‹ Fragments, extraits du KandjourChapitre 194 sur 295 · IX · texte numérisé non relu

IX

ARYA-JVARA PRAÇAMANI-DHARANI

Voici maintenant une Dhârani relative à une maladie spéciale ou à une classe de maladies, la fièvre, appelée en sanskrit jcara, en tibétain rims-nad. Les lexiques rendent le terme tibétain par : « Epidémie, mal contagieux. » J'adopte la signification indiquée par le sanskrit.

Je donne deux Dharanîs sur ce sujet: la première, qui est sans doute la plus importante, a la forme ordinaire des Sutras. La seconde n'a pas de titre sanskrit, ni même de titre tibétain. Le titre se trouve seulement dans la mention finale. Elle se compose d'une simple invocation suivie immédiatement des formules de la Dharanî, puis de courtes recommandations qui sont cause que je lui donne la qualification de « amulette ». Elle vient à la suite du Sarvaroga-praçamani et précède le Jvara-praçamani, au lieu de le suivre ; j'ai interverti l'ordre.

Voici nos textes :

DHARANi SUBLIME TOUR CALMER LA FIEVRE

— Rgyud XIII, folio 2T5. —

En langue de l'Inde: Arya-jvara-praçamani nâma Dhârani. En langue deBod: llphags-parimsnadrab-tuji var byed-pa ces bya-vai-gzungs. (En français) : Sublime Dharanî appelée celle qui apaise la fièvre.

Adoration à tous les Buddhas et Bodhisattvas.

Voici le discours que j'ai entendu 11113 fois. Bhagavat résidait à Râjagrha, dans la forêt froide (du) grand cimetière.

Ensuite, un Bhixu se rendit auprès de Bhagavat ; et, quand il y fut arrivé, il adora avec la tête les pieds de Bhagavat, et s'assit à une petite distance. Une fois assis à une petite distance, ce Bhixu parla ainsi à Bhagavat : vénérable Bhagavat, supposons que, en ce moment, les êtres soient atteints de la fièvre ; je prie Bhagavat de les protéger.

Alors Bhagavat dit à Ananda : Il y a dans cette région une fièvre appelée jvalamâlâ*. Le premier jour, le deuxième jour, le troisième jour, le quatrième jour, celui qui est compatissant et qui éprouve de la pitié pour les êtres peut avoir à sa disposition cette formule de Dhâranî. Par exemple (tadyathâ):

Ivalanijrilani | prativani | praçamani | ma fièvre, va-t-en! ne reste pas *, | svâhà. Par la vérité, par la parole de vérité, par la vérité et la parole de vérité du Buddha du monde, de la Loi, de la Confrérie, ma fièvre, va-t-en, ne reste pas! svâhâ. Siddhantu mantrapatrâ vadhara vidva na prama anumodo svâhâ || 3

On murmure cette formule vingt et une fois sur un fil noir, et on laisse passer vingt et un nœuds.

Quand Bhagavat eut prononcé ce discours, ces Bhixus se réjouirent et louèrent hautement les paroles de Bhagavat.

DHÂRANÎ -AMULETTE

— Rgyud XIII, folio 255. —

Adoration aux trois joyaux. Adoration à Amitâbha. Par exemple (tadyathâ) :

Ilimitimele | hanesahane — un tel4 — jvara bandha me I eka hekana | hrihikam | caturcakana | snitya jvarana svâhâ |

On n'a qu'à écrire cette cérémonie (ce rite) et l'attacher à son cou pour être exempt de fièvre.

Fin de la Dhâranî qui apaise la fièvre.

' Tib : mt'lce i hphreng « guirlande de langues de feu ».

1 Ou « ne brûle pas » ! le mot revient deux fois : la première, on lit : vdug « brûler » ; la deuxième hdug « reste, séjourner ».

3 La Dhâranî étant composée de phrases tibétaines intercalées entre des mots sanskrits ou soi-disant tels, j'ai traduit la partie tibétaine et transcrit purement et simplement le reste.

* Je ne m'expliqne pas bien l'intercalation du mol tibétain que je traduis ainsi au milieu de cet mots sanskrit ou à physionomie sanskrite»

AXI ROGA PRAÇAMANI

Plusieurs des Dhâranîs que Ton vient de voir ont la forme des Sûtras. Celle- ci en a, à la fois, la forme et le nom ; c'est un Sûtra, Sûtra des plus simples, qui se réduit à une Dhâranî et qui, plus que beaucoup d'autres, semblerait mériter exclusivement ce titre.

