ADORATION AUX TROIS JOYAUX
En langue de l'Inde : Mangala-gâthâ. — En langue de Bod: B kra- çists'igs-su bcad-pa. (En français) : stances de bénédiction.
Celui qui possède la perfection, qui est semblable à une montagne d'or, le protecteur des trois mondes, qui a rejeté les trois souillures, leBuddha dont le visage ressemble à une feuille de lotus épanoui, est pour les êtres une bénédiction qui leur apporte le calme, — la première.
Le Méru inébranlable de la Loi qu'il a enseignée,
(cette loi) qui retentit dans les trois mondes, que vénèrent les dieux et les hommes,
la bonne loi apporte le calme aux êtres ;
c'est, pour le monde, la bénédiction pure de la foi, — la deuxième.
La Confrérie qui possède la bonne loi et qui jouit de la bénédiction de l'entendre, cette confrérie, objet de respect pour les dieux et les êtres non humains, Méru des congrégations, connaissant la pudeur, base de félicité, elle est, pour le monde, la bénédiction de la vertu, — la troisième '.
Celui qui est doué de la Bôdhi pour l'avantage de tous les êtres, qui s'applique avec un zèle parfait à mener à bonne fin toutes les entreprises, est fort par la voie multiple (qu'il enseigne?)2; c'est là une bénédiction. Puisse-t-il, par cette bénédiction, apporter le calme à tous les êtres !
o Le Tathâgata, pour le bien des êtres, est venu ici du sein delà demeure incomparable des dieux du Tusita y, où il jouissait de la bénédiction d'être entouré des dieux. Puisse-t-il, par cette bénédiction, apporter le calme à tous les êtres !
1 Ces trois premières stances sont consacrées à la glorification des trois joyaux; les (rois autres le sont ou sont censées lélre à celle des douze ac'es.
2 II s'agit, je pense, de la voie à huit branches, la quatrième vérité.
3 Descenle du Tusita, le premier des douze acte?.
Dans ce jardin où les feuilles et les fleurs s'épanouissent et se développent dans tout
leur éclat, le protecteur, dont l'éclosion profite à un grand nombre de dieux, est arrivé à sa dernière existence '; c'est là une de ses bénédictions. Puisse- t-il, par cette bénédiction, apporter le calme à tous les êtres!
Celui qui est tombé (du ciel) dans le palais du roi, dans la ville de Kapilavastu. le docteur accompli, le Sugata, le fils de Çuddbodana, a eu le bonheur d'être arrosé aussitôt après sa naissance de l'eau de Y Amrita*. Puisse-t-il, par cette bénédiction, apporter le calme à tous les êtres !
Celui qui, dans l'excellente ville appelée la demeure de Kapila, a été ouvertement loué àhaute voix par les dieux, a, par la méditation, en pratiquant la vertu, obtenu la bénédiction d'un amas de
mérites religieux3.
Puisse-t-il, par cette bénédiction, apporter le calme à tous les êtres !
Celui qui, sorti depuis longtemps de la ville excellente s'est rendu dans le bois des mortifications4 et a eu la bénédiction d'être entouré de Brahmâ et de sa suite de dieux et d'hommes, puisse-t-il, par cette bénédiction, apporter le calme à tous les êtres!
Celui qui, ayant un corps semblable à l'or dans tout son éclat, s'est assis sur un tapis d'herbes couleur bleu-vert de lapis-lazuli, a joui de la bénédiction excellente d'y rester immobile lesjambes croisées, puisse-t-il, par cette bénédiction, apporter le calme à tous les êtres !
Celui qui, sur le bord de l'eau, entouré d'une guirlande d'herbe [ku] ça a fait apparaître des manifestations de prodiges extraordinaires, et a eu la bénédiction d'être vénéré par le roi des Nâgas, puisse-t-il, par cette bénédiction, apporter le calme à tous les êtres!
i La naissance, troisième acte; — le deuxième, l'entrée dans le sein d'une mère n'est pas éuon?é explicitement.
