‹ Fragments, extraits du KandjourChapitre 225 sur 295 · GRANDE DIVISION DBS ACTES · texte numérisé non relu

GRANDE DIVISION DBS ACTES

i. —Préambule

Voici ce que j'ai entendu dire. Une fois Bhagavat résidait à Râjagrha dans la forêt de Bambous, dans l'enclos de l'Ecureuil .

Or, en ce temps-là, l'Âyusmat Samiddhi * résidait dans une hutte, à la forêt.

Or, à ce moment, un parivrajaka, le fils de Potali, se promenant et circulant dans la direction du Jangha-vihâra', arriva au lieu où était l'Ayusmat Samiddhi. Arrivé là, il échangea des félicitations avec l'Ayusmat Samiddhi. Après cet échange de félicitations et de compliments, il s'assit non loin de lui. Assis non loin de lui, le parivrajaka fils de Potali parla ainsi à l'Ayusmat Samiddhi.

— Cher Samiddhi, voici ce que j'ai entendu de la bouche du Çramana Gotama, voici ce que j*ai recueilli de (sa) bouche : les actes du corps sont vains, vains les actes de la paroles; les actes de l'esprit sont seuls réels. C'est l'acquisition (de cette vérité) qui fait que lorsqu'on en a pris possession, on n'éprouve plus quoi que ce soit.

— Ne parle pas ainsi, fils de Potala, mon cher ! Fils de Potala, mon cher, ne parle pas ainsi ! Ne calomnie pas Bhagavat ! Il n'est pas bien de calomnier Bhagavat. Car Bhagavat n'aurait jamais parlé ainsi : les actes du corps sont vains, vains aussi les actes de la parole ; les actes de l'esprit sont seuls réels ; c'est l'acquisition de (cette vérité) qui fait que, lorsqu'on Ta acquise, on n'éprouve plus aucune sensation.

— Y a t— il longtemps que tu es initié, cher Samiddhi ?

— Pas bien longtemps, mon cher ; trois ans.

— Et maintenant, que dirons-nous, nous vieux Bhixus, si un Bhixu nouveau s'imagine que c'est à lui de défendre le maître? — Cher Samiddhi, celui qui fait sciemment un acte par le corps, la parole ou l'esprit, qu'éprouve-t- il ?

1 La forme sanskrite est Samrddhi. Je conserve, contre mon habitude, la forma pâlie, parce qu'elle est plus simple.

— Fils de Potala, mon cher, celui qui a fait sciemment un acte par le corps, la parole, ou l'esprit, éprouve de la douleur.

Alors le parivrajaka, fils de Potali, n'approuva ni ne désapprouva la parole de l'Âyusmat Samiddhi ; et, sans l'avoir approuvée ni désapprouvée, il se leva de son siège et partit.

Ensuite, peu après le départ du parivrajaka fils de Potali, l'Âyusmat Samiddhi se rendit au lieu où était l' Ayusmat Ânanda. Quand il y fut arrivé, il échangea des félicitations avec Y Ayusmat Ananda ; après cet échange de félicitations et de compliments, il s'assit à une petite distance de lui. Assis à une petite distance, l' Ayusmat Samiddhi fit connaître à l' Ayusmat Ananda tout l'entretien qu'il avait eu avec le parivrajaka fils de Potali.

Alors rÂyusmat Ananda dit à l'Âyusmat Samiddhi : Cher Samiddhi, ce discours que tu m'apportes (ou ce sujet de conversation) est l'occasion d'une visite à Bhagavat. Partons, cher Samiddhi, rendons-nous au lieu où est Bhagavat. Quand nous y serons arrivés, nous soumettrons le cas à Bhagavat, et l'explication que Bhagavat nous donnera, nous la garderons soigneusement.

Oui, mon cher, dit rÂyusmat Samiddhi accueillant la proposition de rAyusmat Ânanda.

Alors l'Âyusmat Ananda et rÂyusmat Samiddhi se rendirent au lieu où était Bhagavat. Quand ils furent arrivés, ils saluèrent Bhagavat, puis s'assirent non loin de lui. Assis non loin de lui, l'Âyusmat Ananda rapporta tout au long à Bhagavat l'entretien de l'Âyusmat Samiddhi avec le parivrajaka fils de Potali.

Là -dessus, Bhagavat dit à l'Âyusmat Ananda: Ananda, je ne sache pas avoir jamais vu le parivrajaka fils de Potali : d'où (pourrait donc venir) un semblable entretien ? Quant à Samiddhi, qui n'est qu'un écervelé, Ananda, au lieu de faire à la question de Parivrajaka fils de Potali une réponse complète et satisfaisante, il ne l'a résolue que dans un seul sens.

A ces mots, l'Âyusmat Udâyî4 dit à Bhagavat: Et quoi? vénérable!

* « Là 1 udàyî » (dit le commentaire). Laludayi doit signifier « Udàyî le baveux ». Il y a aussi Kàlud^yi « Udàyî le noir » dont l'histoire nous est mieux connue que celle de l'autre (Voir p. 38 et suiv.); car nous sommes forcé de supposer l'existence de deux Udàyî au moins.

PAyusmat Samiddhi n'a-t-il pas dit à propos : Quoi qu'on éprouve, c'est dans la douleur * (qu'on l'éprouve) ?

Alors Bhagavat interpella l'Ayusmat Ananda : Ne vois-tu pas, Ananda, l'égarement de cet écervelé d'Udayî ? pour moi, Ananda, je l'ai compris surle-champ : Udayî, cet écervelé, s'égare, il va s'égarer loin de la vérité. Pour commencer, Ananda, le parivrâjaka fils de Potali a fait une question sur les trois sensations. A cette question du parivrâjaka fils de Potali, Ananda, Samiddhi, cet écervelé, aurait dû répondre par renonciation suivante : « Fils de Potali, mon cher, celui qui fait par le corps, la parole ou la pensée, un acte réfléchi et conscient qui entraîne une sensation (accompagnée) de bien-être, ressent le bien-être; fils de Potali, mon cher, celui qui fait par le corps, la parole ou lapenséa un acte conscient et qui entraîne une sensation (accompagnée) de douleur, ressent de la douleur; — Fils de Potali, mon cher, celui qui fait, par le corps, la parole, ou la pensée, un acte réfléchi et conscient qui entraîne une sensation (qui ne soit accompagnée) ni de douleur, ni de bienêtre, éprouve une sensation (qui n'est accompagnée) ni de douleur ni de bien-être. En donnant une semblable explication, Ananda, Samiddhi, cet écervelé, aurait donné au parivrâjaka fils de Potali une explication complète et satisfaisante.

Oui, Ananda, il y a certains parivrâjakas qui sont d'ignorants tirthikas, fous, bornés; quelques-uns (au contraire), connaîtront la grande division des actes du Tathâgata. Si vous, Ananda, vous entendiez le Tathâgata expliquer le partage (dans lequel consiste) la grande division des actes...

— C'est le moment de le (faire), Bhagavat ; (c'est le moment de le (faire), Sugata. L'explication du partage de la grande division des actes que Bhagavat donnera, les Bhixus, après l'avoir entendue (de la bouche) de Bhagavat, la garderont soigneusement.

— Eh bien ! Ananda, écoute, et retiens bien dans ton esprit, je vais parler: — Oui, vénérable, répondit l'Ayusmat Ananda, et il prêta l'oreille aux (paroles) de Bhagavat.

Bhagavat parla ainsi :

* C'est-à-dire : tou' aboutit à la douleur.

Anx. 0. — B C4

SUTRA PROPREMENT DIT*

Page 1