PETITE DIVISION DES ACTES
— Majjhitna-Nikûya III, it, j —
Voici ce que j'ai entendu : une fois Bhagavat résidait àÇravastî à Jetavana dans le jardin d'Anâthapindika.
Or, le jeune Çubha, fils de Todeyya, se rendit au lieu où était Bhagavat. Quand il y fut arrivé, Bhagavat et lui se félicitèrent mutuellement. Après qu'ils eurent ainsi échangé des compliments et clos félicitations, le jeune Çubha s'assit à une (petite) distance de Bhagavat. Assis à une (petite) distance de Bhagavat, le jeune Çubha, fils de Todeyya, parla ainsi à Bhagavat :
Quelle est, ô Gotama, la cause (principale), quelle est la cause (secondaire) par suite de laquelle la condition des hommes, même de centaines d'êtres humains, apparaît soit inférieure, soit relevée ? — Car (I) on voit, ô Gotama (certains) hommes avoir une vie courte, on en voit (d'autres) avoir une vie longue ; (II) on en voit qui ont peu de maladies, on en voit (d'autres) qui ont beaucoup de maladies ; — (III) on en voit qui sont de mauvaise mine, on en voit (d'autres) qui sont de bonne mine ; — (IV) on en voit qui ont peu de puissance, on en voit (d'autres) qui ont beaucoup de puissance ; (V) on en voit qui ont peu de jouissances, on en voit (d'autres) qui ont beaucoup de jouissances; — (VI) on en voit qui sont de basse famille, on en voit (d'autres) de haute famille ; — (Vil) on en voit qui manquent de connaissance, on en voit (d'autres) qui ont de la connaissance. — Quelle est donc, ô Gotama, la cause principale, quelle est la cause secondaire par suite de laquelle les hommes, même des centaines d'êtres humains apparaissent avec des conditons soit inférieures, soit relevées?
Jeune homme, les êtres ont la propriété de leurs actes (karma), ils sont
héritiers de leurs actes, les actes sont leur matrice, les actes sont leurs parents, les actes sont leur refuge1. L'acte (le Karma) répartit8 les êtres; c'est là ce qui produit leur abaissement ou leur élévation.
— Cette parole abrégée de Son Excellence Bhagavat, je n'en comprends paa le sens dans toute son étendue, (je ne comprends pas) dans toute son étendue le sens de cette (parole) trop concise. Eh bien ! que Son Excellence Gotama veuille bien m'enseigner la loi de telle sorte que je puisse comprendre dans toute son étendue le sens de cette parole de son Excellence Gotama, (comprendre) dans toute son étendue le sens de cette (parole) trop concise.
— He bien ! jeune homme, écoute et retiens bien, je vais parler.
— Oh ! oui, certes, répondit le jeune homme fils de Todeyya à Bhagavat. Bhagavat parla ainsi :
U — Vie courte
Ici, jeune homme, un individu (ekacco), soit homme, soit femme, est adonné aux attentats contre la vie, il est violent : il a les mains rouges (de sang), il est accoutumé à frapper et à meurtrir, il n'est accessible à la pitié pour aucun des êtres animés : celui-là, à cause de ces actes, ainsi perpétrés, ainsi conçus (ou reçus)3, quand son corps se brise, après la mort, tombe dans l'infortune, la mauvaise voie, la déchéance (pour naître) dans le Niraya ; mais si, à la dissolution du corps, après la mort, il ne tombe pas dans l'infortune, la voie mauvaise, la déchéance, le Niraya, s'il retourne dans l'humanité, alors, à chaque renaissance successive, il a une vie courte.
Tel est, jeune homiie, le chemin qui aboutit à (la destinée) d'une vie courte ; c'est le (chemin) de celui qui attente à la vie, qui est violent, a les mains rouges, est habitué à frapper et à meurtrir, n'a de pitié pour aucun # des êtres vivants.