XIII. — Ignorance
Ici, jeune homme, un individu, soit femme, soit homme, quand il rencontre ou un Çramana ou un Brahmane, ne lui pose pas de questions (telles que celles-ci): Qu'est-ce, ô vénérable, que la vertu? Qu'est-ce que le vice? Qu'est-ce qui est blâmable ? Qu'est-ce qui n'est pas blâmable? A quoi faut- il s'adonner ? A quoi faut-il ne pas s'adonner ? Quel genre d'activité (contribuera) pour longtemps à mon mal et à ma douleur ? Quel genre d'activité, au contraire, contribuera pour longtemps à mon bien et à mon bien-être? Celui-là, par ces actes ainsi accomplis, ainsi conçus (ou reçus), quand son corps se dissout, après la mort (s'en va) dans la ruine, dans la mauvaise voie, dans la déchéance, dans le Niraya, pour y renaître ; mais si, à la dissolution du corps, après la mort, il ne va pas dans la ruine, dans la mauvaise voie, dans la déchéance, dans le Niraya, pour y renaître, s'il vient dans l'humanité, à chaque renaissance successive, il est malheureux en connaissance.
Tel est, jeune homme, le chemin qui aboutit au défaut de connaissance ; c'est le chemin de celui qui ne va pas trouver soit un Çramana soit un Brah mane pour lui poser ces questions : Qu'est- ce que la vertu, vénérable ? Qu'est-ce que le vice ? Qu'est-ce qui est blâmable ? Qu'est-ce qui n'est pas blâmable? A quoi faut-il s'adonner? A quoi faut-il ne pas s'adonner? Quel genre d'activité contribuera pour longtemps à mon mal et à ma douleur ? Quel genre d'activité, au contraire, contribuera pour longtemps à mon bien et à mon bien-être ?