Cette Dhârani donc (car ce n'est pas autre chose) est tout à fait spéciale, et relative à une maladie, ou, tout au moins, à une classe de maladies bien déterminées, les maladies de l'œil. Le texte distingue, d'une façon assez curieuse, la Dhâranî qui est comprise dans le Sûtra et qui est enseignée par le Buddha, — et le rite ou la cérémonie, qui n'a plus le caractère officiel, qui est en dehors du Sûtra, et, bien que déclaré tout-puissant par ses [effets, n'a évidemment pas la même autorité, puisqu'il n'est pas donné comme ayant la même origine.

Voici ce texte :

SUTRA QUI GUÉRIT LES MAUX i/ïEU

En langue de l'Inde: Arya axi-roga-praçamani-sûtra. En langue de Bod : hphags-pa mig-nad rab-tu ji-var byed-pai-mdo. (En français) : Sublime Sûtra qui apaise complètement les maladies d'yeux.

Adoration à tous les Buddhas et Bodhisattvas : Voici le discours que j'ai

Ann. G. — B 59

entendu une fois. Bhagavat résidait à Râjagrha sur la montagne de Grdhrakùta.

Ensuite, le grand général en chef des Yaxas, Kâla1 vint auprès de Bhagavat, et, quand il y fut arrivé il parla ainsi à Bhagavat : Bhagavat, si dans cette grande ville de Râjagrha, il se produisait des maux d'yeux, comment réussirait-on à guérir les malades ? — Bhagavat répondit : Kâla, voici les termes du Mantra des maux d'yeux. Par exemple (tadyathd) :

Rudhire phure | dhir | axiphu | Rudhirap'gilephu | bhatephu: | badelephu : | hanade phu : mamsa dudhubhiphu padma axiphu padma-danda hiraniye phu : svâhâ

Quand Bhagavat eut prononcé ces paroles, le grand général des Yaxa>, Kâla fut rempli de joie et loua hautement les paroles de Bhagavat.

Le rite est celui-ci : on murmure sept fois (les termes du mantra) sur un fil blanc et on laisse passer sept nœuds. Après qu'on les a murmurés sept fois sur l'eau, si on frotte avec la main, la maladie de l'œil se calme.

Fin du sublime Sdtra qui apaise les maux d'yeux.

1 Je traduis ainsi le mot tibétain Nag-po, qui correspond aussi à d'autres mots sanskrits; je le considère comme un nom propre.

GATHA DVAYA DHARANI

Je termine ce recueil de Dhâranis, comme je l'ai commencé, par un texte qui figure à la fois dans le Mdo et dans le Rgyud. La Dharanî en deux stances s'applique à tout et n'est pas restreinte à un objet déterminé.

En voici le texte :

DUARANi EN DEUX STANCES

— Mdo XI, ¥ folio 10. - Rgyul XIII, «9, folio 856. —

En langue de l'Inde . Gâthâ dvaya-dhârani. En langue de Bod: Ts'igs-su bcad-pa gnis pai gzungs.

Adoration à Manjuçrî Kumâra-bhûta.

Ceux qui méprisent le Buddha et la loi, ' (ceux-là) se livrent à la paresse et se contentent de peu ; ils cèdent habituellement à la passion et à l'orgueil ; ils ont des remords et ne pratiquent pas la vérité.

Ils sont en proie aux ténèbres qui aveuglent les êtres. Le véhicule excellent est enseigné comme remède à ces ténèbres. En les coupant et les traversant au moyen de ce véhicule, on échappe parfaitement à tous les maux

Par exemple (ladyathâ) :

Om. vajraprakâra vajra cakra | dansthva bhayânake | amale I vimale | nirmale | culuke | culu culu | sarvabuddhe svâhâ

Celui qui se sert de cette dhâranî en deux vers, en rappliquant d'après les paroles ou le sens, est un être bon, doué d'intelligence, qui obtiendra dix espèces d'avantages.

Toutes les régions s'ouvrent largement devant lui. Au moment de la mort, il obtient une bonne et excellente joie. Il naît selon son désir.

Partout il se rappelle ses naissances passées.

Il rencontre des Buddhas.

D'où il suit qu'il entend de leur bouche le Véhicule excellent. Il obtient l'estime et est doué d'intelligence. Il obtient promptement les deux portes l et la Bodhi.

Fin de là Dhâranî en deux stances.

* Je ne tait ce que sont les deux portes. , *

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