* L'aspersion par PAmrta pourrait "être considérée comme le troisième acte, la naissance étant le le second, ou comme un appendice du troisième acte.
8 L'excellence dans les arts et le mariage sont les quatrième et cinquième actes ; il est difficile d'en trouver l'énoncé dans cette stance; et pourtant cet énoncé ne peut être ailleurs. Get'e sfance contient surtout une allusion à la pratique du Dhyàna.
■* Sortie de la maison, et mortifications (6e et 7* actes).
Celui qui,| venu près d'un arbre, a, par la force de l'amour, converti beaucoup de dieux, et, sur la terre et dans le ciel, obtenu des bénédictions heureuses de bien des sortes, puisse-t-il, par cette bénédiction, apporter le calme à tous les êtres!
Celui qui, après avoir détruit toutes les douleurs, s'est assis sur le siège de diamant1, puis, à la fin de la nuit, à l'aurore, a vaincu les quatre (armées de) démons2, le maître, le Sugata a eu cette bénédiction ; puisse-t-il, par cette bénédiction, apporter le calme à tous les êtres!
Le meilleur des ascètes est entré à Vàrânasî, ou il a fait voir excellemment la roue de la loi 3; cette bénédiction a été une source de prodiges jusque dans le pays des dieux. Puisse-t-il, par cette bénédiction, apporter le calme à tous les êtres!
La bénédiction qui apporte le bien physique et moral, qui procure les mérites religieux a été exaltée par l'être sublime; le bienheureux Muni, le lion des Çâkyas Ta proclamée. Puisse-t-il, par cette bénédiction, apporter le calme à tous les êtres !
Celui qui a abaissé l'orgueil de tous les Tirthikas, et qui, pour produire le bien de la délivrance, a fait voir d'excellents prodiges, le Jina donne de bons conseils; c'est là une bénédiction. Puisse-t-il, par cette bénédiction, apporter le calme à tous les êtres!
Quand, pour le bien des créatures, il est allé dans le Svarga, au milieu des noages, Brahmft et tous les autres dieux, munis de chasse-mouches et de parasols, se sont mis à lui faire cortège ; c'est là une bénédiction. Puisse-t-il, par cette bénédiction, apporter le calme à tous les êtres !
1 L'acquisition de la Bodhi est le neuvième acle; elle n'est indiquée d'une manière un peu précise que par ce vers; mais les stances 10, 11, 12 font toutes allusion aux circonstances préparatives de ce grand acte.
1 La victoire sur Màra est le huitième acte ; il aurait dû être cité plus tôt ; car il a précédé l'acquisition de la Bodhi.
3 La rotation de la roue de la loi est le dixième acte. Les «tances suivantes rappellent différents traits, — la supériorité de renseignement du Buddha, ses triomphes sur ses adversaires, sa prédication au* dieux, les honneurs qui lui ont été rendus, — qu'on peut considérer comme autant d'épisodes du dixième acte. Le onzième (le Nirvana) et le douzième (les funérailles et les honneur* rendus à «es reliques) ne sont pas cités, et ne font pas môme l'objet d'une allusion appareute.
ànn. Ci -* B tlu
Le Tathàgata arrivé au calme parfait,
comblé de dons de fleurs do Manda ra,
a été hautement loué par tous les dieux; c'est là une binédiction.
Puisse-t-il, par cette bénédiction, apporter le calme à tous le3 ôtre3 !
Le roi des dieux, le roi des Nâgas et des hommes l'ont adoré ;
Les rois des Garudas, des Yaxas, des Gandharvas lui ont fait des offrandes
Le Tathàgata aux dix forces a eu cette bénédiction !
Puisse-t-il, par cette bénédiction, apporter le calme à tous les êtres!
Fin des stances de bénédiction (relatives aux) trois joyaux et (aux) douze actes.