapâdâ svastir-me sarvasatvânânca svâhâ

Par la force qui est celle de tous les Buddhas, par la force qui est celle de tous les Arhats, par la majesté de la bonne loi, soyez abondamment dans le bien-être et le bonheur !

Par l'éclat des sublimes Buddhas, pour tous ceux qui sent dans des craintes perpétuelles, svàhâ!

Dans la cérémonie on murmure ces paroles soixante et une fois sur un fil rouge de Kemeru, de Bal-#dang-ma (?)2, etc., et on laisse passer les nœuds.

De cette façon, pour ceux qui font ce qu'ils ont à faire, pour tous les Bhûtas (ou êtres), les épileptiques (?), les esprits flottants (ou errants) etc., les donneurs de poison (?), les faiseurs de poison (?), les bipèdes, les quàdru pèdes, l'excellence du succès les accompagne partout3.

Quand Bhagavat eut prononcé ce discours, l'âyusmat Ananda et ce monde avec ses dieux, hommes, Asuras, Gandharvas, louèrent hautement le discours de Bhagavat.

Fin de la Dhâranî appelée les sept Vetàlas.

1 Adora! ion à ceux qui réussissent! que les vers du mtutra réus>isse.il ! Bonheur pour moi et pour tous les êtres.

* Ces mots insolites sont de plus imprimés d'une manière illisible. Dal-gdaiig (si c'est ainsi qu'on doit lire) pourrait signifier une raie, un fil de coto i. Kemeru est peut-être une autre forme de Kemu~ riika cité plus haut p. 456 (note 3).

3 Ce paragraphe est énigraatique et obscur.

SARVA-ROGA PRAÇAMANI DHARANI

Voici maintenant quelques Dharanîs destinées#à combattre la maladie. Nous commençons par en donner une qui a le pouvoir de chasser tous les maux et qu'on peut dès lors considérer comme la panacée universelle :

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