‹ Fragments, extraits du KandjourChapitre 223 sur 295 · XIV. — Science · texte numérisé non relu

XIV. — Science

Ici, au contraire, jeune homme, un individu, soit femme, soit homme, va trouver un Çramana ou Brahmane, et le questionne (ainsi) : Qu'est-ce que la vertu, ô vénérable? Qu'est-ce que le vice? Qu'est-ce qui est blâmable? Qu'est-ce qui n'est pas blâmable? A quoi faut- il s'adonner ? A quoi faut-il ne pas s'adonner ? Quel genre d'activité contribuera pour longtemps à mon mal

et à ma douleur? Quel genre d'activité contribuerapour longtemps à mon bien et à mon bien être? Celui-là par, ces actes ainsi accomplis, ainsi conçus (ou reçus), quand son corps se brise, après la mort, va dans la bonne voie, dans le monde duSvarga pour y renaître ; s'il va dans l'humanité, à chaque renaissance successive, il a beaucoup de connaissance.

Tel est, jeune homme, le chemin qui aboutit à l'étendue de la connaissance : c'est le chemin de. celui qui va trouver soit un Çramana, soit un Brahmane, pour lui poser ces questions: Qu'est-ce que la vertu, ô vénérable? Qu'est-ce que le vice? Qu'est-ce qui est blâmable ? Qu'est ce qui n'est pas blâmable ? A quoi faut- il s'adonner? A quoi faut-il ne pas s'adonner ? Quel genre d'activité contribuera pour longtemps à mon mal et à ma douleur? Quel genre d'activité, au contraire, contribuera pour longtemps à mon bien et à mon bien-être ?

Ainsi, jeune homme, le chemin qui tend à une vie courte mène à là brièveté de la vie ; (tandis que) le chemin qui tend à une vie longue mène à la longueur de la vie.

Le chemin qui tend à beaucoup de maladies mène à la fréquence des maladies ; (tandis que) le chemin qui tend à peu de maladies mène à la rareté des maladies.

Le chemin qui tend à la mauvaise mine mène à l'infériorité de la mine ; (tandis que) le chemin qui tend aux charmes de la personne mène à un extérieur séduisant.

Le chemin qui tend à peu de puissance mène à l'exiguïté de puissance ; (tandis que) le chemin qui tend à une grande puissance mène à l'étendue de puissance.

Le chemin qui tend à peu de jouissances mène à l'exiguïté des jouissances; (tandis que) le chemin qui tend à beaucoup de jouissances mène à l'abondance de jouissances.

Le chemin qui tend à la bassesse de la famille mène à l'infériorité d'extraction ; (tandis que) le chemin qui tend à (faire obtenir) une famille élevée mène à l'élévation de naissance.

Le chemin qui tend à avoir peu de connaissance conduit à l'exiguïté de la connaissance; (tandis que) le chemin qui tend à avoir beaucoup de connais^sance mène à l'étendue de la connaissance.

Les êtres, jeune homme, ont la responsabilité de leurs actes, ils en sont héritiers, les actes sont leurs parents, les actes sont leur refuge ; c'est l'acte qui répartit les êtres, soit dans les positions élevées, soit dans les positions humbles.

A ces mots, le jeune Çubha, fils de Todeyya, adressa ces paroles à Bhagavat : Parfait, Gotama ! parfait, Gotama ! C'est comme si on redressait ce qui est tordu, ou qu'on découvrît ce qui est voilé, ou qu'on montrât le chemin à un homme égaré, ou qu'on portât un flambeau dans les ténèbres, de manière que ceux qui ont des yeux vissent les formes. C'est ainsi que Gotama m'a enseigné la loi par un raisonnement multiple. Moi donc, à présent, je vais en refuge près du bienheureux Gotama, près de la Loi, près de la confrérie des Bhixus. Que le respectable Gotama me reçoive à partir d'aujourd'hui, jusqu'au terme de ma vie, moi qui suis allé dans le refuge1.

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